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    Moyen-Orient

    Egypte: la diplomatie occidentale montre ses limites, les pays du Golfe en profitent

    media Le Caire, 17 août 2013. REUTERS/Youssef Boudlal

    Les ministres des Affaires étrangères européens doivent se réunir mercredi 21 août à Bruxelles pour évoquer d'éventuelles sanctions financières à l'encontre de l'Egypte. L'Union européenne espère ainsi pousser Le Caire à mettre un terme à la violente répression de l'opposition islamiste.

    Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères européens, sur l'Egypte, se tiendra mercredi à Bruxelles. Les ambassadeurs des 28 pays membres se sont déjà retrouvés ce lundi 19 août. L'Union européenne (UE) cherche la meilleure manière d'utiliser ses liens économiques avec l'Egypte pour faire pression sur Le Caire.

    Après les Etats-Unis au début du mois, c'est donc l'Europe qui menace aujourd'hui de suspendre son aide financière de 5 milliards d'euros, promise pour 2012-2013. Bruxelles menace de geler cette somme pour la période 2013-2014 afin de faire entendre raison au Caire.

    D'autre part, l'UE pourrait aussi menacer de suspendre un accord d'association remontant à 2001, qui comprend notamment des protocoles de libre-échange sur certains biens industriels et des accords préférentiels sur les transactions agricoles.

    L'Egypte sous perfusion

    L'Egypte est littéralement dépendante de ses partenaires économiques. Les recettes extérieures par exemple (celles du tourisme, des transferts des expatriés, des ventes d'hydrocarbures...) représentent 15% de son produit intérieur brut (PIB).

    Les réserves de change égyptiennes n'étaient plus que de 12 milliards d'euros fin juin. De quoi couvrir à peine plus de trois mois d'importations de biens et services. Or l'Egypte a un besoin absolu d'importations, notamment en céréales. Le pays en est le premier consommateur mondial. L'an dernier, l'Egypte a importé environ 10 millions de tonnes de blé, soit plus de la moitié de sa consommation.

    Mi-juillet, Le Caire estimait pouvoir se retrouver à court de céréales dans les deux mois. Elle a donc demandé de l'aide à ses fournisseurs européens, notamment à la France pour qu'elle stocke gratuitement des céréales et qu'elle accorde des facilités de paiement. Mais l'Egypte connaît aussi des pénuries de carburant. Le pays doit 6 milliards d'euros aux compagnies pétrolières opérant sur son territoire, ce qui limite sa capacité d'importation.

    Beaucoup de bruit pour rien

    Sans donateurs occidentaux, l'Egypte se tourne donc vers ses voisins du Golfe. Le chef de la diplomatie saoudienne a rappelé ce lundi le soutien indéfectible de son pays. « Ceux qui ont annoncé l'arrêt de leur aide à l'Egypte ou menacent de le faire doivent réaliser que la nation arabe et islamique, avec les ressources dont elle dispose, n'hésitera pas à apporter son aide à l'Egypte », a déclaré le prince Saoud al-Fayçal.

    L'Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis ont déjà annoncé le mois dernier une aide financière de 9 milliards d'euros. La marge de manœuvre européenne reste donc limitée. D'abord, le plan d'aide européen est déjà gelé depuis un moment, faute de réformes démocratiques côté égyptien.

    Ensuite, suspendre l'aide financière fait surtout du tort à la société civile, ce qui s'avèrerait contre-productif pour ramener la paix et la stabilité. Enfin, c'est toute la diplomatie occidentale du bâton qui montre ses limites : à force de brandir des menaces, l'Europe et les Etats-Unis perdent du terrain diplomatique au profit des puissances du Golfe.

    Egypte: les Etats-Unis reconnaissent leurs limites pour résoudre la crise

    Face aux critiques croissantes dont fait l’objet l’administration américaine pour ne pas sanctionner plus sévèrement la répression en Egypte, notamment en suspendant l’aide militaire, le secrétaire à la Défense, Chuck Hegel a expliqué qu’il était important pour Washington de maintenir la coopération avec Le Caire, mais il aussi dû admettre que les Etats-Unis étaient limités dans ce qu’ils pouvaient faire pour stopper la violence.

    Pour contrer ces critiques, Chuck Hegel a déclaré que tous les aspects de la coopération avec Le Caire étaient en cours de réévaluation, un fait souligné par le porte-parole adjoint de la Maison Blanche pour montrer qu’il y aurait des conséquences pour la répression. Les Etats-Unis réclament la fin des détentions politiques et donc celle de Mohamed Morsi, ainsi qu’un gouvernement ouvert incluant les Frères musulmans.

    Le chef du Pentagone a défini en ces termes le rôle de Washington : « Nous continuons de travailler avec les deux parties pour essayer de les aider autant que nous le pouvons afin de faciliter la réconciliation pour stopper la violence. Mais notre capacité à influer sur les événements est limitée. C’est au peuple égyptien de jouer. L”Egypte est une grande nation souveraine, et c’est sa responsabilité de résoudre la crise ».

    Outre le report de la livraison de quatre chasseur F16 Fighting Falcon et l’annulation de manoeuvres conjointes, les Etats-Unis pourraient aussi suspendre la livraison d’hélicoptères Apache, a indiqué Chuck Hegel . La porte-parole du département d’Etat, Jen Psaki, a pour sa part exprimé l’inquiétude de l’administration après les morts suspectes de 37 détenus islamistes, « lors d’une prétendue tentative d’évasion près du Caire ».

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