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Moyen-Orient

Egypte

Sinaï: les Bédouins veulent créer leur milice

media Passage de Rafah, le 9 août 2012. Un homme s'approche d'un tunnel qui relie l'Egypte à la Bande de Gaza. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

En Egypte, plusieurs tribus du Nord-Sinaï ont menacé de former des milices pour restaurer la loi et l’ordre. La péninsule égyptienne est en effet en proie au chaos et à l’insécurité depuis la révolution de janvier 2011. Dernier événement en date, l’enlèvement mercredi 15 mai de sept policiers et militaires par des jihadistes réclamant la libération de leurs camarades arrêtés ou condamnés pour terrorisme.

De notre correspondant au Caire,

Les raisons de l'insécurité dans le nord du Sinaï résident tout d’abord dans le traité de paix avec Israël, qui limite le nombre de militaires égyptiens. Toute la moitié est du Sinaï et la zone frontalière doivent être contrôlées par moins de 2 000 hommes sans armement lourd ni avion.

Mission impossible étant donné la surface et  la configuration géographique du lieu, avec la présence de montagnes escarpées. Le Sinaï a également été le théâtre de trois guerres israélo-égyptiennes, qui ont laissé une grande quantité d’armes et de munitions sur le terrain.

Opérations militaires spectaculaires, mais inefficaces

Depuis quelques années, il faut rajouter les centaines de tunnels avec Gaza. Gaza est devenue un refuge pour ceux qui veulent fuir le pouvoir égyptien, mais aussi un quartier général pour ceux qui veulent monter des opérations contre les forces égyptiennes.

Il y a enfin le manque de volonté politique. Le pouvoir des Frères musulmans du Caire est l’allié du Hamas qui contrôle Gaza et les jihadistes du Sinaï sont des islamistes eux aussi. Résultat : les opérations de l’armée égyptienne sont spectaculaires mais inefficaces.

Des problèmes économiques

Le Sud-Sinaï a mieux réussi que le Nord grâce au tourisme à Charm el-Cheikh. Mais cette industrie est elle aussi affectée par l’insécurité. La péninsule a toujours été une zone de passage et donc de trafics en tous genres.

Il y a naturellement la drogue et les armes. Mais il y a aussi les tunnels avec Gaza et toute l’économie parallèle qui en découle, et qui a affecté les structures existantes et attiré des trafiquants et commerçants de la Vallée du Nil, venus écarter les « locaux ». Quant aux projets de développement agricole et industriel, ils fonctionnent au ralenti et ont surtout profité à la main d’œuvre venue de la vallée.

Les us et coutumes des Bédouins affectés par ces désordres

La hiérarchie et les allégeances qui étaient basées sur la filiation et les traditions ont été bousculées par les changements sur le terrain. Les trafiquants avec Gaza sont devenus plus riches que les chefs de tribu, et ceux qui coopèrent avec les jihadistes sont devenus plus puissants et mieux armés.

Pour faire face à ces phénomènes qui menacent leur mode de vie, les chefs de tribus bédouines ont donc annoncé qu’ils formeront leur propre milice. Une demande que les militaires semblent examiner d’un bon œil.

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