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    Moyen-Orient

    Egypte : Abdel Fatah al-Sissi, un nouvel homme fort au Caire

    media Abdel Fatah al-Sissi semble désormais bien installé sur le fauteuil de juge-arbitre. AFP PHOTO / KHALED DESOUKI

    Inconnu avant que Mohamed Morsi n’en fasse son ministre de la Défense en août 2012, Abdel Fatah al-Sissi est le nouvel homme fort du Caire. Aux premières loges pour constater l’échec des Frères musulmans, il a profité d’un vaste mouvement populaire et du soutien américain pour renverser le régime et imposer une feuille de route aux forces politiques du pays.

    C’est bien le moins pour un militaire, Abdel Fatah al-Sissi, s’est révélé fin stratège depuis son arrivée au gouvernement égyptien. Quand il avait été nommé ministre de la Défense en août 2012 par Mohamed Morsi pour remplacer le maréchal Tantaoui, peu de monde aurait pensé que, moins d’un an plus tard, ce général né au Caire il y a 59 ans, émergerait comme le nouvel homme fort du pays. Jusqu’alors, il était en effet resté dans l’ombre, et pour cause : son poste de chef des services de renseignement lui imposait la plus grande discrétion.

    Le fait que ce père de quatre enfants, réputé très pieux, soit appelé par Morsi avait été perçu comme une marque d’allégeance aux Frères musulmans, d’autant qu’un membre de sa famille - un cousin de son père - avait été, en son temps, un membre influent de la confrérie. Mais on peut être un fervent pratiquant de l’islam sans nécessairement adhérer aux idées radicales des Frères.

    Crispations et camouflet

    Le général Abdelfatah al-Sissi annonce la destitution de Mohamed Morsi à la télévision égyptienne, le 3 juillet 2013 AFP/EGYPTIAN TV

    Au fur et à mesure que le film du renversement de Mohamed Morsi se rembobine plus clairement, il apparaît en fait qu’al-Sissi a su faire preuve de sang-froid et de doigté pour permettre à l’armée de retrouver son rôle d'arbitre de la scène politique. Même s’il n’est pas arrivé dans l’équipe du gouvernement Morsi animé d’arrière-pensées putschistes, la gestion du pouvoir du président élu a rapidement irrité cet homme désireux de redorer le blason de l’armée, blason terni par la gestion peu reluisante du maréchal Tantaoui durant les seize mois de transition qui se sont écoulés entre la chute d’Hosni Moubarak (février 2011) et l’élection de Mohamed Morsi avec 51,73% des voix (juin 2012).

    Les premières crispations interviennent à l’automne 2012 quand les militaires réalisent que Mohamed Morsi veut mener une politique moyen-orientale en rupture avec leurs propres conceptions et mettre ainsi, selon eux, en danger la sécurité nationale du pays. Elles vont redoubler quand les libéraux et les chrétiens cesseront leur participation à l’Assemblée constituante fin novembre 2012. Désireux de trouver un consensus pour sortir de l’impasse politique, al-Sissi croit toucher au but quand il convainc Morsi de participer à une table ronde avec ses opposants. Mais ce dernier lui fait faux bond au dernier moment puis passe en force pour imposer ses lois, un camouflet qui va marquer le point de non-retour dans les relations entre les deux hommes

    Au fil des mois, le général va devenir de plus en plus irrité par ce qu’il perçoit comme une paranoïa des Frères musulmans, désireux de s’arroger un à un tous les pouvoirs. Le summum est atteint quand, le 17 juin dernier, Mohamed Morsi remplace dix-sept des vingt-sept gouverneurs que compte le pays, désignant notamment un membre du groupe islamiste radical Gamaa Islamiya à la tête de la province de Louxor. Un comble ! Le mouvement de contestation Tamarod est à ce moment-là déjà en marche avec pour cible la date du 30 juin qui doit marquer le premier anniversaire de l’arrivée de Morsi au pouvoir. Plus de 20 millions d’Egyptiens ont signé une pétition pour le destituer du poste de président.

    Compte à rebours

    Fort de ce soutien, al-Sissi pose un ultimatum au président : se soumettre à un référendum ou partir. Evidemment, Morsi refuse, persuadé que les Américains ne permettront pas ce qu’il assimile à un coup d’Etat militaire. Erreur. Après son refus, il est arrêté sur-le-champ sur ordre de celui qu’il a nommé dix mois et demi plus tôt ministre de la Défense en toute confiance. Au terme « coup d’Etat », Abdel Fatah al-Sissi préfère « soulèvement populaire appuyé par l’armée », une nuance sémantique qui fait toute la différence : mieux que quiconque, il sait que le Congrès américain supprimerait son aide annuelle de 1,3 milliard de dollars qui court depuis 1979 et les accords de paix avec Israël.

    Abdel Fatah al-Sissi avec le chef de la diplomatie américaine John Kerry, le 3 mars 2013 au Caire. AFP PHOTO/POOL/JACQUELYN MARTIN

    Sorti de l’Académie militaire du Caire en 1977, Abdel Fatah al-Sissi avait ensuite poursuivi sa formation en Angleterre puis aux Etats-Unis, comme nombre de hauts gradés égyptiens. Ces derniers mois, il aurait d’ailleurs été en contact très étroit avec Chuck Hagel, le ministre américain de la Défense, les Etats-Unis ayant réalisé qu’ils avaient fait une erreur en soutenant Mohamed Morsi.

    Cette proximité avec les Américains lui est évidemment déjà reprochée par ses adversaires mais, pour l’heure, Abdel Fatah al-Sissi est bien l’homme fort de l’Egypte, celui qui a déposé le président élu et imposé une feuille de route pour sortir le pays de la crise politique actuelle.

    Reste que le temps presse au regard de l’état catastrophique de l'Egypte sur le plan économique (à titre d’exemple, les réserves de blé ne dépasseraient pas les six semaines) et d’une situation politique qui demeure des plus instables comme le démontrent les affrontements qui se poursuivent entre pro et anti-Morsi et le récent refus des salafistes d’avaliser la nomination de Mohamed el-Baradei au poste de Premier ministre. Si le chaos succédait à l’instabilité, al-Sissi pourrait même se poser en homme du dernier recours. Mais c’est une éventualité qu’il ne souhaite probablement pas lui-même voir se réaliser.

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