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    Syrie: «Il faut aider militairement l'opposition»

    media Des combattants de l'ASL. AFP PHOTO / JAMES LAWLER DUGGAN

    Wladimir Glasman est un ancien diplomate en poste dans plusieurs pays arabes, dont la Syrie, entre 2001 et 2008. Il est aussi l’auteur du blog Un œil sur la Syrie. Il s’exprime sur la reconnaissance à Marrakech, ce mercredi 12 décembre, de la Coalition nationale syrienne par le groupe des Amis de la Syrie comme représentante légitime du peuple syrien.

    RFI: Le groupe des Amis du peuple syrien, qui rassemble plus d’une centaine de pays occidentaux et arabes, a reconnu mercredi 12 décembre à Marrakech la Coalition nationale syrienne comme représentant légitime du peuple syrien. Est-ce une avancée importante pour l’opposition ?

    Wladimir Glasman: C’est une avancée intéressante pour l’opposition parce que ça la pose comme un interlocuteur officiel, légitime, vis-à-vis des pays qui ont accepté de la reconnaître, d’autant que la reconnaissance est accompagnée par des annonces financières. C’était l’une des questions que la Coalition entendait soulever à Marrakech, parce que les demandes de la population syrienne sont considérables. Il y a plusieurs millions de Syriens qui ont perdu leur logement et qui ont été contraints soit de quitter leur pays - environ un demi million - soit qui ont été contraints de changer de ville et de trouver refuge ailleurs dans le pays. Ces gens sont sans moyens, sans couvertures, sans abri, sans nourriture, sans médicaments. C’était donc l’une des demandes, mais je crois qu’il y a d’autres questions qui restent en suspens.

    A propos de la reconnaissance, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a demandé mercredi à l’ensemble des pays membres du groupe les Amis de la Syrie de reconnaître individuellement aussi la coalition nationale. Est-ce que ça change quelque chose?

    Oui, parce que reconnaître collectivement en se fondant dans la masse c’est une démarche [un peu anonyme], et je pense que chaque pays, en reconnaissant individuellement la légitimité de la Coalition, s’engagera ou sera engagé à faire un effort financier, or c’est absolument nécessaire parce que les sommes qui ont été annoncées sont insuffisantes : 200 millions de dollars pour les Américains, 100 millions d’euros ou de dollars par l’Arabie Saoudite, 30 millions d’euros pour la France, ça reste très en deçà des besoins.

    La Russie a déploré la décision des Etats-Unis de reconnaître la Coalition nationale syrienne qui revient, selon Moscou, à miser sur une victoire militaire de l’opposition. Est-ce qu’aujourd’hui la situation en Syrie peut vraiment trouver une issue sans un changement de position de la Russie et de la Chine ?

    La solution passera par-dessus la tête des Russes et des Chinois. De toute façon, les Chinois ne sont pas en pointe ; ce sont les Russes qui sont les plus actifs dans le soutien à Bachar el-Assad parce que la décision se fera à un moment ou à un autre qu’ils le veuillent ou pas sur le terrain militaire. Et on voit bien que sur ce terrain-là, Bachar el-Assad et les troupes qui le soutiennent, sont en perte de vitesse. C’est le moins qu’on puisse dire.

    La Russie va-t-elle sentir à un moment qu’il faut changer d’attitude pour ne pas rater le train de l’Histoire ?

    Je crois qu’elle a commencé à percevoir que Bachar el-Assad ne reprendra pas la main. Ce que les Russes cherchaient à faire, c’était maintenir Bachar el-Assad au pouvoir pendant un certain temps, jusqu’en 2014, en mettant en place un gouvernement d’union nationale qui regroupait des personnalités du régime et des personnalités de l’opposition et qui gérait la transition.

    Cela permettait d’abord de ne pas avoir un changement brutal de système et puis, une chose très importante, cela permettait de sauver la face de Bachar el-Assad. Cela lui permettait de sortir avec une certaine dignité, et puis cela sauvait aussi la face des Russes. Mais le problème est que, dans l’opposition syrienne, personne ne fait confiance à un engagement de Bachar el-Assad. Il a trop menti à sa population pour que les gens lui accordent le moindre crédit. Ils n’accepteront pas de travailler avec lui jusqu’en 2014 parce qu’ils ne sont pas sûrs que les choses auront peut-être changé durant cette période-là,et qu’il ne cherchera pas à se maintenir malgré tout.

    En plus, Bachar el-Assad et le gouvernement sont une chose, le problème ce sont les moukhabarat, c'est-à-dire le système ultra-sécuritaire qui tient la population. Or, tant qu’on ne dissout pas les services de renseignement pour les remplacer par des services qui fonctionnent selon des normes à peu près démocratiques, les Syriens savent qu’ils seront quotidiennement soumis à l’arbitraire.

    Photo du président syrien Bachar el-Assad (D) et son défunt père, l'ancien président Hafez el-Assad, à Damas, le 16 mai 2012. DR

    La question de l’aide militaire n’a pas été tranchée à Marrakech. Pour vous, la réponse est « oui, il faut aider militairement l’opposition syrienne » ?

    Oui, il faut aider militairement, et le faire le plus tôt sera le mieux parce qu’on voit bien que il n’y aura pas d’autre solution que militaire. Bachar el-Assad ne partira pas, il ne veut pas partir, il est prêt à tuer. On l’a vu : il y a actuellement 42 000 morts officiellement. Je crois qu’il y en a beaucoup plus. Les Syriens disent au moins le double. Et il est prêt à continuer. Il a commencé à utiliser des Scud et on ne sait pas ce qu’il y a dans les têtes de ces Scud.

    Il veut garder ce qui selon lui, lui appartient. Son père lui a légué le pays, c’est sa ferme, c’est sa maison, c’est son domaine donc il veut y rester. Ainsi, il n’acceptera pas de partir. La solution sera donc militaire puisqu’il n’y a pas de solution politique. Les forces de l’opposition sont parvenues, en s’emparant d’un certain nombre de bases au cours des dernières semaines, à récupérer du matériel et elles l’utilisent fort bien puisque ce sont pour une partie des anciens militaires ou des hommes formés.

    Les Etats-Unis ont placé le front jihadiste al-Nosra qui lutte contre le régime de Bachar el-Assad sur la liste des organisations terroristes. Il s’agirait selon Washington d’une émanation de la branche iraquienne d’al-Qaïda, est-ce que cette décision est justifiée ?

    Pour les Syriens, elle ne l’est pas.

    Et pour vous ?

    Il me semble que ce n’était pas le bon moment. C’est-à-dire qu’il est clair que le groupe en question, al-Nosra, est un front de soutien pour la population de Syrie. C’est une organisation très ambiguë dans son apparition comme dans son développement. Mais quoi qu’il en soit, al-Qaïda la reconnaît comme une organisation proche d’elle-même si ce n’est appartenant à sa mouvance.

    Aujourd’hui al-Nosra est parvenu à emporter l’adhésion d’un certain nombre des Syriens parce que la mouvance se bat contre le régime. Par ailleurs, beaucoup de jeunes Syriens qui veulent se battre de manière efficace vont dans ses rangs mais sans partager son idéologie, parce que c’est une espèce d’enchaînements. Al-Nosra s’est montré assez puissant, et du coup des investisseurs, en particulier originaires des pays du Golfe - Koweït et d’Arabie Saoudite notamment -, l’ont financé.

    Comme la mouvance a des moyens, elle acquiert des armes. Et comme elle a des armes et que ses combattants n’ont pas peur de mourir puisque ce sont des jihadistes, des jeunes Syriens sont enthousiasmés par la manière dont ils se battent et vont plutôt donc se battre avec eux.

    Est-ce que la crainte d’une Syrie dirigée par des islamistes radicaux après la chute de Bachar el-Assad est fondée ?

    A mon avis non. La situation de la Syrie est très différente de celle de la Libye et même de l’Egypte. En Syrie, la population a l’habitude d’une coexistence entre toutes les religions et un grand nombre d’ethnies. Je ne pense pas qu’ils [les Syriens] souhaitent un système pareil. Mais plus la situation deviendra difficile et plus elle s’achèvera de manière dramatique. Plus le risque existe effectivement.

    __________________

    Pour aller plus loin : Un oeil sur la Syrie, le blog de Wladimir Glasman

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