Fin de parcours pour l’intellectuel palestinien juif Ilan Halevi

Disparition, ce mercredi 10 juillet 2013, d’un homme au parcours étonnant. Ilan Halevi, juif né en France, avait épousé la cause palestinienne au point de devenir un proche conseiller de l'ancien président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat. Il est décédé en Allemagne, où il était hospitalisé.
De notre correspondant à Jérusalem
C’est dans la France occupée qu’Ilan Halevi a vu le jour en 1943, dans une famille de résistants juifs communistes. Musicien de jazz puis journaliste à la radio malienne, Ilan Halevi s’installe en Israël à la fin des années 1960, mais milite dans des organisations antisionistes.
Son parcours épouse ensuite le mouvement national palestinien. Il occupe plusieurs fonctions au sein du Fatah, le parti de Yasser Arafat, dont il deviendra un proche conseiller. Vice-ministre palestinien des Affaires étrangères, représentant du Fatah au sein de l’International socialiste, Ilan Halevi était avant tout un intellectuel, auteur de plusieurs ouvrages consacrés au conflit israélo-palestinien. « Je suis 100% juif et 100% arabe », avait-il dit un jour.
Petit homme rond, barbu, au regard vif, polyglotte, il fut régulièrement interviewé sur l’antenne de RFI dans les années 2000, au moment de la seconde Intifada et de l’enlisement du processus de paix. Ces dernières années, Ilan Halevi avait quitté Ramallah pour s’installer en Europe. Il s’y est éteint à l’âge de 69 ans.
Le militant israélien de gauche Michel Warschawski lui rend hommage sur sa page Facebook : « Nous n’héritons pas notre identité ; nous la créons (…) Et cette identité est toujours multiple. Pourtant, je n’ai connu personne qui avait une identité aussi multiple qu’Ilan, à tel point que même ses plus proches s’y perdaient. »
En France, le Parti socialiste salue « un militant infatigable et chaleureux de la cause palestinienne, qu’il défendait avec lucidité, humour et conviction ».

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Que le PS rende hommage à
Que le PS rende hommage à Ilan Halevi, étrange et hypocrite, car le PS officiel, au-delà de quelques personnalités du PS plus déterminées, a toujours été bien moins antisioniste, anti-occupation, anti-colonies que ce cher Ilan, homme courageux qui ne bridait pas ses critiques. Jospin partant pour Israël et les "territoires palestiniens" d'alors n'a pas voulu lire son dossier préparé par le Quai d'Orsay, s'est planté dans ses discours avec des phrases improvisées, et s'est fait caillassé à Bir Zeit. A la Knesset, Mitterrand avait modéré le discours préparé. Lors de la campagne présidentielle de 2002, sur FR2,DSK,directeur de campagne de Jospin, s’est méchamment moqué de José BOVE qui était intervenu quelques jours avant en territoires occupés contre une patrouille militaire israélienne qui voulait bloquer le passage. Cette sortie révélatrice de DSK a du faire perdre alors 200 à 300 000 voix à Jospin. Le PS a viré un de ses membres éminents et "intellectuel honnête" de surcroit, pour un projet de rapport critique sur la politique israélienne au temps du 1er mandat récent de Netanyahou. Il y a une douzaine d’années une vice-présidente de l’Internationale Socialiste m’a dit clairement « l’IS est dans la main des israéliens ». Les quelques spécialistes du monde arabe, membres du PS, qui avaient des contacts depuis longtemps avec les palestiniens ont toujours été marginalisés au PS.