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    Moyen-Orient

    Fatiha Dazi Héni sur RFI: un nouvel émir au Qatar ? «Ça ne change pas beaucoup»

    media Le prince Tamim, en mai dernier, lors d'une visite d'un stade. REUTERS/Fadi Al-Assaad

    Après dix-huit années passées au pouvoir, Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani a donc abdiqué au profit de son fils. Avec un prince de 33 ans, cheikh Tamim, c'est une nouvelle génération qui arrive à la tête d’un pays riche et influent sur la scène internationale. Fatiha Dazi Héni, politologue, maître de conférences à l'Institut d'études politiques (IEP) de Lille, répond à nos questions.

    RFI : L’émir était lui-même arrivé au pouvoir en 1995 mais sans vraiment attendre son tour ...

    Fatiha Dazi Héni : C’est clair, puisqu’il a renversé son père. C’était une tradition dans la famille al-Thani. Aujourd’hui, l’émir est arrivé au bout de son cycle et abdique en faveur de son fils. C’est vrai qu’il a annoncé plusieurs fois son désir de laisser un peu de pouvoir à celui-ci. C’est quand même une grande surprise dans la mesure où, dans le monde arabe, c’est inédit, en particulier dans cette région extrêmement conservatrice. C’est un acte très moderne.

    Justement, comment l’expliquer ? Est-ce que c’est une histoire de famille, une relation de confiance absolue ou plutôt quelque chose qui a été préparé pas à pas avec, par exemple, la prise de hautes fonctions par le prince déjà depuis plusieurs années ?

    C’est forcément une affaire de famille. Maintenant c’est vrai que l’émir, issu d'une famille tumultueuse, est habitué aux passations de pouvoirs qui se font de manière agitée au Qatar depuis des décennies. Il avait à cœur d’assurer la relève de manière officielle et transparente. Mais c’est surtout que l’on arrive dans la gouvernance du Qatar à la fin d’un cycle. C’est très lié aussi à la diplomatie trublionne du Qatar qui arrive à son terme, même si le pays continuera à être actif et dynamique. D’où l’abdication en faveur d’un très jeune, parce qu’il a 33 ans. Mais Tamim est décrit comme beaucoup plus réservé et il a à cœur de se concerter avec ses voisins, notamment l’Arabie saoudite. C’est aussi pour tourner la page d’un cycle qui commençait à s’essouffler.

    Avec des prises de décisions qui pouvaient surprendre, y compris dans la région ?

    Surtout dans la région, absolument. Et l’émir abdique parce que, évidemment, ça va s’accompagner de la fin de Hamad Ben Jassem, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Il partira aussi.

    Au-delà de cette passation de pouvoirs, y aura-t-il des changements en profondeur du côté du gouvernement ?

    En profondeur, il y aura essentiellement la dynastie al-Thani et la grande famille Al-Attiyah qui est liée familialement à la dynastie régnante. Ce sera une nouvelle génération et ce sera une nouvelle page de l’histoire du Qatar. Mais il est clair que sur la fin de Hamad Ben Jassem, l’émir a toujours annoncé qu’il partirait avec son compère avec lequel il a pris le pouvoir en 1995.

    Vous évoquiez rapidement la relation avec l’Etat saoudien. Justement, le roi d’Arabie saoudite a félicité le nouvel émir en lui adressant un message de confiance. Est-ce que ce renouvellement de la personnalité qui dirige le Qatar peut changer profondément les relations entre ces deux pays, entre ces deux forces régionales ?

    Tamim est le candidat des Saoudiens, clairement. Ce n’est pas pour cela que l’émir a abdiqué en faveur de son fils, mais la relation va très clairement se réchauffer et les choses se feront beaucoup plus en concertation avec Riyad que cela n’était le cas sous l’émir Hamad et son Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

    Si l’on regarde au-delà de cette région du Golfe, on a souligné déjà dans les premiers commentaires la proximité du prince avec plusieurs puissances occidentales, on pense en particulier à la France, aux Etats-Unis...

    Oui, mais ça c’est la continuité. L’émir Hamad ben Khalifa et le Premier ministre Hamad Ben Jassem étaient extrêmement proches de la France et de Washington. Donc ça, ça ne change pas grand-chose. C’est sur un plan régional et local que ça change beaucoup la donne.

    On s’est posé aussi la question du moment en particulier choisi avec cette crise en Syrie  : le Qatar a pris une position très ferme contre le pouvoir de Damas. Certains pensaient justement que la décision d’abdication serait peut-être remise à plus tard en fonction de cette tension régionale.

    Oui, mais les choses ne changeront pas. Le Qatar restera très en pointe sur la question syrienne. Il est probable que, dans la future équipe, figure le ministre d’Etat aux Affaires étrangères, Khaled al-Thani, qui gère la question syrienne. Ce qui va beaucoup changer, en revanche, c’est la concertation avec les Saoudiens et une diplomatie un peu plus calme.

    Et un changement d’homme et de génération, est-ce que cela peut faire boule de neige dans la région ?

    Malheureusement, je ne crois pas. Même si les Saoudiens sont très satisfaits de cette situation, c’est quand même aussi un pied de nez à l’Arabie saoudite qui est encore gérée par une gérontocratie : un roi certes qui a toutes ses facultés, mais qui a 90 ans, un prince héritier qui en a 80 et qu’on dit assez affaibli. Effectivement, le contraste est très saisissant. Je ne crois pas que cela fera bouger les choses en Arabie saoudite même si les princes de la troisième génération sont aux affaires aussi. Mais cela se fait d’une manière beaucoup plus progressive et au rythme saoudien. Ca ne changera pas beaucoup.

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