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    Moyen-Orient

    Axel Poniatowski: «Intervenir en Syrie me paraît extrêmement dangereux»

    media Des victimes de ce qui est présenté par les rebelles comme une attaque chimique, enterrées le 21 août 2013 dans la banlieue de Damas. REUTERS/Bassam Khabieh

    Le président français François Hollande s’est exprimé, mardi 27 août à l'Elysée, devant les ambassadeurs de France. Il a utilisé le mot « punition » concernant l’affaire syrienne. Mais l’UMP reste prudente sur ce dossier. Axel Poniatowski, le député UMP du Val-d’Oise et vice-président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale donne son analyse de la situation.

    RFI : L’UMP, pour le moment, est assez prudente sur cette affaire syrienne. Le mot de « punition » a été utilisé par François Hollande, est-ce que vous pourriez aussi l’utiliser ?

    Axel Poniatowski : Sur l’affaire syrienne, ça ne me paraîtrait pas particulièrement judicieux que François Hollande prenne la décision de s’engager au côté des Anglo-Saxons. Bien évidemment, on voit bien que dans cette affaire, l’utilisation de gaz chimiques est juste épouvantable et il y a une certaine culpabilité à rester et à observer cela en tant que témoin justement.

    Maintenant, on voit bien qu’on est fondamentalement dans l’émotion et qu’une intervention finalement serait faite simplement par bonne conscience. Moi je dis qu’intervenir me paraîtrait extrêmement dangereux. Il faut bien voir que la situation en Syrie n’a rien à voir avec les différentes situations qu’on a connues tout au long du « printemps arabe ». On est aujourd’hui, en Syrie, fondamentalement dans une guerre qui est un affrontement de plus en plus religieux entre des mouvements islamistes différents, c’est-à-dire les sunnites et les chiites.

    Cela signifie-t-il que la question morale, quand on voit des enfants tués par des armes chimiques, n’a plus sa place parce que c’est une guerre civile ?

    La tuerie d’enfants, de femmes, de civils est épouvantable, mais elle est épouvantable dans toutes les guerres. On ne peut pas intervenir dans tous les conflits. On n’est pas dans une situation comme celle du « printemps arabe » où on avait une espèce de clan, une espèce de dictateur qui exterminait sa population. Là, on est dans quelque chose de beaucoup plus sérieux, de beaucoup plus grave.

    On est dans un affrontement de fond des chiites contre les sunnites, affrontement qu’on observe dans tout le Moyen-Orient depuis maintenant de très nombreuses années, et qui se matérialise à travers les armes.

    Mais il ne s’agit pas forcément de renverser le régime de Bachar el-Assad. Dans un premier temps, il s'agit simplement de frapper les intérêts stratégiques...

    C’est-à-dire se donner bonne conscience, c’est-à-dire aller frapper quelques points de stockage d’armes chimiques qui sont utilisées par Bachar el-Assad, et qui - ça a été démontré, notamment par Carla del Ponte - sont également utilisées par les rebelles. Je dis simplement qu’intervenir dans ce brasier me paraît extraordinairement dangereux et mettra le feu aux poudres [au lieu de] de régler des problèmes.

    Que doit-on faire ? Attendre la fin de l’enquête sur les armes ?

    Non.

    Négocier avec le régime ? Cela n’a pas du tout marché depuis deux ans…

    Jusqu’à maintenant, ça ne marche pas. On le voit bien depuis deux ans. Mais il ne faut pas baisser les bras, il faut faire en sorte que l’action diplomatique soit beaucoup plus puissante, notamment à l’égard des Russes. On voit bien que dans cette affaire, le point de blocage vient des Russes et des Chinois, notamment au Conseil de sécurité. Cela est dû au fait qu’ils entretiennent des liens avec ce régime depuis très longtemps. Il faut donc aller beaucoup plus à fond dans la discussion avec eux et voir ce qui est acceptable par eux et ce qui ne l’est pas parce que pouvoir arriver à une stabilité dans le pays est possible, mais à condition que tout le monde s’y mette et que tout le monde travaille dans le même sens.

    Cela veut dire aboutir à une stabilité aujourd’hui sans utiliser la force?

    Il faut aller très loin. Il faut que les intérêts des uns et des autres puissent être connus et puissent être respectés. Je ne vous dis pas que c’est facile. C’est très difficile. Je ne crois pas du tout que la solution des armes soit la bonne.

    Est-ce que vous pensez, comme certains, qu’on est en train peut-être de se faire mener en bateau comme en Irak avec le fameux épisode des armes de destruction massive ?

    Non, là la présence d’armes de destruction massive m’a l’air à peu près prouvée. Néanmoins, on sait bien qu’en Irak, il a existé un temps des armes de destruction massive, quand Saddam Hussein utilisait les gaz chimiques, notamment contre les Kurdes. A l’époque, c’était François Mitterrand qui était président de la République, et il s’était bien gardé de mettre les doigts dans le problème.

    Est-ce que vous croyez, comme a dit Marine Le Pen, la présidente du Front national, à une manipulation de la part des rebelles qui auraient eux-mêmes lancé ces armes chimiques et commis ce massacre ?

    Pas de celui dont on parle, je ne pense pas. En revanche, que les rebelles aient eux-mêmes utilisé des armes chimiques, il semblerait que ce soit le cas et c’est ce qu'affirme Carla del Ponte.

    Pensez-vous que François Hollande peut utiliser ce conflit à des fins politiques franco-françaises comme on a pu le dire après le conflit au Mali ?

    Je ne crois pas que ce soit ce qu’il essaye de faire. En revanche, il est clair qu’on sait bien que dans toute période de crise et de dramatisation, le peuple a toujours tendance à se retrouver derrière son chef. Je ne crois pas que ce soit ce qu’il essaye de faire. En revanche, il adopte une ligne pro-américaine et pro anglo-saxonne qui ne me paraît pas la bonne. Je souhaiterais que la France fasse valoir son indépendance dans cette affaire. On est déjà très occupés au Mali. C’est là qu’on doit concentrer tous nos efforts.

    Si on vous consulte à l’Assemblée nationale, que direz-vous ?

    Je dirai qu’il ne faut pas intervenir.

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