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    Moyen-Orient

    Egypte: espoir et prudence des anti-Morsi, colère de ses partisans

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    Les opposants à Mohamed Morsi l'ont emporté. Pourtant, au lendemain de cette victoire, jeudi 4 juillet, plusieurs centaines d'entre eux étaient encore rassemblés place Tahrir. Certains disent vouloir y rester jusqu'à ce qu'ils soient sûrs que le nouveau pouvoir a bien entendu leurs demandes. Dans le camp islamiste, c'est la colère qui domine. Les militants, proches des Frères musulmans, se disent déterminés à défendre le président Morsi et refusent de reconnaître l’autorité d’Adly Mansour, le président désigné par l’armée, qui a prêté serment hier matin, jeudi, au Caire.

    Avec nos envoyés spéciaux au Caire,

    L’Egypte a un nouveau président, Adly Mansour, mais Shaimaa Mohammad est revenue place Tahrir. Pour célébrer la victoire certes, mais aussi pour rappeler au prochain gouvernement que le pays appartient au peuple. « Bien sûr, on sait que les choses ne vont pas changer très vite, reconnaît-elle. Cela va prendre du temps, ce sera dur. Mais au moins, on sait où l’on va. On a appris de nos erreurs et j’espère qu’on ne les répétera pas. Le plus important ici, comme dans tous les pays, c’est l’économie. Si l’économie va mieux, nous aurons une meilleure éducation, une meilleure armée, nous pourrons mieux nous défendre… Les gens pourront s’épanouir ».

    Pour Aïcha Abdel Fattah, une mère de deux enfants, le plus important c’est maintenant de pouvoir vivre en paix et en sécurité : « Jusqu’à maintenant, nous avions toujours peur pour nos enfants, raconte-t-elle. Allaient-ils avoir une belle vie, ou allaient-ils mourir dans un acte de terrorisme ou autre chose ? Les gens veulent une vie digne, la liberté, un bon système qui inclut tout le monde, même les membres des Frères musulmans. Ce sont des Egyptiens comme les autres. Ceux qui n’ont pas violé des lois et n’ont pas commis de violences doivent être acceptés. Toutes les discriminations, toi tu es salafiste, toi tu es Frère musulman, on n’en veut plus. Il faut que l’on puisse vivre ensemble. Je fais confiance à la jeunesse, pas aux leaders ».

    Le nouveau pouvoir parviendra-t-il à répondre aux attentes de la population ? Ces citoyens anti-Morsi assurent qu’ils y veilleront.

    « Ce n'est pas mon président et ce ne le sera jamais ! »

    Dans le quartier de Nasr City, plusieurs milliers de partisans du président déchu sont toujours rassemblés autour d’une mosquée protégée par des barebelés et cernée par les blindés de l’armée égyptienne.

    Pour pénétrer dans le camp retranché des pro-Morsi, il faut passer les barrages de l’armée, puis ceux dressés par les militants eux-mêmes derrière un muret de parpaings. Armés d'un gourdin et équipé d'un casque, Mahmoud fait part de sa colère après la prestation de serment d’Adly Mansour, le nouveau président égyptien : « Ce n’est pas mon président et ce ne le sera jamais ! s'énerve-t-il. Je le connais pas ce type, Adly Mansour ! Le président véritable, c’est Mohammed Morsi. Mansour, il n’a fait que profiter d’un coup d’Etat militaire, il n’a aucune légitimité et il n’en aura jamais ! »

    Comme à Tahrir, des tentes ont été dressées pour abriter les militants. Certains d’entre eux se disent prêts à occuper les lieux aussi longtemps que nécessaire. « On se rassemble ici, explique l'un d'eux, il y a des appels à manifester dans toute l’Egypte pour soutenir le président légitime, le président Morsi ! Il faut qu’il puisse aller au bout de son mandat, il lui reste trois ans sur les quatre années qu’il devait faire ».

    Pour ne pas céder au camp adverse le monopole de la rue, les pro-Morsi défileront ce vendredi 5 juillet dans la capitale égyptienne, au nom disent-ils, de la démocratie bafouée et du président déchu.

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