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    Moyen-Orient

    Une nouvelle coalition de l’opposition syrienne en quête de reconnaissance

    media L'ancien imam cheikh Ahmad Moaz al-Khatib a été élu pour diriger la nouvelle coalition nationale syrienne. REUTERS/Mohammed Dabbous

    Vingt mois après le début du soulèvement, l’opposition syrienne a réussi à trouver un accord pour constituer une coalition unifiée, qui représenterait selon ses membres une alternative crédible au régime de Bachar el-Assad. L'unification de l'opposition, c'est ce que réclamaient les pays occidentaux qui, jusqu'à présent, restaient réservés sur l'aide à lui apporter. Après quatre jours d'intenses et laborieuses tractations à Doha, les différents groupes d'opposition ont finalement signé le texte, sous l'égide du Qatar et de la Ligue arabe.

    L'objectif de la « Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution » est d'apparaître comme le seul interlocuteur et représentant du peuple syrien, de mettre en place un gouvernement de transition en Syrie et d'unifier tous les conseils militaires. Ceci, selon les membres de la nouvelle coalition, nécessite une aide financière, politique et militaire. La coalition sera aussi chargée de traiter avec la communauté internationale, d'obtenir et de canaliser ces aides.

    Cette unification de l'opposition était une condition préalable réclamée par les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni.

    Le Conseil national syrien (CNS), qui revendiquait la place de seule opposition légitime, a dû lâcher du lest et accepter cette nouvelle plateforme. Il était critiqué de toutes parts et accusé d'être dominé par les Frères musulmans.

    La coalition est composée d'une soixantaine de membres, dont une partie est issue du CNS. Elle a donc maintenant pour but d'être reconnue au niveau international pour pouvoir mettre en place un gouvernement provisoire. Pour cela, elle réclame de l'argent et des armes.

    Les nouveaux dirigeants de la coalition de l’opposition

    La nouvelle coalition est présidée par Ahmad Moaz al-Khatib, 52 ans, ancien imam de la fameuse mosquée des Omeyyades à Damas. Emprisonné deux fois depuis le début du soulèvement, il a fui la Syrie pour se réfugier en Egypte. Partisan d'un dialogue entre les religions, il est aussi soutenu par les laïcs de la révolution pour son combat contre le sectarisme et pour le droit des femmes.

    Lors de son premier discours à Doha, il a émis le souhait que d'autres Syriens rejoignent la coalition, et a insisté sur les besoins urgents : « L'aide humanitaire, faire cesser le bain de sang, et travailler pour se débarrasser du régime actuel afin de construire une société libre et juste en Syrie. » Il a appelé les soldats de l'armée régulière à faire défection et à rejoindre la coalition.

    Ahmad Moaz al-Khatib compte sur deux vice-présidents : l'opposant Riad Seif, qui a été l'initiateur de cette plateforme élargie, avec le soutien explicite des Etats-Unis. Et la militante Souhayr Al Atassi, qui a joué un rôle de coordination de la révolution.

    Ces trois dirigeants de la coalition font partie de ce qu'on appelle les « opposants de l'intérieur », même s'ils sont depuis quelques semaines ou quelques mois en exil, et donc considérés comme plus « légitimes » que les opposants exilés depuis plus de vingt ans, qui constituaient la plupart des responsables du Conseil national syrien.

    Et puis l’homme d’affaires Mustapha Sabbagh a été élu secrétaire général de la coalition : c’est donc à lui que devrait incomber le rôle de canaliser les aides financières.

    Le CNS très représenté dans cette nouvelle coalition

    Le CNS compte néanmoins une large représentation au sein de la coalition, même si ce n'est pas l'un de ses membres qui a été choisi pour la diriger. Le CNS était accusé d'être dominé par les Frères musulmans, et de ne pas être suffisamment proche des Syriens de l'intérieur.

    La semaine dernière, le CNS a également élu son nouveau président, Georges Sabra, membre du Parti communiste syrien et emprisonné plusieurs fois sous Hafez el-Assad, puis sous Bachar el-Assad. Il a quitté la Syrie début 2012. Le fait de désigner un chrétien à la tête du CNS est sans doute un message aux chrétiens de Syrie, afin qu'ils rejoignent l'opposition sans crainte.

    En revanche, tous les mouvements ne sont pas encore représentés au sein de la nouvelle coalition : le Front démocratique de Michel Kilo, opposant historique au régime, reproche à la coalition d'être encore trop dominée par le CNS, le Conseil national syrien. Autre absente : la Coalition pour le changement démocratique de Haytham Manna qui reste, lui, plus favorable à un dialogue.

    Une « étape majeure », selon Laurent Fabius

    Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni se sont félicités de la mise en place de cette coalition de l'opposition. Cet accord constitue « une étape majeure dans le processus indispensable d'unification de l'opposition syrienne », a déclaré Laurent Fabius dans un communiqué.

    Mais pour le président du Conseil national syrien, Georges Sabra, « il faut d’abord arrêter le bain de sang et aider le peuple syrien à chasser ce régime sanguinaire en nous armant ». « Nous voulons des armes », a-t-il répété à l’assistance.

    Or, pour le moment, il en est hors de question. En revanche, l'aide financière pourrait s'accroître, ce qui leur permettrait d'acheter des armes. La nouvelle plateforme devra ensuite faire ses preuves, et montrer qu'elle peut unifier les groupuscules qui se réclament de l'Armée syrienne libre, et se défaire des groupes jihadistes.

    La Russie favorable à une solution négociée, le régime syrien incrédule

    Le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch, a déclaré que « le plus important était un règlement pacifique du conflit, sans intervention étrangère, par la voie du dialogue et des négociations ». Selon le diplomate, Moscou devrait poursuivre ses contacts avec l’opposition syrienne, comme cela était stipulé dans l’accord de Genève du 30 juin dernier. Or, le troisième article du texte de l'accord de la coalition de l’opposition syrienne voté ce lundi stipule qu'il n'y aura « ni dialogue ni négociation avec le régime ».

    De son côté, l’agence officielle Sana publie sur son site que les Syriens de la nouvelle coalition de l’opposition continuent de rêver, et qu’« ils font pousser du blé en pleine mer et vont pêcher des poissons sur les cimes des montagnes », une image pour bien leur signifier que leur projet est voué à l’échec.

    En quête d’une reconnaissance internationale

    Néanmoins, la coalition de l’opposition veut montrer une image d’unité et recherche à présent une reconnaissance par les Etats, et par l’ONU. Juste après son élection, Ahmad Moaz al-Khatib s'est rendu au Caire, accompagné de l'émir du Qatar, une première étape pour une reconnaissance de la coalition par les Etats de la Ligue arabe. La prochaine étape pour une reconnaissance internationale pourrait se dérouler à Marrakech mi-décembre, lors de la réunion du Groupe des amis de la Syrie.

    Les bémols de la Ligue arabe

    Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

    Pour surmonter l’opposition de l’Algérie et de l’Irak et obtenir leur abstention, la Ligue arabe a mis des bémols à sa reconnaissance. En effet, la Ligue reconnaît la Coalition nationale syrienne comme représentant légitime du peuple syrien et principal interlocuteur. Une étape en dessous de « seul représentant » qui avait été accordé, en d’autres temps, à l’Organisation de libération palestinienne, l'OLP. Résultat, la Coalition obtient le statut d’observateur au sein de la Ligue arabe et non le siège de la Syrie. Un statut qui lui permet quand même d’obtenir le soutien politique et matériel de la Ligue arabe.

    Même si peu détails ont filtré concernant cette aide matérielle, de nombreux analystes estiment qu’il ouvre la voie à un soutien militaire, et notamment à la fourniture d’armement sophistiqué comme des missiles anti-aériens. La Ligue a enfin invité les organisations régionales et internationales ainsi que la communauté internationale à reconnaîitre la Coalition. La Ligue veut, en effet, obtenir la bénédiction de l’ONU.

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