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    Moyen-Orient

    Syrie: le Père Dall’Oglio, «l'homme libre» de Raqqah, serait l'otage des jihadistes

    media Le père Paolo Dall'Oglio, en septembre 2012 à Paris. AFP / Kenzo Tribouillard

    La piste de l’enlèvement en Syrie du Père Paolo Dall’Oglio ne fait plus guère de doutes, même si l’acte n’a pas encore été confirmé ni revendiqué. On est sans nouvelle du religieux italien, disparu dans la région de Raqqah, au nord du pays, depuis le 29 juillet dernier. Partisan engagé de l’opposition et célèbre promoteur du dialogue inter-religieux, il tentait une médiation pour une libération d’otages aux mains de jihadistes locaux. A Raqqah, les manifestations anti-jihadistes se succèdent pour réclamer, notamment, sa libération.

    Depuis deux semaines, des manifestations anti-jihadistes en général, et demandant la libération du Père Dall’Oglio et de militants détenus en particulier, se succèdent à Raqqah. C’est dans cette ville du nord de la Syrie que le prêtre italien a été aperçu pour la dernière fois, le 29 juillet dernier.

    Après le Vatican et la communauté jésuite, le gouvernement italien avait exprimé son inquiétude quant au sort du religieux. « Il a apparemment été kidnappé par un groupe islamiste » qui est « une version locale d'Al-Qaïda », a déclaré, mardi 6 août, la chef de la diplomatie italienne Emma Bonino. Le dernier témoignage connu du Père remonte au 29 juillet au soir. « Si je ne reviens pas dans 72 heures vous devez vous préoccuper. »

    Le samedi 27 juillet, le Père Dall’Oglio écrivait sur sa page Facebook : « Je me suis rendu aujourd’hui à Raqqah et j’étais rempli de joie pour deux raisons, la première est parce que je me trouvais en territoire syrien et dans une ville libérée et la deuxième en raison de l’accueil formidable que m’a réservé cette jolie ville. C’est l’image de la nation que nous voulons pour tous les Syriens. »

    Mission délicate

    En juin 2012, il obéit à son diocèse qui lui demande de quitter son pays d’adoption. Quelques mois plus tôt, il avait ignoré un arrêté d’expulsion du gouvernement syrien qu’il critiquait avec virulence. Il s’exile au Kurdistan irakien. Puis, à une date indéterminée, il retourne en Syrie en catimini pour se rendre dans la ville de Raqqah. Depuis le 4 mars 2011, au tout début de la révolution, Raqqah est la seule capitale de province syrienne contrôlée par l’opposition armée.

    Aujourd’hui, elle est sous la coupe de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda, qui a étendu ses activités de l’Irak à la Syrie. La mission que se serait fixé le Père Dall’Oglio - mais dont l’objet précis reste encore flou - était au moins délicate, sinon particulièrement risquée.

    Selon l’OSDH, Paolo Dall'Oglio était parti à la rencontre des jihadistes pour négocier la libération d’otages. Le site Vatican Insider, cité par l’AFP, a quant à lui affirmé que le Père voulait contribuer à réconcilier les Kurdes et les islamistes dans cette région du nord de la Syrie : les Kurdes sont accusés par les islamistes d'agir en faveur du régime de Bachar al-Assad, et les Kurdes soutiennent que l'EIIL détient des otages de leur groupe.

    Selon le journal La Croix, le prêtre avait dénoncé les violences commises par l’EIIL dans une localité kurde, située à la frontière avec la Turquie.

    « Passionné »

    Difficile, malgré les risques évidents qu’il encourait et les recommandations de ses proches, de qualifier le religieux de tête brûlée, selon une journaliste qui connaissait bien le Père Dall’Oglio. Basée dans la région depuis plusieurs années, elle l’a fréquenté à de nombreuses reprises, notamment au cours des rencontres islamo-chrétiennes instaurées par l’ecclésiastique. « C’est un homme rempli d’espoir et de passion pour ce pays. Il a toujours agi en faveur du dialogue, jusqu’à prendre ces risques, que nous n’avons pas à juger. De plus, il connaissait très bien la mouvance islamiste », précise-t-elle, avant d’ajouter : « Beaucoup de gens sont enlevés, surtout dans cette zone, et surtout des Kurdes. Quand on se rend en Syrie, on a un 'risque' sur deux de se faire attraper. »

    « Beaucoup de questions restent en suspens », poursuit notre consoeur. « Aucun dialogue n’est possible avec ces gens, ils se méfient de tout le monde. Peut-être avaient-ils peur de cet orateur charismatique opposé à l’islamisation du pays ? A Raqqah, selon les informations dont je dispose, les islamistes ont organisé la société selon leurs propres règles : port du voile obligatoire, tribunaux islamiques... Ces groupes nuisent bien évidemment à l’image de la rébellion. Le problème, c’est que ces islamistes se moquent totalement de leur propre image et de l’avenir de la Syrie. Ils viennent faire leur jihad en Syrie contre les chiites, c’est tout. »

    Paolo Dall'Oglio a foi en l’être humain. Pour lui, il était sûr que les islamistes radicaux changeraient au contact des Syriens

    Nadia Braendle

    Secrétaire de l'association des amis de Mar Moussa

    12/08/2013 - par Aabla Jounaïdi Écouter

    Un électron libre

    Le Père Paolo Dall’Oglio, personnage massif et écouté, habitait en Syrie depuis plus de trente ans. A son arrivée à Damas, au tout début des années 1980, il reconstruit peu à peu l’antique monastère de Mar Moussa (Saint-Moïse l’Abyssin), et fonde la communauté Al-Khalil (« l'Ami de Dieu »). Il devient très vite un infatigable fer de lance du dialogue islamo-chrétien dans la région.

    Jusque juin dernier, à l’occasion de la sortie de son dernier livre, La rage et la lumière, un prêtre dans la révolution syrienne, il était encore à Paris pour faire la tournée des médias occidentaux, français notamment, pour faire entendre ses prises de positions, fermement engagées aux côtés de la rébellion syrienne. Il était favorable à un armement des rebelles. Un paradoxe pour cet apôtre de la non-violence, à laquelle il a finalement renoncé devant l’inaction de la communauté internationale. « Personne n’a répondu à notre appel. Le combat pour la liberté nous oblige à prendre les armes et oblige les autres à nous secourir », regrettait-il sur France Inter le 5 mai 2013.

    L’homme est réputé pour son franc-parler, qui gêne jusqu’à ses coreligionnaires : « C’est une grande gueule, il dit ce qu’il pense », explique la journaliste précédemment citée et, face au massacre en cours, « il n’a pas voulu faire semblant [de critiquer] le régime. De l’autre côté, il n’a pas hésité à dénoncer ouvertement les positions plus que dociles de certains responsables religieux. » Un homme libre, jusque-là.

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