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    Moyen-Orient

    Pierre Razoux sur RFI: «Si une opération terrestre a lieu dans la bande de Gaza, elle sera très limitée dans le temps»

    media Un soldat israélien prépare une mitrailleuse près de la bande de Gaza, le 15 novembre 2012. REUTERS/Ronen Zvulun

    Depuis six jours, l’armée israélienne bombarde la bande de Gaza, en réaction à des tirs de roquettes, du territoire palestinien vers Israël. Plus de 90 personnes ont été tuées à Gaza, dont de nombreux civils. Explications de Pierre Razoux, directeur de recherche à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire.

    Quels sont les objectifs de l’opération lancée mercredi 14 novembre par Israël ?

    Je crois qu’ils sont triples. Le premier, c’est de rappeler au Hamas que les lignes rouges qui avaient été définies en 2009, après l’opération « Plomb durci », ne doivent pas être transgressées, même si la direction politique et militaire du Hamas se sent aujourd’hui très forte, grâce notamment au soutien affiché du nouveau gouvernement égyptien issu des Frères musulmans, mais aussi au soutien de l’émir du Qatar et du Premier ministre Erdogan de Turquie.

    Le deuxième objectif, c’est obtenir du Hamas qu’il s’engage à respecter une trêve de long terme avec Israël qui soit le prélude à une inéluctable négociation politique, car il semble bien - et on le voit bien - que les Israéliens sont aujourd’hui convaincus qu’ils ne pourront pas s’affranchir d’une négociation sur le dossier palestinien avec le Hamas. Mais évidemment, ils souhaitent négocier en position de force.

    Le troisième objectif, c’est diminuer le plus possible le stock de roquettes et de missiles sol-sol en possession du Hamas, tout particulièrement les missiles d’une portée d’au moins 80 kilomètres, qui permettent d’atteindre Tel-Aviv et Jérusalem. Mais aussi des objectifs qui n’ont pas, pour l’instant, été visés, tel que l’aéroport Ben Gourion, telle que la base spatiale de Palmachim, ou bien encore les bases aériennes stratégiques du Sinaï.

    Quatre ans après le début de l’opération « Plomb durci » contre Gaza, qui avait fait un millier de morts, est-ce qu’Israël a les moyens de mener une opération, comme elle l’avait fait il y a quatre ans, une opération terrestre ?

    Oui, en théorie. Alors, Israël vient de mobiliser ce week-end un peu plus de 100 000 réservistes, vient de masser des troupes terrestres et blindées autour de la bande de Gaza. Donc, il a les moyens de lancer cette opération terrestre. Si elle devait être lancée, elle se déroulerait probablement différemment de celle de 2009. Elle serait sûrement beaucoup plus pro-active. Elle viserait à tronçonner la bande de Gaza en plusieurs segments, pour isoler, pour fragmenter, les forces du Hamas. Mais la question principale c’est de savoir : est-ce que le gouvernement israélien est décidé, ou serait prêt, à réellement lancer cette opération terrestre ?

    Justement, que cherche le gouvernement de Benyamin Netanyahu ? On sait qu’il y a des élections au mois de janvier prochain, des législatives. Est-ce qu’il y a une tactique politique ?

    Bien sûr, c’est tentant de répondre « oui ». Ceci dit, quand on connaît la scène politique israélienne, et Benyamin Netanyahu en particulier, qui n’aime pas prendre de risques, et qui n’aime pas prendre de risques politiques, ce n’est pas certain. Pourquoi ? Parce que finalement, les risques d’une intervention militaire au sol me semblent supérieurs, en termes d’appui dans l’opinion publique israélienne. Donc, les risques me semblent supérieurs à celui des gains. C'est-à-dire que, quand vous intervenez militairement au sol, vous prenez le risque de subir des pertes importantes, de devenir très vite impopulaire. Et donc tout ça pourrait affaiblir le crédit politique de Benyamin Netanyahu. Bien sûr, ça lui permet de s’affirmer, d’affirmer son autorité. Donc, quelque part, d’aller en position de force aux élections, mais en même temps, de prendre des risques considérables, qui pourraient éventuellement se retourner contre lui.

    Je crois que les Israéliens ont toujours en mémoire le précédent de « Plomb durci » en 2009, mais surtout le précédent de toutes leurs interventions militaires à Gaza qui, en règle générale, s’est toujours soldé par des échecs, ou en tout cas s’est soldé par un coût très élevé, aussi bien sur le plan militaire que politique.

    Je ne suis pas certain que le gouvernement israélien soit très allant sur cette question d’opération terrestre. D’autant plus que ce qu’il cherche beaucoup plus c’est, en fait, s’il devait intervenir, ce serait pour remettre les clés politiques, les clés de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne légitime, et ça, c’est très difficile parce qu’on voit bien que l’Autorité palestinienne est actuellement très affaiblie. Donc, la question que doit se poser sûrement le gouvernement israélien c’est : si nous intervenons au sol, c’est pour remettre les clés de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne. Mais la question c’est : à quelle Autorité palestinienne ?

    Une occupation de Gaza, par exemple, vous paraît exclue ?

    Sur le long terme, oui. Je me trompe peut-être, mais ma compréhension, ma vision de la situation sur place, c’est que si l’armée israélienne devait intervenir au sol, ce serait pour une opération très limitée, quelques semaines tout au plus, qui devrait, de leur point de vue, se terminer avant les élections législatives du 22 janvier.

    S’il n’y avait pas d’opération terrestre, qu’est-ce qu’il pourrait y avoir comme suites ? Est-ce que les bombardements vont continuer ? Pendant combien de temps ?

    Je ne peux pas vous dire. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a quand même un certain nombre de contraintes techniques. L’arsenal du Hamas, quand même, s’amincit. D’abord parce que les troupes du Hamas tirent un nombre important de missiles, mais aussi parce que les Israéliens et l’aviation israélienne bombardent les stocks de ces missiles. Mais en même temps, parce que du côté israéliens, le nombre de fusées tirées dans le cadre de ce que l’on appelle « Iron dome », le dôme d’acier, ce système anti-missiles, les munitions ne sont pas inépuisables, et un jour les Israéliens arriveront forcément à bout de munitions, c'est-à-dire de munitions de missiles anti-missiles. Ce jour-là, à mon avis, ils seront forcés de négocier, ne serait-ce que pour ne pas exposer de manière permanente leur propre population aux tirs de roquettes.

    Alors, quelle que soit l’option qui sera choisie, on voit que ça fait déjà plusieurs jours que la communauté internationale essaie d’appeler au calme et d’apaiser les tensions. Pensez-vous que ce qui se passe en ce moment et les suites éventuelles peuvent nuire à Benyamin Netanyahu ?

    Comme je le disais, je crois que c’est un grand risque politique. Il sait qu’en affichant une grande fermeté, évidemment, il peut gagner en image populaire. Il sait aussi qu’il prend de grands risques. Donc là, après, je ne suis pas à la place du gouvernement israélien, donc je ne sais pas. Je suppose qu’ils doivent calculer leurs risques. Ce qui est sûr, c’est que si la réponse était évidente, ils seraient probablement déjà intervenus, et s’ils ne sont pas encore intervenus, c’est que la réponse est compliquée et en tout cas très difficile à déterminer.

    Pierre Razoux est l'auteur de Tsahal : Nouvelle histoire de l’armée israélienne, paru aux Editions Perrin en 2008.

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