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    Moyen-Orient

    Réfugiés syriens: les chrétiens du Liban craignent que le provisoire ne devienne définitif

    media Des réfugiés syriens installés dans la plaine de la Bekaa, au nord du Liban, le 27 décembre 2012. REUTERS/Mohamed Azakir

    Le dossier des réfugiés syriens accueillis au Liban provoque de profondes divisions dans le pays, non seulement entre la majorité et l'opposition, mais également au sein même de la coalition gouvernementale. Le cabinet a refusé la fermeture des frontières, comme l'ont réclamé les ministres chrétiens, qui craignent une réédition du scénario de l'exode palestinien de 1948.

    L'ouverture des frontières, devant des dizaines de milliers de Syriens et de Palestiniens fuyant l'enfer en Syrie, a réveillé chez les chrétiens les vieux réflexes de minoritaires craignant d'être engloutis par un océan musulman. Bien que sensibles à la dimension humaine du drame vécu par les déplacés de la guerre, les chrétiens n'en restent pas moins hantés par le souvenir de l'exode des Palestiniens, qui dure depuis 64 ans. Un drame responsable, selon eux, de la guerre civile qui a déchiré le pays entre 1975 et 1990.

    C'est le leader chrétien Michel Aoun qui a, le premier, souligné le « danger » que constitue pour le Liban l'afflux massif de réfugiés syriens. 156 000 d'entre eux sont inscrits auprès du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), et 45 000 attendent leur tour. Mais selon les autorités libanaises, 150 000 autres Syriens ont trouvé refuge au Liban et ne souhaitent pas se faire enregistrer au HCR pour diverses raisons.

    Soit parce qu'ils n'ont pas besoin de l'aide fournie par les agences de l'ONU, soit parce qu'ils sont des partisans du régime et n'ont pas confiance dans les organisations internationales. Il faut également compter quelque 15 000 Palestiniens qui viennent essentiellement des camps de Tadamon et de Yarmouk, près de Damas. Cela fait en tout près de 365 000 personnes, pour une population de 4,5 millions de Libanais, auxquels il faut ajouter 360 000 réfugiés palestiniens installés depuis 1948.

    Un « danger » démographique

    Même s'il invoque les arguments financiers et économiques pour expliquer la difficulté pour le Liban d'accueillir autant de réfugiés syriens, Michel Aoun craint surtout une réédition du scénario de 1948. Censés regagner leur terre quelques semaines seulement après l'exode, les réfugiés palestiniens, leurs enfants et leurs petits-enfants sont toujours là, 64 ans plus tard. En majorité musulmans, ils ont pesé sur la démographie du Liban, dont le système politique repose sur une répartition confessionnelle des hautes fonctions de l'Etat.

    En 1994, à l'époque de la tutelle syrienne, des milliers d'entre eux ont été naturalisés, creusant davantage le déséquilibre communautaire au profit des musulmans. Les chrétiens craignent tout simplement que la présence « provisoire » des Syriens ne devienne définitive, comme celle des Palestiniens. Le Courant patriotique libre (CPL) du général Aoun a réclamé la fermeture des frontières, à l'instar de la Turquie et de la Jordanie. « Nous n'avons plus de place, affirme-t-il. Nous ne refusons aucun réfugié mais si nous étions capables de porter 100 kg sur nos épaules, comment pourrions-nous maintenant supporter une tonne ? »

    Ses propos ont provoqué un véritable tollé chez le principal parti d'opposition, le Courant du futur de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, qui a dénoncé des propos « racistes et xénophobes ». L'affaire s'est aggravée lorsque l'ambassadeur de Damas à Beyrouth, Ali Abdel Karim, a adressé une lettre au ministre libanais des Affaires sociales, Waël Abou Faour, s'élevant « contre la discrimination dans la distribution de l'aide » apportée aux réfugiés. Cette « incartade diplomatique » a été vigoureusement dénoncée par l'opposition, qui a réclamé l'expulsion de l'ambassadeur. Le président de la République, Michel Sleiman, est intervenu dans le débat, rappelant les diplomates à leurs devoirs et obligations.

    C'est dans cette ambiance, alourdie par l'entrée quotidienne de centaines de Syriens, que le gouvernement a décidé d'examiner l'épineux dossier des réfugiés. Quelques heures avant la réunion du Conseil des ministres, ce jeudi, le chef du Hezbollah est intervenu sur la question.

    Hassan Nasrallah a déclaré qu'il faut « aborder l'affaire des réfugiés d’un point de vue strictement humanitaire ». « Les réfugiés devraient être traités de la même façon, qu’ils soient partisans ou opposants du régime », explique-t-il.

    Le leader du Hezbollah a ajouté qu'il est « impossible de fermer les frontières entre le Liban et la Syrie », appelant le gouvernement à « définir un plan d’action parallèlement à la contribution citoyenne ». Il est clair que Hassan Nasrallah n'est pas sur la même longueur d'onde que son allié chrétien.

    Gouvernement divisé

    Cette différence d'approche s'est traduite par un débat houleux de six heures en Conseil des ministres, qui s'est achevé par l'adoption d'un « plan », auquel se sont opposés sept ministres du CPL. Le ministre de l'Intérieur a exposé un projet qui consiste à construire des camps sécurisés, fermés et placés sous le contrôle des forces de sécurité, d'une capacité de 5 000 personnes chacun. Ils seront gérés par un comité interministériel et l'aide sera distribuée en coordination avec les agences de l'ONU et les ONG, un peu sur le modèle jordanien.

    Les frontières ne seront pas fermées, pour des « considérations humanitaires, de fraternité et de nationalisme  ». Ce qui signifie que le Liban continuera d'accueillir des réfugiés, sans qu'aucun plafond ne soit fixé.

    Le gouvernement a aussi décidé de faire appel aux pays arabes et amis, pour alléger le fardeau, notamment financier, dû à la présence des réfugiés syriens sur son sol. Il s'est engagé à « appeler les pays donateurs à verser les financements promis au Liban et à lancer une campagne diplomatique pour inciter les pays arabes et amis à partager avec le Liban le fardeau en termes financiers et logistiques ».

    Effectivement, le chef de la diplomatie, Adnan Mansour, est entré en contact vendredi avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, pour réclamer une réunion urgente des ministres arabes des Affaires étrangères afin de leur expliquer la situation des réfugiés.

    Compte tenu des polémiques qu'elle provoque et des passions qu'elle déchaîne, il est clair que l'affaire des réfugiés est une bombe à retardement qui vient s'ajouter à tous les autres dossiers explosifs s'accumulant depuis le début de la crise syrienne. Dans ce champ miné, une catastrophe peut se produire à n'importe quel moment.

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