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    Moyen-Orient

    Iran: l'héritage des deux mandats d'Ahmadinejad

    media La population iranienne est totalement dépendante des cargaisons de céréales et d’autres denrées alimentaires qui sont déchargées dans les ports du pays. (Photo: port d'Oman Khasab, 13 mars 2012). Karim Sahib /AFP

    Après huit années passées sous le règne d'Ahmadinejad, l'Iran est un pays au bord du gouffre. Malgré les hauts revenus générés par le pétrole, la situation économique est catastrophique. Selon de nombreux observateurs, la gestion idéologique et l'incompétence technique ont causé de tels ravages que les Iraniens ont du mal à garder espoir en l'avenir et qu'une grande partie de la jeunesse part à la dérive.

    Hassan Rohani, le nouveau président de la République islamique d’Iran, prend les rênes du pouvoir dans une situation économique jugée catastrophique par de nombreux observateurs. Selon Isa Kalantari, l’un des conseillers du nouveau président, après huit années d’exercice du pouvoir, Ahmadinejad laisse à son successeur un pays au bord du gouffre. Les caisses de l’Etat et de la Banque centrale sont vides ; les ports, les entrepôts aussi. S’il arrivait par malheur que pendant un mois les ports du pays ne soient plus en mesure d’accueillir et de décharger les cargaisons de céréales et d’autres denrées alimentaires, la population mourrait de faim.

    Un bilan économique désastreux

    Tout n’est pas imputable à l’embargo pétrolier et financier infligé par les Etats-Unis et l'Union européenne à l’Iran à cause de son programme nucléaire. Les mots d’ordre des deux gouvernements successifs d’Ahmadinejad étaient « Bienveillance » et « Justice sociale ». D’après les rapports du ministère du Pétrole et du Centre des recherches de l’Assemblée islamique, malgré les très hauts revenus du pétrole entre 2005 et 2010 s’élevant à 630 milliards de dollars, l’Etat se trouve aujourd’hui endetté à hauteur de 800 millions de dollars envers la Banque centrale d’Iran et le secteur privé.

    Pendant les deux mandats présidentiels d’Ahmadinejad, 83% des revenus pétroliers ont été engloutis à l’importation. Le plan des entreprises à rentabilité rapide a échoué. En dépit de l’octroi d’un crédit de plus de 13 milliards de dollars à ces entreprises, ce plan n’a pas favorisé la création des emplois que ses concepteurs avaient promis, d’autant que les fonds d’investissements ayant financé ce plan rencontrent aujourd'hui de sérieuses difficultés financières.

    Les soi-disant privatisations qui devaient favoriser un sursaut économique ont en pratique abouti à la mainmise des institutions paragouvernementales sur les entreprises appartenant naguère à l’Etat.

    La mise en œuvre du plan « Mehr » (« Bienveillance ») pour le logement au lieu de susciter la baisse des prix de l’immobilier dans les agglomérations urbaines, a eu comme conséquence la construction de logements dans des régions dépourvues d’infrastructures nécessaires, dilapidant ainsi les fonds de l’Etat et de la Banque du Logement. Les prochains gouvernements auront des années durant du pain sur la planche pour régler les problèmes juridiques et financiers engendrés par ce plan.

    Avec la dissolution de l’Organisation de Gestion et de Planification, qui remplissait jadis une fonction capitale dans la conception et la mise en œuvre des budgets annuels et des plans de développement, les gouvernements successifs d’Ahmadinejad ont pratiquement ôté aux plans et budgets de l'Etat toute surveillance technique et exécutive en réduisant ainsi leur efficacité et la pertinence de leur orientation.

    Iran: l’un des pays les plus corrompus de la planète

    Malgré le redoublement de l’injection des revenus pétroliers dans le budget de l’Etat, la part du budget de l’aménagement et du développement est passée de 30% du budget annuel en 2003 à moins de 14,5% en 2011 et à un niveau encore plus bas en 2012. Ce choix délibéré a eu pour effet, d’une part, la dépendance de plus en plus incontournable de l’Etat aux revenus pétroliers et, de l’autre, la hausse vertigineuse de l’inflation dont les premières victimes sont les couches les plus fragiles de la société.

    Le 4e plan quinquennal de développement (2005-2009) prévoyait un taux d’inflation annuel de 9,9% en moyenne, mais il n’a pas fallu attendre longtemps pour que ce taux atteigne 16,1% puis 20,6% et en 2012, 31,5%. Selon un rapport récent de la Banque centrale d’Iran, au mois de mai 2013, le taux d’inflation était de 45,1% .

    Pendant les deux mandats d’Ahmadinejad, la Banque centrale d’Iran a perdu jour après jour son indépendance à l’égard de l’Etat, ne pouvant plus, de ce fait, garantir la stabilité monétaire et économique du pays. Malgré l’inflation galopante, on a assisté à une baisse des taux d’intérêt et des facilités bancaires qui a profité principalement à une poignée de chefs d’entreprises ayant des accointances avec le pouvoir politique leur permettant d'avoir des rentes faramineuses sans se soucier de les rembourser. Cette baisse a acheminé les épargnes bancaires vers le marché de l’immobilier, des actions, de l’or et des devises. La corruption bancaire et financière s’étant accentuée, l’Iran est aujourd’hui, selon l’organisation internationale de la transparence (Transparency International), l’un des pays les plus corrompus de la planète. Parmi les 180 pays classés par ordre décroissant de corruption, l’Iran se trouve au 168e rang.

    Une jeunesse à la dérive

    Dans les premiers mois de 2012, la masse monétaire iranienne dépassait la somme de 130 milliards de dollars. Pendant les neuf mois suivants, elle a été augmentée de 32%. Cette masse s’accroît chaque mois en raison de la distribution des subsides qui augmentent eux aussi et qui sont une des principales causes du cycle inflationnaire de l’économie iranienne.

    Le taux de chômage est invérifiable en Iran et tout le monde convient qu’on ne peut pas se fier aux statistiques fournies par les sources gouvernementales. Pourtant, quelques chiffres méritent d’être rapportés. Selon Tasnim News Agency, en 2012, le taux de chômage des jeunes de 15 à 29 ans était de 26,5% dans les villes et de 17,7% dans les régions rurales. Au total, le taux de chômage masculin était, cette année-là, de 20,1% et parmi les femmes aptes à travailler à hauteur de 40,3%.

    Ce tableau sombre de la situation économique du pays, qui n'a cessé d’empirer année après année, entraîne inévitablement des conséquences sociales désastreuses. Il y a longtemps que la majorité des jeunes iraniens ont cessé de croire en un avenir meilleur, d’où la dérive d’un grand nombre d’entre eux qui se noient dans la drogue ou la prostitution. Le désarroi des familles iraniennes face à l’avenir de leurs enfants est immense. La drogue sévit aussi bien dans les villes que dans les villages. Les Iraniens n’ont pas l’habitude de laver leur linge sale en public et c’est pourquoi on les entend rarement parler de ces fléaux.

     

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