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Egypte : la communauté internationale appelle à un retour rapide du processus démocratique

media Le président par intérim Adly Mansour lors de sa prestation de serment le 4 juillet au Caire. EUTERS/Amr Abdallah Dalsh

En Egypte, au lendemain de la destitution par l'armée de Mohamed Morsi, le nouveau président par intérim, Adly Mansour, un magistrat, a prêté serment ce jeudi 4 juillet. Il a promis la tenue d’élections anticipées. La plupart des pays prennent acte mais appellent au calme et au retour à un processus démocratique. Un appel que partage le président français, François Hollande, en visite officielle en Tunisie.

François Hollande a appelé à « tout faire » pour relancer le processus démocratique en Egypte. «  Nous devons tout faire pour que le processus puisse reprendre sur la base du pluralisme et du rassemblement  », a jugé le président de la République française.

Toujours en Occident, certaines réactions ont été vives, comme en Allemagne où le ministre des Affaires étrangères a parlé d'un « échec majeur pour la démocratie en Egypte ».

Aux Etats-Unis, Barack Obama s'est dit profondément inquiet quelques heures après la chute de Mohamed Morsi. Il a appelé l'armée égyptienne à rendre rapidement toute l'autorité à un gouvernement civil démocratiquement élu. De son côté, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a lui aussi appelé à un retour à un gouvernement civil « aussi vite que possible ».

En Grande-Bretagne, le chef de la diplomatie a rappelé qu'il ne soutenait pas les interventions militaires dans un système démocratique.

Dans le Golfe persique, le Qatar a renouvelé son soutien à l'Egypte même s'il a soutenu les Frères musulmans après la révolution de 2011. Une réaction qui contraste avec celle de l'Arabie saoudite. Le roi Abdallah était, en effet, le premier à féliciter le nouveau président Adly Mansour, suivi rapidement par le Koweït, les Emirats arabes unis et Bahreïn.

Un « grand accomplissement »

La Syrie, avec qui le président Morsi avait rompu les relations diplomatiques, a estimé que sa chute représentait un « grand accomplissement ». Et plus surprenant encore, la Chine a affirmé soutenir le choix du peuple égyptien.

Du côté des partis islamistes, en Algérie, le Mouvement de la société civile pour la paix (MSP) – un parti qui revendique sa filiation avec les Frères musulmans – est assez nuancé.
Joint par RFI, Sid-Ahmed Boulil, cadre du MSP et ancien ministre, condamne fermement la destitution de Mohamed Morsi mais prend aussi quelques distances vis-à-vis de la manière dont M. Morsi a géré la transition en Egypte.

« C’est une leçon que nous devrions apprendre. Nous ne sommes pas encore au pouvoir ; nous sommes dans l’opposition. Si nous prenons le pouvoir, nous le gérerons par alliance et par coalition, a déclaré Sid-Ahmed Boulil. Nous ne le gérerons pas seuls parce que l’erreur c’est de dire : moi, je peux régler les problèmes tout seul. Nous tirerons les leçons de tout cela ».

Appel de la Mauritanie à la réconciliation nationale

En Mauritanie, à l'occasion de la conférence de presse hebdomadaire suivant le conseil des ministres, le ministre de la Communication et des relations avec le parlement et porte-parole du gouvernement mauritanien a réagi, lui aussi, ce jeudi 4 juillet, aux derniers évènements en Egypte.

Tout en se gardant de qualifier le changement de pouvoir, Mohamed Yahya ould Horma s'est dit « rassuré » face au déroulement des évènements qui aurait pu, selon lui, être pire.

Le porte-parole du gouvernement mauritanien a également enjoint les différents acteurs à mettre en œuvre, rapidement, les mécanismes prévus pour la réconciliation nationale.

« Notre position consiste à inviter les pôles politiques opposés à faire preuve de retenue ; à œuvrer dans le sens d’une entente et à activer le volet réconciliation puisque dans le schéma qui a été convenu par l’armée, il y a une commission nationale de réconciliation », a déclaré Mohamed Yahya ould Horma.

« Notre position est qu’il est urgent d’activer cette commission nationale de réconciliation pour que la situation soit calme et pour éviter une situation qui peut être désastreuse, pour le peuple égyptien, en ce qui concerne l’atteinte à la vie des citoyens mais aussi l’unité et la quiétude des citoyens égyptiens », a insisté le ministre de la Communication et des relations avec le parlement et porte-parole du gouvernement mauritanien, Mohamed Yahya ould Horma.
 

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