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    Moyen-Orient

    Alain Gresh sur RFI: «Empêcher la spirale de détruire la Syrie et les pays avoisinants»

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    Un point de passage frontalier du plateau du Golan a été pris, ce jeudi 6 juin 2013, par des rebelles syriens, avant d'être récupéré par les forces du régime. Des événements survenus au lendemain d'une victoire majeure de Damas à Qousseir. Pour parler de la situation : Alain Gresh, animateur du blog Nouvelles d'Orient.

    RFI : La guerre en Syrie est-elle devenue une guerre aux frontières de la Syrie ?

    Alain Gresh : Oui, il y a un élargissement, à la fois au Liban et au Golan, occupé par Israël. Et d’une certaine manière, cela a aussi des répercussions en Irak. Donc, il y a effectivement un risque que ce conflit syrien se transforme en une guerre régionale qui remettrait en cause la stabilité de toute la région.

    Est-ce le fait du hasard, si l’on peut dire, ou plutôt d’une stratégie délibérée ?

    Je ne crois pas qu’il y ait de stratégie délibérée. Il y a eu un effet d’entraînement, du Liban par exemple, dans la guerre. Dès les premiers mois du conflit, mais surtout au bout de six mois, quand le conflit a commencé à se militariser, il y a eu une aide apportée par des gens du Nord-Liban aux insurgés. On parle beaucoup de l’ingérence du Hezbollah, à juste titre, mais il faut rappeler que c’est le mouvement du 14-Mars de M. Hariri qui a, le premier, développé des réseaux d’armement des rebelles. On a ensuite vu des combattants, y compris liés à al-Qaïda en Irak, qui sont venus se battre en Syrie. Cela a aussi eu un effet d’entraînement. Et puis, il y a une instabilité très importante dans le Golan. Paradoxalement, le Golan est une région occupée par Israël, dans laquelle vivent quelques dizaines de milliers de Syriens druzes et qui, pour la plupart, sont plutôt du côté de Bachar el-Assad que de l’opposition. On a donc vraiment des configurations très compliquées.

    Vous parliez du Liban. Vous parlez également de l’Irak. Si risque de régionalisation il y a, de quel côté du territoire syrien ce risque est-il le plus important ?

    Aujourd’hui, je pense que c’est le Liban qui risque d’entrer dans la guerre de la manière la plus inquiétante. D’abord parce que c’est un pays qui a déjà connu la guerre civile, et ensuite parce que c’est un pays où les divisions sont relativement importantes. Je le répète : dès le début de l’insurrection syrienne, il y a eu des réseaux qui se sont constitués pour aider les rebelles au nord ; et maintenant, on a une implication directe du Hezbollah dans les combats, et ce de manière très importante. On l’a vu à Qousseir, avec un nombre indéterminé - mais quand même, me semble-t-il, plusieurs centaines, voire plusieurs milliers - de combattants. C'est aussi un pas en avant dans l’escalade et dans la régionalisation du conflit. Et il y a un danger : transformer ce conflit en une espèce de conflit entre sunnites et chiites. Mais en aggravant les tensions confessionnelles pouvant exister, en faisant de ce discours confessionnel un discours structurant pour les populations, on risque de voir, en gros, les chiites solidaires du régime Assad et les sunnites solidaires de l’opposition.

    D'où les appels lancés par les chefs d’al-Qaïda du côté de l’Irak...

    Tout à fait. Il y a à la fois des milices chiites irakiennes qui se battent du côté du régime, et on a eu, dès le début de l’insurrection, une intervention de groupes liés à al-Qaïda. Vous avez aussi des discours de leaders confessionnels : on a eu par exemple le cheikh Qaradawi, qui a appelé au jihad. Malheureusement, il faut dire que ça échappe à tout contrôle. S’il n’y a pas un début de négociation à Genève, je ne vois pas comment on va empêcher la spirale de non seulement détruire la Syrie mais aussi les pays avoisinants.

    Cette réunion internationale semble très compliquée, dès ses préparatifs. N'est-il pas délicat de réunir les Etats se trouvant à la lisière de la Syrie, dont les intérêts sont très contradictoires ?

    Oui. D’abord, c’est difficile de réunir les Syriens eux-mêmes. On a un régime syrien qui, malgré ses déclarations, ne veut absolument pas la négociation, et ne veut pas de solution politique. Et on a une opposition dont on a vu à quel point elle était divisée et incapable d’offrir une stratégie. A cela s’ajoute une ingérence de tous les pays, avec en premier lieu le Qatar et l’Arabie saoudite qui, dans les réunions, manipulent l'opposition et contribuent à sa division. L’Iran et la Russie ont évidemment leur propre stratégie. Je dirais que la seule chose qui peut amener à plus de raison, c’est justement le risque d’embraser toute la région. Ce ne serait favorable, je crois, à aucune des parties en présence. Non pas que la réunion de Genève puisse aboutir à un accord politique - je crois qu’il n’y a aucune chance -, mais elle pourrait aboutir à une certaine désescalade du conflit. A mon avis, ça devrait être son seul objectif. Aujourd’hui, on est exactement dans l’inverse, dans une escalade du conflit qui risque d’embraser la région. Si ce début de négociation pouvait amener à un arrêt relatif des combats, à une libération des prisonniers politiques dans les prisons du gouvernement syrien, etc., je pense qu'on pourrait avoir un début de négociation. Il faudrait pour ça que toutes les forces de la communauté internationale agissent dans le même sens, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

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