Relations germano-turques : «Ich liebe dich, aber...»

Angela Merkel entame ce dimanche 24 février dans la soirée une importante visite officielle de deux jours en Turquie. L'état des négociations en cours avec l'Union européenne en vue d'une adhésion turque sera au centre des discussions. L'occasion de revenir sur des relations bilatérales complexes entre les deux pays.
Avec notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux
Première étape du voyage officiel d’Angela Merkel, ce dimanche 24 février dans la soirée : le sud de la Turquie, à cinq minutes de Damas à la vitesse d’un obus. Là où sont stationnés les 300 soldats que l’Allemagne a mis à la disposition de l’Otan pour protéger la frontière turco-syrienne.
L’Allemagne entretient avec la Turquie des relations ambigües. Trois millions de Turcs vivent en Allemagne, les échanges commerciaux sont importants entre les deux pays, mais 60% des Allemands sont opposés à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Angela Merkel figure à titre personnel à la pointe du mouvement turco-sceptique dans le pays.
Pourtant, la chancelière est consciente de l’enjeu des discussions. Poussée par l’évolution de la position française depuis le départ de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel s’est déclarée samedi 23 février favorable à l’ouverture d’un noveau chapitre dans les négociations turco-européennes.
Le partenaire libéral d’Angela Merkel au sein du gouvernement pousse tout particulièrement à l’avancée des négociations. « Si nous n’y prêtons pas attention, l’heure va venir où l’Europe sera plus intéressée par la Turquie, que la Turquie par l’Europe », estime le ministre libéral des Affaires étrangères Guido Westerwelle.

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Nous voulons devenir membre
Nous voulons devenir membre de l'UE... (pourvu qu'ils nous prennent pas!) Cette stratégie est celle de la Turquie actuelle. Le ministre libéral des Affaires étrangères Guido Westerwelle a bien compris l'astuce des turcs et commence à se poser des questions.
Quoi qu'il en soit selon les derniers sondages de l'opinion publique 58 % des turcs seraient contre l'adhésion à l'UE. 12% ne se prononcent pas et disent vouloir étudier la question au moment voulu. 64% des turcs seraient demandeur d'un référendum.
Les turcs ont compris qu'ils n'ont aucun intérêt à l'adhésion cependant, ils ne veulent pas non plus une rupture avec les institutions européennes. La situation d'attente est à leur avantage et la Turquie va de l'avant avec une croissance économique à faire palir les plus réticentes telles la Chancelière Angela Merkel.