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    Moyen-Orient

    Iran: derrière l’élection, l’ombre des Gardiens de la Révolution

    media Photo d'archive d'Ali Khameneï posant avec des chefs des Gardiens de la Révolution. DR

    Partout, au sein de la société iranienne, des Gardiens de la Révolution occupent des postes clefs. Trois des candidats à la présidence sont passés par ce corps d'élite, véritable garde prétorienne du régime. Economie, pétrole, missiles, politique ... les pasdarans protègent leurs intérêts avec autant d'application que le Guide suprême.

    Officiellement, la Constitution leur interdit toute interaction dans l’élection présidentielle ou toute tentative d’influence politique. Les Gardiens de la Révolution, Sepah-e Pasdaran, restent un organe militaire, soumis à une forme de réserve. Distinct de l’armée classique, ce corps est né d’un décret du 5 mai 1979 qui lui confie la protection de la Révolution et du Guide suprême.

    Avec la bénédiction de celui-ci, ils orchestrent une vague de purges au sein de l’armée conventionnelle, exécutant les chefs militaires issus du régime précédent : rien ne doit pouvoir devenir une menace pour la Révolution. Les pasdarans prennent dès leur création le contrôle de l’industrie de défense iranienne. Selon les estimations de l’Institut international pour les études stratégiques (IISS), ils ont absorbé en 2012, 42,75% du budget de la défense nationale. Ce corps de 130 000 soldats, trois fois moins nombreux que leurs homologues de l’armée, a reçu les trois quarts des crédits alloués à l’achat d’équipement.

    Régulièrement, depuis les années 1980, les Gardiens de la Révolution prennent l’ascendant sur l’armée classique. Si chacune de ces deux forces dispose de ses propres moyens maritimes et aériens, les pasdarans sont les seuls maîtres de la force stratégique de missiles. Leur domaine d’action s’élargit jusqu’à exercer une grande « influence grâce à d’anciens membres nommés dans les cabinets, à la Défense, à l’Intérieur, au ministère du Pétrole » mais aussi « comme gouverneurs à travers tout le pays », résume l’IISS.

    « Les clefs de l’argent »

    Après la guerre contre l’Irak, le Guide suprême autorise les pasdarans à entrer dans le milieu des affaires. Leurs capacités et leurs moyens de génie militaire en font un outil clef de la reconstruction du pays. Les Gardiens fondent un groupe d’ingénierie, Khatam al-Anbia, qui emploie aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de salariés et obtient chaque année des centaines de contrats, notamment dans le secteur public. Cette structure semi-privée, semi-publique (elle reçoit un quart du budget de la Défense !) devient un modèle qui sera décliné dans l’industrie, le commerce et la finance.

    L’influence économique des pasdarans progresse régulièrement, jusqu’à exploser sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad. Cet ancien Gardien, cadre militaire pendant la guerre contre l’Irak, facilite la diversification d’activité de son ancien corps et lui ouvre les portes de la rente pétrolière. « C’est devenu un empire industriel et financier », explique Fereydoun Khavand, économiste à l’université Paris Descartes. « Les militaires sont devenus progressivement des hommes d’affaires : personne ne sait qui contrôle quoi et combien chacun est payé. » Les entreprises des pasdarans bénéficient en effet d’exemptions d’impôts et n’ont pas à déclarer la totalité de leurs revenus.

    En développant un réseau de fondations, ils investissent massivement dans tous les secteurs d’activité. Profitant de la politique nationale de privatisation, ils rachètent des pans entiers de l’industrie automobile, des télécommunications, de la pétrochimie, de l’immobilier, de la production d’engins agricoles ou encore de la microchirurgie laser. Personne ne parvient à évaluer l’impact réel des Gardiens dans l’économie iranienne, faute de statistiques transparentes : leur participation à l’ensemble des secteurs d’activités et les réseaux entretenus au sein du pouvoir politique leur assure un contrôle intégral des affaires. Une expression revient systématiquement, qualifiant les pasdarans « d’Etat dans l’Etat ».

    « Il n’y a jamais vraiment d’appel d’offre, en Iran », explique Thierry Coville, spécialiste de ce pays à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et à Novencia. « Ils récoltent les marchés et sous-traitent ensuite en fonction de leurs propres besoins. » « Cela oblige les commerçants et les entrepreneurs à se mettre sous la coupe des généraux, confirme Fereydoun Khavand : c’est le seul moyen d’obtenir des contrats. »

    Ce sont encore eux qui, en marge de l’économie classique, organisent tout un système de marché noir. Afin d’éviter d’être soumis à certaines taxes douanières, ils n’hésitent pas à vendre toutes sortes de biens de contrebande, allant des armes au thé en passant par tous les produits du quotidien. « Ils contrôlent les points d’entrée dans le pays, les aéroports comme les ports », explique Thierry Coville qui remarque aussi que les pasdarans sont un acteur clef pour contourner les sanctions internationales.

    Du corporatisme au clanisme : chacun ses intérêts

    Dossier spécial

    Les pasdarans sont pourtant loin d’être unis. Michel Makinsky, chargé d'enseignement à l'Ecole supérieure de commerce et de management de Poitiers (ESCEM), distingue plusieurs lignes de rupture au sein de ce corps. Une dissension générationnelle existerait entre ceux qui n’ont pas fait la guerre Iran-Irak et ceux qui l’ont faite. Au sein de ces derniers, une autre séparation apparaît entre ceux qui étaient au front et ceux qui étaient à l’arrière, notamment dans les organes de renseignement. Il y a les Gardiens qui sont de fervents idéologues et ceux qui sont plus pragmatiques. Ceux qui sont impliqués dans les activités économiques sont, de plus, soumis aux réalités de la concurrence. Faut-il s’assurer leur soutien dans la course à la présidence iranienne ? « Dans la mesure où ils détiennent les clefs de l’argent, ils sont indispensables, explique Michel Makinsky. Mais il faut plutôt comprendre que chacun a son propre stock de clans pasdarans. »

    « A partir du moment où ils ont des activités économiques, confirme l’ancien député iranien et ancien vice-ministre des Affaires étrangères au sortir de la Révolution, Ahmad Salamatian, réfugié en France, alors ils ont toutes sortes d’intérêts … et chacun défend les siens ! » Pour lui, l’appartenance au corps des pasdarans est « de moins en moins un avantage » pour convaincre le peuple. Il remarque que c’est devenu le slogan de l’un des candidats : « je ne suis pas un colonel ».

    Trois anciens Gardiens sont d’ailleurs dans la course à la présidence : Mohammad Bagher Ghalibaf, ancien patron des forces aériennes des pasdarans ; Mohsen Rezaï, qui a dirigé le corps des Gardiens pendant seize ans ; ainsi que Saïd Jalili, ancien chef basiji (les milices paramilitaires sous tutelle des pasdarans) et négociateur iranien du dossier nucléaire. C’est ce dernier qui aurait aujourd’hui les contacts les plus récents au sein des réseaux de l’aile sécuritaire des pasdarans.

    Si les Gardiens ne sont pas d’accords sur tout, ils restent unanimes sur leur besoin de protéger le régime. Vincent Eiffling, chercheur à l’Université catholique de Louvain, évoque une « connivence d’intérêts entre les Gardiens de la Révolution et le Guide suprême ». Pour lui, Ali Khamenei s’appuie aujourd’hui beaucoup plus sur eux que sur le clergé. Plusieurs semaines avant l’annonce des candidatures à la présidence, ils avaient déjà commencé à se positionner dans Téhéran pour éviter le moindre débordement, comme lors de la dernière élection. Vincent Eiffling remarque qu’ils « ont fait entendre par la voix de leur commandant suprême qu’ils ne voulaient pas voir la situation de 2009 se reproduire ».

     

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