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    Moyen-Orient

    Syrie : l'armée turque placée en état d'alerte

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    Ahmet Davutoglu, le ministre des Affaires étrangères, a déclaré que la Turquie a mis en état d’alerte ses forces armées et a l’intention de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts en cas d'intervention en Syrie. Au même moment, Ankara met en place de nouvelles capacités d'accueil pour recevoir de nouveaux réfugiés. Quelque 200 000 réfugiés syriens sont déjà en Turquie dans une vingtaine de camps qui s'échelonnent le long des 900 km de frontière avec la Syrie, et quelque 300 000 autres sont hébergés hors de ces camps.

    Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

    S'il n'y a pas pour l'instant d'élévation significative du flux des réfugiés à la frontière, l'augmentation du nombre des réfugiés apparemment brûlés par des bombes au phosphore et au napalm en revanche inquiète les responsables turcs qui ont renforcé la présence de personnel soignant spécialisé et de moyens de traitement de ces affections.

    Selon les forces d'opposition, de tels engins auraient été utilisés ces jours derniers dans des zones rurales de la province d'Alep, plaçant les autorités sanitaires en état d'alerte. Tout le long de la longue frontière syrienne, les militaires turcs ont également renforcé leur présence, déployant de manière très visible tout un arsenal de canons et de missiles sol/sol ostensiblement tournés vers le territoire syrien. Un dispositif qui se rajoute aux quatre systèmes de missiles antiaériens Patriot installés l'an dernier, et opérés par du personnel allemand et hollandais sous contrôle de l'Otan.

    Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a d'ailleurs opportunément rappelé mercredi que les forces armées étaient, depuis la destruction d'un avion de reconnaissance il y a un an, en état d'alerte maximum, et que leur droit de riposte immédiate avait déjà été sollicité à plusieurs reprises contre des positions d'artillerie syrienne un peu trop agressives.

    Pour Ankara, qui a annoncé son ralliement à une éventuelle intervention militaire contre la Syrie, il était nécessaire de renforcer encore ses capacités de défense, au cas où...

    Téhéran et Bagdad hostiles à toute intervention contre Damas

    Les deux alliés de la Syrie, l’Iran et l Irak ont dénoncé le 29 août les projets de frappe contre Damas. Pour Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien, ce serait une impasse. Il a mis son pays en état d’alerte. Pour le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, ce serait un désastre pour la région. Reste la question que tout le monde se pose : pourraient-ils réagir à ces frappes aériennes contre leur voisin et ami ?

    Probablement non. Même si le régime est aujourd’hui ami de l'Iran, l’Irak est faible militairement (son aviation est encore en cours de recomposition), le pays est déchiré par des tensions entre ses communautés musulmanes chiites et sunnites qui soutiennent des camps différents dans le conflit syrien. Les dangers de guerre civile sont réels : l’Irak devrait donc jouer profil bas.

    l'Iran aime déclarer que la Syrie est sa « 35e province ». Mais soyons clairs, la priorité du nouveau gouvernement c’est d'obtenir l'allègement des sanctions internationales qui étouffent son économie. Les discussions sur le dossier nucléaire doivent reprendre le 27 septembre prochain.

    Pour Afchin Alavi, de l’organisation des Moudjahidines du peuple, opposants au régime des mollahs; l’Iran est trop faible pour faire plus et fait déjà beaucoup en Syrie :

    « Les Gardiens de la Révolution épaulent l’armée syrienne par la répression à la guerre. En plus de cela, nous savons l’implication du Hezbollah commandé par le régime sur le terrain. Nous savons également que des brigades ont été formées avec des forces recrutées en Irak, entraînées en Iran et dépêchées dans les combats. Le régime a fait tout ce qui était dans ses moyens pour préserver le régime syrien. Et aujourd’hui, il se trouve face à une situation qui le dépasse totalement ».

    Un accord militaire de défense mutuelle existe depuis 2006 entre l’Iran et la Syrie.

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