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Article publié le : mercredi 28 août 2013 à 08:54 - Dernière modification le : mercredi 28 août 2013 à 16:48

Syrie: attendre ou pas les résultats de l'enquête de l'ONU

Angela Kane et Ake Sellstrom, inspecteurs des Nations unies pour le désarmement, lors de leur départ pour leur tournée d'inspection à Damas, mercredi matin 28 août 2013.
Angela Kane et Ake Sellstrom, inspecteurs des Nations unies pour le désarmement, lors de leur départ pour leur tournée d'inspection à Damas, mercredi matin 28 août 2013.
AFP

Par RFI

Selon Joe Biden, le vice-président américain, c'est bien le régime de Bachar el-Assad qui a utilisé des armes chimiques la semaine dernière, au moins à Damas. Les Etats-Unis se disent prêts à se lancer dans une intervention militaire, mais pas seuls. Le Premier ministre britannique David Cameron annonce de son côté que le Royaume-Uni présentera une motion au Conseil de sécurité ce mercredi même. En Syrie, les enquêteurs des Nations unies ont repris leur travail de recherche de preuves d’utilisation de ces armes chimiques.

Hier mardi, les inspecteurs ont dû rester à leur hôtel de Damas, la situation sécuritaire ayant été jugée trop volatile pour qu’ils puissent se rendre de nouveau sur le site des attaques du 21 août, dans la Ghouta, en banlieue de Damas. Ils se sont de nouveau rendus sur le terrain ce mercredi.

Normalement, l’accord négocié avec les autorités syriennes prévoyait que les inspecteurs puissent se rendre sur ce site cinq heures par jour, pendant cinq jours. Or, pour l’instant, ils ne s'y sont rendus qu’une fois pour n'y rester 90 minutes, et sur un site qui n’était pas le site principal de l’attaque du 21 août, mais un site annexe, précise notre correspondant à New York, Karim Lebhour.

Attente des résultats de l'enquête

Le vice-président américain Joe Biden accuse la Syrie

Les responsables de cet usage effroyable d'armes chimiques en Syrie ne font aucun doute : c'est le régime syrien.

 

28/08/2013 par Jean-Louis Pourtet

Cette situation irrite évidemment les Occidentaux, à commencer par les Etats-Unis. Ils estiment que cette enquête ne sert à rien, ou du moins selon les termes utilisés par le porte-parole de la Maison Blanche, qu’elle est redondante avec les informations déjà connues par les services de renseignement occidentaux, à savoir, qu’il y a bien eu une attaque chimique. L’impression, côté américain, c’est que l’ONU, finalement, ralentit une action sur la Syrie.

Du côté des Nations unies, l'impression est que ces mêmes Etats qui ont insisté pour avoir cette enquête de l’ONU sur place en Syrie, notamment les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, disent aujourd’hui que cette enquête est inutile.

La logique voudrait que l’on attende les résultats de cette enquête avant de prendre une quelconque décision sur une action militaire. Or, l’ONU, pour l’instant, refuse de donner un délai pour les premiers résultats de cette enquête.

Impatience grandissante

Tout ce que l’on sait, c’est que les échantillons qui ont été prélevés sur place ne sont pas analysés à Damas par les inspecteurs, mais doivent sortir de Syrie. Les Etats-Unis, et les Européens de plus en plus, perdent patience. Ils savent aussi que toute initiative au Conseil de sécurité sera bloquée par la Russie, et qu’attendre les résultats de l’enquête de l’ONU risque, en fait, pour Barack Obama d’apparaître hésitant ou faible, à un moment où il veut agir vite. De fait, un vice-ministre des Affaires étrangères, Vlamidir Titov a déclaré ce mercredi que tant que les inspecteurs des Nations unies n'auront pas présenté leur rapport, il est «inopportun» de «discuter de toute action au Conseil de sécurité». Rappelons que la mission des inspecteurs des Nations unies en Syrie s'achève ce dimanche 1er septembre.

Le Royaume-Uni présente une motion au Conseil de sécurité

Conférence de presse de Lakhdar Brahimi au siège de l'ONU à Genève, le 28 août 2013.
REUTERS/Denis Balibouse

David Cameron, le Premier ministre britannique l'a annoncé ce mercredi matin, Londres va présenter une résolution devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour condamner les attaques chimiques et autoriser les mesures nécessaires « pour protéger les civils ». C'est ce type de résolution qui avait permis à l'Otan d'intervenir en Libye en 2011. A l'époque la Russie et la Chine n'avaient pas mis leur veto, cela risque d'être plus compliqué cette fois.

Face à la menace d'un nouveau refus, la piste d'un contournement du Conseil de sécurité fait son chemin, comme pour l'Irak en 2003. Mais le représentant spécial de l'ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi a affirmé ce mercredi que le droit international était clair : toute action militaire doit obtenir l'aval de l'ONU.
 

L'opinion publique britannique hostile à une intervention

De notre correspondant à Londres, Adrien Moss

Ce n’est pas une guerre contre la Syrie, c’est une guerre contre l’usage des armes chimiques, répète Downing Street. Pourtant, même le scénario probable de frappes aériennes limitées avec des missiles de croisière ne convainc ni l’opinion publique, ni certains responsables militaires.

Pour un ancien chef de l’armée, l’utilisation d’armes chimiques n’est pas une invitation pour la communauté internationale à s’immiscer dans les affaires internes d’un autre pays. Pour un ex-chef de la marine, le Proche-Orient est un baril de poudre et personne ne peut prédire les conséquences d’une intervention militaire. Le dernier chef d’état-major, à la retraite depuis cet été, répète ses mises en garde contre une attaque de la Syrie. L’actuel chef de l’armée, le général Houghton, devrait exprimer les mêmes doutes devant le Conseil national de sécurité convoqué ce mercredi par David Cameron, et prévenir que la Syrie pourrait répondre à une attaque en tirant des missiles Scud sur Chypre .

Selon un premier sondage, le public n’est pas plus va-t-en-guerre que les militaires. Seulement un quart des Britanniques soutiennent une action militaire contre la Syrie.

tags: Bachar el-Assad - Etats-Unis - ONU - Syrie
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(7) Réactions

A ALain123 les occidentaux

A ALain123 : Les occidentaux ont décidé depuis longtemps d'en finir avec ce régime. Ils l'ont prouvé en armant des bandes armées. cette rébellion était en mauvaise passe il fallait trouver un moyen pour faire intervenir les occidentaux appelés communauté internationale prouvant également combien l'occident continue de traiter de haut le reste de la planète avec leurs notions de moralités. Nul ne sait vraiment d'ou proviennent vraiment ses armes même si avérées qu'elles aient été utilisés. Vous avez en face une coalition de bandes armées qui tuent également sont ils des enfants de coeur qu elles sont vraiment leurs motivations.

Réaction

A Alain123. Je voudrais seulement rappeler que "Prévenir vaut mieux que guérir". Les occidentaux avaient tout autant le pouvoir de dissuader les gens de prendre les armes pour réclamer leur droit. Ils ne l'ont pas fait et pourquoi? Parce qu'ils voient en cette occasion des affaires juteuses de ventes d'armes. C'est comme ils voudraient tout simplement dire "massacrez-vous comme vous voulez à l'arme lourde mais pas au chimique". Une mort par balle ou une mort par gaz est quand même une mort. Je ne pense pas que les deux parties fabriquent des armes. Les missiles des interventionnistes tueront certainement eux aussi des civils syriens. C'est pourquoi il faut pousser les deux parties à négocier la fin de cette guerre sinon un nouvel Irak qui s'annonce.

Les Americains etaient aussi

Les Américains étaient aussi certains de l'existence des armes de destruction massive en Irak en 2001. La certitude d'aujourd'hui n'est pas différente de celle du hier. Le chomage est une guerre plus difficile que celle contre le régime syrien.

Qui avait menacé les

Qui avait menacé les américains d'attaque ou de représailles militaires après le massacre de Mỹ Lai en 1968 où 347 vietnamiens périrent assassinés froidement? On ne peux tolérer ce qui s'est passé en Syrie, mais un crime reste un crime partout. ....

Decidement il y a des gens

Décidément il y a des gens sur cette terre qui savent jamais ce qu'ils veulent. Durant des mois, ils ont passé tout leur temps à se plaindre de l'inaction de la communauté internationale contre les massacres perpétrés par le régime Syrien. Et maintenant que cette communauté internationale veut agir, les même gens se remettent encore à critiquer... Incroyable! Allez y donc demander à Assad de vous montrer ses caisses d'armes chimiques avant de commencer à agir!

Réaction

...... Si les rebelles syriens possedent des armes lourdes alors pourquoi pas des armes chimiques? Ou obtiennent ils leur arsenal pour resister ainsi contre le pouvoir en place? n'y-a-t-il pas de complot dans cette utilisation d arme chimique? et si les 2 parties l avaient utiliser quel serait alors la reaction des occidentaux? Le printemps arabe a soutenu par bon nombre de pays, que se passe t-il de nos jours en Tunisie-Lybie-Egypte?

... Mr. Laurent Fabius prend

... Mr. Laurent Fabius prend les choses très personnelles contre tout intérêt Français. Je me demande si Mr. Laurent Fabius est Français.
Président Obama, mon vote, je vous demande de ne pas participer à ce massacre sous quelque forme que ce soit. Il entrainera des conséquences non souhaité. Nous ne voulons pas la guerre mais plutôt la paix, de l’emploi et la stabilité, source inconditionnelle de tout progrès. Ce n’est pas en créant et en aggravant les foyers de tension que nous pouvons maintenir la cohésion sociale et garantir la paix. Rappelez-vous de vos promesses de campagne.

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