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Liban Questions sociales

Au Liban, les jeunes se mobilisent pour le mariage civil

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Autant les Libanais se désintéressent des ardues négociations autour d'une nouvelle loi électorale, autant ils se passionnent pour le débat sur l'instauration du mariage civil dans ce pays, où seules les unions religieuses sont autorisées. La mobilisation des jeunes culmine, ce lundi 4 février 2013, avec un rassemblement, devant le Parlement.

De notre correspondant à Beyrouth

« Je suis maronite et mon mari est sunnite. Nous avons prénommé notre fils Charbel-Omar, parce qu'il symbolise à nos yeux notre union qui dépasse les barrières religieuses ». Sandra et Ahmad ont contracté un mariage civil à Chypre, en 1998, et ils ont longtemps milité, avec des dizaines d'autres couples et associations, pour que ce type d'union soit légalisé au Liban. Après avoir perdu espoir, ils retrouvent aujourd'hui toute la fougue de leur jeunesse. « Khouloud et Nidal nous ont redonné espoir, lance la jeune femme. Nous pensons que nous n'avons jamais été aussi proches du but ».

Khouloud Sukkariyé et Nidal Darwiche est un couple sunnite et chiite.

Khouloud Sukkariyé et Nidal Darwiche est un couple sunnite et chiite grâce à qui le débat sur l'instauration du mariage civil au Liban a été relancé avec force, quatorze ans après la dernière tentative avortée de l'ancien président de la République, Elias Hraoui. A l'époque, l'ancien Premier ministre Rafic Hariri s'y était vigoureusement opposé, appuyé par les hommes de religion musulmans et, dans une moindre mesure, par le clergé chrétien.

Au Liban, seuls les mariages religieux sont autorisés. Lorsqu'un couple mixte décide de s'unir, l'un des deux époux se convertit à la religion de l'autre. Mais le comble de l'aberration est que les mariages civils conclus à l'étranger sont reconnus et enregistrés au Liban. En cas de divorce, ce sont les lois des pays où ont été contractées ces unions qui sont prises en compte par les tribunaux libanais. « Au nom du peuple libanais », le juge rendra son verdict en se basant sur les lois chypriotes, turques, françaises ou autres.

Khouloud et Nidal se sont mariés civilement le 10 novembre 2012, mais leur union n'a suscité autant de passions qu'au début de cette année, lorsqu'ils ont décidé de la rendre publique. La jeune femme, voilée, se dit laïque, et affirme qu'il n'existe pas de contradictions entre la laïcité et les croyances religieuses. Aidé par des militants de la société civile, le couple a constitué, discrètement, un dossier juridique solide et a réclamé que le mariage soit consigné dans les registres de l'Etat civil. C'est à ce moment-là que l'affaire a éclaté au grand jour.

Le Premier ministre contre le président

Le web s'est enflammé, des groupes de soutien ont été créés sur les réseaux sociaux et une grande partie des médias ont salué le courage du jeune couple. Rapidement, le président de la République est entré en scène aux côtés de Khouloud et Nidal. Dans un tweet, Michel Sleiman a exprimé son appui au mariage civil.

Mais la réaction de l'institution religieuse sunnite, très conservatrice, ne s'est pas fait attendre. Le grand mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, a menacé d'envoyer en enfer ceux qui contractent un mariage civil et les responsables qui œuvrent à son instauration. « Tout responsable musulman qui approuverait la légalisation du mariage civil serait considéré comme apostat et traître à la religion musulmane. Il ne sera ni lavé, ni mis dans un linceul, ne recevra pas les prières lors de son décès, ni sera enterré dans les tombes des musulmans », a-t-il lancé, à l’issue d’une réunion extraordinaire portant sur le mariage civil, en présence d'un grand nombre d'ulémas.

Mais le chef de l'Etat ne s'est pas laissé intimider. Il est revenu à la charge, affirmant que « le refus de soumettre le projet de loi concernant le mariage civil aux institutions constitutionnelles représente une violation de l’accord de Taëf », qui a mis fin à la guerre civile libanaise, en 1991. Le Premier ministre sunnite, lui, n'est pas resté insensible aux menaces du grand mufti. Prenant la parole lors d'un Conseil des ministres, Najib Mikati a estimé que le moment n'est pas opportun pour débattre du mariage civil, arguant du fait que le Liban a d'autres échéances beaucoup plus pressantes à examiner, en allusion au débat sur la loi électorale, ou à la question des réfugiés syriens.

Le président et le Premier ministre ont ensuite affiché leurs divergences sur Twitter. Michel Sleiman s'est prononcé « pour répondre à l'évolution et aux aspirations du peuple et pour préparer des lois appropriées sur la question du mariage civil ». « Des dignitaires s'opposent au mariage civil mais cela ne change rien à mes convictions et à ma quête pour aiguiller le train sur les bons rails », a-t-il ajouté en début de semaine dernière. Najib Mikati a répondu quelques heures plus tard. « Les circonstances actuelles ne permettent pas d'aborder de nouveaux sujets controversés qui divisent », a-t-il écrit en arabe. « Je pense que la question du mariage civil ne peut pas être traitée du haut vers le bas », a-t-il ajouté en anglais, en évoquant la nécessité d'un consensus entre « toutes les parties prenantes du pays ».

Intervenant dans le débat, l'institution religieuse chiite a fait preuve de plus de flexibilité que les sunnites. Le Conseil supérieur chiite (la plus haute instance religieuse de la communauté) a jugé « regrettable » que la question du mariage civil soit soulevée « dans cette phase délicate de la vie nationale, où toutes les formes de solidarité et d’entente doivent être convoquées ». Il a cependant demandé que la question soit soumise ultérieurement à un débat responsable.

Une majorité de Libanais favorable

Un sondage publié par un centre de recherche Information International, basé à Beyrouth, a montré qu'une majorité de Libanais souhaiterait une légalisation du mariage civil au Liban. Réalisé les 29 et 30 janvier, le sondage montre que près de 51% des personnes interrogées affirment soutenir le mariage civil s’il est facultatif, alors que 46% disent préférer que seul le mariage religieux soit possible au Liban.

Trois semaines après le début de cette affaire, le mariage de Khouloud et de Nidal n'a toujours pas été enregistré dans les registres de l'état civil. Pour soutenir leur cause, un grand rassemblement était prévu ce lundi devant le Parlement dans le centre-ville. « Cette fois-ci, nous ne lâcherons pas prise facilement », affirme avec détermination Houssam, un des fondateurs du groupe favorable au mariage civil sur Facebook.


En savoir plus :

Groupes de soutien au mariage civil sur Facebook ici et ici
Groupe de soutien au mariage civile sur le web

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