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    Moyen-Orient

    Situation humanitaire en Syrie: «la moitié des structures de santé sont détruites»

    media Dans un abri du district de Baba Amr à Homs les familles tentent de survivre avec leurs blessés dont la plupart meurent faute de soins, le 8 février 2012. Reuters/Handout/Files

    Il y a deux ans tout juste aujourd’hui, commençait le conflit en Syrie. Gérard Pascal, chirurgien pour Médecins du Monde et chargé des urgences au Moyen-Orient revient sur cette guerre civile qui a eu pour conséquence  de déclencher « une catastrophe humanitaire ». Il était l'invité ce vendredi 15 mars de Frédéric Rivière.

    Vous êtes chirurgien et vous vous êtes rendu à plusieurs reprises en Syrie. La dernière fois, c’était au mois de décembre dernier. On en parle beaucoup sur notre antenne depuis ce matin, il y a deux ans tout juste aujourd’hui que commençait le conflit en Syrie. Deux ans après, sur un plan très général, quelle est la situation humanitaire aujourd’hui ?

    Catastrophique. En un mot, catastrophique ! Elle a empirée effectivement au cours de ces deux années pour maintenant augmenter de façon tout à fait exponentielle. Si on essaie de faire un bilan, on parle de 70 000 morts enregistrés, c’est sûrement beaucoup plus et on parle de peut-être plus de 100 000 morts. Pour les blessés, c’est toujours extrêmement difficile à évaluer parce qu’ils ne sont pas tous répertoriés en plus dans les conditions qu’on connaît actuellement, mais on peut facilement avoir un multiplicateur par dix, au moins entre 500 000 et un million de blessés.

    Cette crise a des conséquences bien entendu sur les populations : on parle d'un million de réfugiés. Mais ce million correspond aux réfugiés enregistrés par le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies. Donc il y en a beaucoup d’autres qui ne sont pas enregistrés et effectivement, les chiffres sont beaucoup plus importants.

    Il y a les déplacés internes, ceux qui ne peuvent pas franchir les frontières et qui sont aux alentours de un à deux millions, probablement deux millions mais c’est très difficile également à évaluer. Il s'agit donc d'une catastrophe humanitaire de très grande ampleur qui n’a fait que s’accélérer au cours de ces derniers mois parce que ces populations n’ont pas accès au droit le plus élémentaire qui est celui du soin.

    Quel est l’état aujourd’hui du système de santé syrien ?

    Selon les estimations des observateurs, à peu près la moitié des structures de santé sont détruites. Elles ont été bombardées sciemment par le régime afin que ces populations n’aient pas accès aux soins, pour les mettre effectivement dans une situation compliquée, difficile, qui ne leur permette pas de réagir avec la rébellion. Parmi les 50% qui restent, combien sont opérationnels ? Je dirais deux tiers peut-être. A cela s’ajoutent des hôpitaux de fortune dans lesquels les médecins syriens interviennent pour soigner les populations.

    Parce qu’il faut le dire, le personnel médical syrien est de très haute qualité ?

    La médecine syrienne a toujours été une médecine de très haute qualité, absolument, formée en Syrie mais également à l’extérieur de la Syrie, comme aux Etats-Unis et en Europe, avec des médecins d’un très haut niveau médical. Parmi ceux de la diaspora qui sont à l’étranger, beaucoup vont en Syrie, à l’intérieur de la Syrie pour soigner les populations, pour soigner leurs compatriotes.

    On va revenir dans un instant aux questions médicales et humanitaires, mais une question à caractère politique tout de même puisque c’est l’actualité : la France et la Grande-Bretagne envisagent d’armer l’opposition. Est-ce que vous, en tant que médecin humanitaire, avez un avis sur l’opportunité de cette décision ?

    Vous l'avez dit vous-même, je suis médecin humanitaire, je ne suis pas politique et il n’est pas question pour moi...

    Oui, mais cela va avoir des conséquences sur le terrain. C’est à ce titre là que je vous pose la question ?

    Oui je comprends tout à fait. Il y a deux tendances qui s’opposent : celle qui affirme qu’effectivement il ne faut pas armer l’opposition parce que cela revient à armer les groupuscules et prolonger cette guerre ; l'autre, qui rétorque que ce conflit est asymétrique et qu'il faut effectivement armer l’opposition de façon à trouver une solution politique. C’est-à-dire forcer Bachar el-Assad soit à négocier soit à partir. Personnellement, je ne suis pas politique, je n’ai pas d’opinion là-dessus. Je ne peux pas vous dire quelle est la solution. La solution, c’est peut-être les deux, à la fois militaire et politique.

    Est-ce que le médecin que vous êtes, le médecin humanitaire, redoute, redouterait une aggravation du conflit au cas où l’opposition serait armée et finalement plus de victimes, plus de blessés ?

    Je n’ai pas de réponse à cela. C’est très compliqué parce qu’il faut savoir que l’opposition actuellement, est effectivement composée de l’Armée syrienne libre, mais qu'elle n'est pas très organisée. Il y a un pouvoir politique transitoire qui est en train de se mettre en place, pas très organisé lui non plus, et qui n’arrive pas très bien à s’entendre. Donc quels sont les effets bénéfiques d’un réarmement ? C’est très difficile à évaluer. Je ne crois pas qu’on puisse apporter une réponse.

    Dans quelles conditions travaillez-vous sur place ? Où travaillez-vous ? Est-ce que vous pouvez intervenir sur le territoire syrien ou est-ce que vous êtes obligé de vous cantonner à la frontière ou tout prêt de la frontière ?

    Nous intervenons à l’intérieur de la Syrie et à l’extérieur de la Syrie. Pour rejoindre votre question, à l’intérieur de la Syrie, nous aidons les Syriens. Nous, nous ne travaillons pas ou peu. Nous aidons ces personnels médicaux syriens à soigner leurs compatriotes.

    On intervient à l’intérieur de la Syrie, dans le nord de la Syrie, à peu près à une vingtaine de kilomètres de la frontière. Nous intervenons notamment dans un camp de 5 000 déplacés internes qui se situe dans un bassin de population d’à peu près 40 000 à 50 000 personnes. Qu’est-ce que nous y faisons ? Nous y apportons des soins de base et également des soins gynécos parce que l’objectif aussi c’est de soigner les populations les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes et les enfants.

    Vous avez beaucoup d’enfants ?

    Il y a beaucoup d’enfants. Je ne peux pas vous donner le chiffre.

    Quel type de blessures ou de traumatismes ?

    Pour les enfants essentiellement, ce sont des pathologies respiratoires. Ces familles vivent dans des conditions sanitaires absolument catastrophiques, avec les conséquences que cela peut avoir en termes d’infections respiratoires, intestinales, de gastro-entérites, ... etc. Pour vous donner un ordre d’idées sur nos activités, pour l’année 2012, nous avons réalisé aux alentours de 120 000 consultations. Et pour les deux premiers mois de cette année 2013, nous en sommes déjà à 20 000, ce qui tend à vous démontrer que si on multiplie par autant de mois, pour 2013, l’augmentation est tout à fait exponentielle. Elle montre les besoins de ces populations, pour lesquelles effectivement l’accès aux soins demeure extrêmement illimité du fait de l’absence de présence d’assistance internationale.

    Les victimes auxquelles vous avez affaire sont toutes civiles ?

    Dans ces camps-là, oui.

    Vous avez lancé un appel à une trêve pour que les médecins puissent faire leur travail. Cet appel s’adresse aux deux partis. C’est bien de cela qu’il s’agit ?

    Absolument, sans prendre parti. Bien entendu, cela s’adresse quand même - il faut être un petit peu réaliste - essentiellement aux autorités. Qu'elles nous donnent accès à l’aide internationale actuellement filtrée. Nous rencontrons les plus grandes difficultés pour aider à soigner ces populations. Nous demandons à avoir un accès plus important auprès de ces populations en regard d’une augmentation des besoins qui s’est accélérée de façon considérable au cours de ces derniers mois, pour des raisons de besoins de santé mais aussi pour des raisons climatiques, par exemple.

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