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    Moyen-Orient

    Bahreïn: une fête nationale sous tension à Manama

    media La plupart des commerces du village de Saar, à l'ouest de Manama étaient fermés ce 14 août. Les opposants ont demandé aux propriétaires d'échoppes de fermers leurs magasins en signe de soutien à la protestation. REUTERS/Hamad I Mohammed

    L'opposition à Bahreïn regarde l'Egypte en modèle. Elle rêve de reproduire la révolution de 2011. Le groupe Tamarod en référence au mouvement d'opposition égyptien appelle à une grande mobilisation, aujourd'hui, jour de la fête de l'indépendance de Bahreïnpour réclamer l'instauration d'un régime démocratique. Mais le pouvoir a interdit toute manifestation.

    Le mouvement Tamarod, en référence au mouvement égyptien, appelle à manifester devant l'ambassade des Etats-Unis à Manama, mais le régime est décidé à empêcher ce rassemblement. Le 14 août marque la fête de l'indépendance de Bahreïn, ce petit pays du golfe Persique, tout proche de l'Arabie saoudite. Les manifestants et l'opposition ont annoncé leur intention de manifester début juillet.

    Le Parlement réclame plus de sévérité

    Le Parlement bahreïnien s'est réuni en session extraordinaire, fin juillet, pour faire 22 recommandations au roi. Ces recommandations vont toutes dans le même sens : il faut plus de sévérité et les manifestations doivent cesser. Le roi Hamad a pris acte. Il a interdit sine die par un décret du 29 juillet dernier tout rassemblement dans la capitale, Manama.

    Adel al Maawda, membre du Conseil de la Choura et membre d'un parti salafiste proche de l'Arabie saoudite, a voté dans ce sens. Pour lui, les manifestations de l'opposition doivent cesser. Elles durent depuis deux ans : « Ce que nous avons à Bahreïn ce n'est pas vraiment une opposition politique, c'est un mouvement qui est dirigé par l'Iran. Cette démocratie qu'ils veulent, c'est celle qu'on voit en Iran et en Irak. Nous sommes contre ce modèle de pseudo-démocratie. Même les chiites de Bahreïn en ont assez des actes terroristes, mais ils ont peur. Ils essaient de détruire le pays. Ils mettent à mal la sécurité et l'économie donc ces actes de violence et de terrorisme doivent s'arrêter par n'importe quel moyen ».

    17 mars 2011, la contestation fortement réprimée par le roi

    Bahreïn a eu son « printemps arabe ». Le mouvement de contestation commence en février 2011 et très vite les manifestations prennent de l'ampleur. La place de la Perle à Manama devient le Tahrir Square de Bahreïn, la place de la liberté. Le 17 mars, avec l'aide de l'armée saoudienne, le roi envoie l'armée disperser le campement. Il y aura plusieurs morts et des milliers d'arrestations. Des dizaines d'opposants ont été condamnés à des peines de prison très lourdes voire des peines à vie pour avoir demandé des réformes politiques.

    L'opposition bahreïnienne, mais aussi les jeunes ont défilé pour plus de démocratie, pour le départ du Premier ministre en poste depuis quarante ans et pour dénoncer la discrimination envers la majorité chiite. La répression du mouvement a enclenché un cycle de manifestations avec, presque chaque, jour des affrontements avec la police. Les forces de sécurité utilisent des balles en caoutchouc et de la grenaille. Certains groupes de manifestants lancent pierres et cocktails Molotov et le mouvement se radicalisant, il y a des attaques régulières contre des voitures des forces de sécurité.

    Multiplications des arrestations

    Le régime a tout fait pour empêcher que la manifestation prenne de l'ampleur. Samedi dernier le Premier ministre, Khalifa ben Salmane Al Khalifa a donné un message en forme d'avertissement : « Cette île demeurera la flamme qui brûlera ceux qui cherchent à nuire à sa sécurité et à sa stabilité ».

    Les arrestations se multiplient depuis quelques semaines. Myriam al Khawaja du centre bahreïnien pour les droits de l'homme n'a pu rentrer dans son pays. Il y a cinq jours, les autorités de Bahreïn ont demandé à British Airways de l'empêcher de monter à bord de l'avion qu'elle devait prendre. La militante est persuadée que le régime va tout faire pour empêcher le rassemblement des manifestants le jour de la fête nationale : « Depuis que Tamarod a annoncé la manifestation, on a vu une multiplication des raids de la police. Avant il y en avait 6 par nuit, aujourd'hui ça va de plusieurs dizaines à 200 maisons et ce, de jour comme de nuit. Le but c'est de créer un sentiment de peur parmi la population. Nous avons vu aussi une augmentation des arrestations, par exemple les gens qui veulent aller à la Mecque ou en Arabie saoudite sont arrêtés à la frontière, il y a aussi les arrestations dans la rue ou durant les raids de la police. Nous avons des rapports, des nouvelles statistiques tous les jours ».

    Selon les ONG internationales, il y a 2500 personnes en prison et 80 personnes sont décédées en deux ans. Un blogueur bahreïnien a été arrêté, son avocat a été arrêté pour avoir tweeté sur les marques de coups vues sur son client, une jeune enseignante américaine a été expulsée parce qu'elle écrivait sur plusieurs blogs des papiers sur la situation dans l'île.

    Stéphanie David, de la Fédération internationale des droits de l'homme, voit une dégradation de la situation depuis deux ans. Bahreïn ne respecte pas ses engagements ou ses promesses, selon elle : « Nous sommes de plus en plus dans une logique sunnites contre chiites, c'est-à-dire manifestants contre le gouvernement et le régime. Cette cristallisation est évidente. On ne voit pas ou cela peut mener le pays ».

    Officiellement un dialogue national est engagé pour sortir de l'impasse politique. L'opposition a quitté le Parlement en 2011 pour dénoncer la répression du mouvement de protestation. Une réunion doit avoir lieu le 24 août prochain.

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