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    Moyen-Orient

    Pour l'ambassadeur de la Coalition syrienne en France, «il faut protéger le peuple»

    media Un soldat de l'ASL à Alep, le 13 février 2013. REUTERS/Muzaffar Salman

    Monzer Makhous, ambassadeur en France de la Coalition nationale des forces de la révolution et de l'opposition syrienne, analyse l'impasse dans laquelle est plongé son pays, à un mois de l’anniversaire des deux ans de la révolution. Les Syriens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, semblent être livrés à eux-mêmes, tandis que la guerre au Mali fait désormais la une de l’actualité.

    Lors d'une rencontre exceptionnelle organisée par l'Iremmo (Institut de recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient) à Paris ce 12 février, Monzer Makhous fait un constat terrifiant : presque 100 000 morts, plus de 160 000 prisonniers torturés par les hommes du régime d’Assad, des centaines de milliers de blessés. Et combien de « disparus » ? Au moins 100 000 personnes, dont on ignore tout ; des Syriens probablement morts sous les coups, victimes des mêmes atrocités que les Irakiens sous Saddam Hussein. Des Syriens égorgés par centaines. Entre 4 et 5 millions de déplacés dans le pays. Entre un et deux massacres par jour. La moitié des soldats du régime tués depuis le début du conflit ont été assassinés par leur propre camp après avoir fait défection, soit 50 000. Des chiffres qui donnent l’ampleur du drame qui se déroule aux portes de l’Europe.

    « Stalingrad après la guerre »

    Pour l’ambassadeur de cette Coalition, autorité politique de transition (née à Doha en novembre dernier) ayant pour mission de coordonner les opposants au régime, il est plus que jamais temps que la communauté internationale agisse. « Les grandes villes ressemblent aujourd’hui à Stalingrad après la guerre », confie-t-il. Autant dire un tas de ruines. Petit homme trapu au caractère chaleureux, installé en France depuis la fin des années 1980, il concède que le soulèvement syrien est dans l’impasse la plus totale.

    La priorité affichée par l’ambassadeur est claire : l'option militaire doit passer avant le politique. A l’heure actuelle, face aux dissensions internes dans l’opposition, « la Coalition doit créer des conditions favorables à l’Armée syrienne libre (ASL). C’est la seule chose qu’elle peut faire », confie-t-il. Le but affiché est clair : « Il faut protéger le peuple syrien, un peuple qui défend la liberté. » C’est un appel au secours que lance Monzer Makhous : « Des Etats comme l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis ou les Etats-Unis nous avaient promis plus de 250 millions de dollars d’aide. En réalité, nous avons reçu tout juste 400 000 dollars. » Autant dire une goutte d'eau face à l’énormité des besoins des 100 000 soldats de l'ASL.

    « Il faut des armes pour l'opposition »

    Monzer Makhous insiste aussi sur la nécessité de « lever l’embargo sur les armes pour que les Syriens puissent enfin en finir avec Bachar el-Assad. Il faut mettre en place une no flight zone, on ne peut plus laisser mourir les femmes et les enfants et ne rien faire. Le peuple se bat pour "un Etat démocratique, moderne" », exhorte l’opposant d’origine alaouite. Et d’ajouter qu’il y a des Syriens à l’extérieur qui sont riches, des Arabes aussi, prêts à financer l’achat d’armes. « On ne demande pas de chars ou d’avions, on veut se défendre. Il y a par exemple un énorme besoin de missiles anti-aériens. »

    Aujourd’hui, explique Monzer Makhous, 80 % des armes de l’ASL provient de l’armée officielle. Les attaques de dépôts de munitions se multiplient mais ce n’est pas suffisant, loin de là.

    Monzer Makhous. Anne Bernas / RFI

    Pendant ce temps, les Scud, missiles balistiques de courte portée, pleuvent sur la Syrie. L’armée, riche de quelque 500 000 hommes, utilise des bombes à fragmentation, des barils remplis de TNT. Comment lutter face à cet arsenal ? Les forces sont inégales. Et l’ambassadeur le prouve, s’il en est encore besoin : la Chine, la Russie et l’Iran fournissent sans cesse des armes au régime syrien. « Des centaines de milliers de soldats arrivent de Téhéran, mais aussi des rangs du Hezbollah libanais ». L’Irak du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki a fourni, selon l’ambassadeur, dix milliards de dollars à l’Iran pour aider militairement le régime de Bachar el-Assad.

    « L’Iran n’a pas enterré son rêve de recréer un Empire perse. Téhéran veut être le ciment du "pacte chiite" dans la région. Et si Bachar el-Assad devait tomber, des milices iraniennes, déjà présentes en terre syrienne, feraient en sorte de semer le chaos dans le pays. »

    Quant au soutien indéfectible de Moscou à Damas, l’ambassadeur l’analyse, entre autre, comme étant un moyen parmi d’autres pour la Russie de se protéger. En effet, la position russe sur le dossier syrien est conditionnée à ses intérêts dans le sud de la Russie. « Poutine craint un "printemps caucasien" dans ces Etats à majorité musulmane ainsi que dans les pays frontaliers de la Russie comme le Kazakhstan, l’Ouzbekistan, le Daguestan etc. Ces pays où des régimes dictatoriaux musèlent leurs peuple. »

    « Les jihadistes sont en Syrie à cause du silence international »

    L’argument de Damas et de ses alliés de « combattre des terroristes jihadistes venus de l’étranger » horripile Monzer Makhous. « Durant les sept premiers mois de la révolution, il n’y avait aucune présence jihadiste en Syrie. Aujourd’hui, à cause du silence de la communauté internationale, il y a des jihadistes qui se battent contre le régime. Ils sont entre 3000 et 5000. Syriens à 95 %. » Et l'ambassadeur de justifier ses propos en citant Michel Kilo, dissident de longue date du régime Assad : « Ces hommes sont des modérés et n’entraveront pas la création d’un Etat démocratique. » « Nous sommes un pays historiquement laïc », renchérit Monzer Makhous. « Les Syriens ne veulent pas de la chari’a. »

    D'un optimiste réel ou affiché, l'ambassadeur insiste : « La Syrie du futur sera un Etat libre. Et tout le monde est d’accord là-dessus », tout en précisant que, malgré tout, « cela prendra du temps ». Et quand on évoque la question des minorités, Monzer Makhous se fâche. « Les chrétiens, les kurdes, les alaouites, toutes les minorités sont dans la révolution. Le régime ment quand il se dit "protecteur" des minorités. Et tous se battront jusqu’au bout, le peuple n’a plus rien à perdre. Les Syriens sont héroïques. » De quoi espérer que cet anniversaire sanglant sera le dernier.

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