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    Moyen-Orient

    Ahmed Azouz, l'homme qui rêve de reconstruire Alep

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    Entre politique, humanitaire et activisme, Ahmed Azouz manœuvre comme il le peut. Avec les moyens du bord, il s’échine à mettre en œuvre des projets d'intérêt public dans sa ville.

    Chaque jour, environ cent civils trouvent la mort à Alep, deuxième ville du pays située à 35 km de la frontière avec la Turquie, où les combats font rage entre les rebelles et l’armée syrienne. Depuis juillet dernier, près de la moitié de la ville est passée sous contrôle des rebelles qui comptent dans leurs rangs de plus en plus de combattants islamistes.

    C’est dans cette moitié « libérée » que M. Azouz tente d’incarner sa fonction de président du Conseil local libre d’Alep. Un titre alambiqué pour cet élu rebelle de 33 ans qui a la complexe tâche de rétablir un semblant de service public dans une zone de guerre où il manque de tout.

    Un premier pas vers une gouvernance ?

    « Mon rôle, c’est le service auprès de la population civile. Mes priorités sont l'électricité, la santé, l’acheminement de l’eau potable, mais aussi l’approvisionnement en nourriture, l’éducation... », précise-t-il lors d’un entretien à Paris où il s’est rendu une dizaine de jours pour notamment rencontrer des responsables politiques français et européens. Et d’ajouter : « Chaque journée est un parcours du combattant. Mais si je ne le fais pas, d’autres le feront et ce seront peut-être des islamistes radicaux ».

    Avant, M.Azouz travaillait comme comptable tout en étant entrepreneur dans le secteur de l’informatique. Au début de la révolution qui a démarré le 15 mars 2011 à Deraa dans le sud du pays, il a pris la tête d’un petit groupe de coordination d’activistes à Alep avant d’être interpellé par les forces du régime de Bachar el-Assad. A sa libération, il devient d’abord une sorte de «maire» du quartier rebelle d’Hanano à Alep.

    Le 1er mars 2013, à Gaziantep en Turquie, des membres de l’opposition syrienne se sont réunis pour élire les responsables locaux des zones « libérées » de la province d’Alep. Un système électoral expérimental qui a rassemblé 225 « grands électeurs » issus des villes et villages de la province qui ont voté pour élire 29 membres qui représenteront les intérêts de la population civile de la province. Un premier pas pour tenter de restaurer un semblant de gouvernance dans le chaos de la guerre d’où ont émergé des groupes et des bandes islamistes radicaux de plus en plus influents.

    « Gouverner avec 300 000 dollars »

    « L’Occident et la communauté internationale font plus attention aux animaux morts en Occident qu’aux civils tués en Syrie. » De sa voix calme et posée, M. Azouz raconte les 11 000 morts en deux ans à Alep, les près de 4 000 disparus, les maisons en ruines et le patrimoine détruit par les bombardements de l’armée syrienne.

    De sa visite en France où il a été reçu par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, il se contente de lâcher, diplomate: « J’ai senti une volonté de nous aider à réaliser nos projets prioritaires. Depuis deux ans, la communauté internationale dit qu’elle va soutenir la société civile mais nous n’avons pas reçu de véritables aides humanitaires ou financières ».

    Depuis son élection en mars dernier, il dit avoir reçu 300 000 dollars de la part de la Coalition nationale syrienne et quelques dons d’ONG. « Que faire avec 300 000 dollars pour les deux millions d’habitants des zones libérées ? » M. Azouz esquisse un sourire puis son visage se referme : « Tout est à reconstruire ». Depuis son petit local du centre-ville d’où il œuvre, il dit veiller sur 500 employés rémunérés.

    Mais à l’instar de la Coalition nationale syrienne, ces « élus » sont inconnus voire ignorés ou moqués parmi les combattants. « Personne ne le connaît ici. Avec leurs dollars, on ne voit rien qui avance pour nos familles », déplore un soldat de l’Armée syrienne libre joint par Skype. Il faudra du temps et de l’argent mais surtout des résultats concrets pour assoir des institutions politiques reconnues et compétentes capables de constituer un soubassement d’une éventuelle future démocratie. Pour certains, c’est une utopie. Pour ceux qui y croient aussi. Et M. Azouz de le rappeler : « Le but de cette révolution est la démocratie ».

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