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    Moyen-Orient

    Syrie: Barack Obama va solliciter l’avis du Congrès avant d'agir

    media Le président américain, Barack Obama, va demander le feu vert au Congrès avant d'intervenir militairement en Syrie. REUTERS/Mike Theiler

    Le président américain, Barack Obama, a affirmé ce samedi 31 août, dans une intervention devant la presse qu’il avait l’intention de soumettre la question d’une intervention militaire en Syrie à un vote du Congrès américain. « Nous sommes prêts à frapper quand nous le choisirons, demain, la semaine prochaine ou dans un mois », a-t-il martelé, mais il a assuré que le sujet était « trop important » pour faire l'économie d'un débat parlementaire.

    Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

    Barack Obama a pris la parole peu avant 18 h 00 TU, à la Maison Blanche, pour une allocution d'une dizaine de minutes, très solennelle. La principale nouvelle à retenir de ce discours est qu’il va convoquer le Congrès avant toute intervention en Syrie.

    Le président américain va donc attendre que le Congrès, en ce moment en vacances, reprenne son travail. Cela signifie qu’il n’y aura pas d’intervention militaire avant le 9 septembre, au plus tôt, date à laquelle les élus reviendront à Washington.

    Une précision importante, alors que tout le monde pensait que le président américain allait annoncer le début d’une intervention militaire.

    L’objet de cette déclaration était d’informer les Américains de sa décision, leur dire exactement quelles étaient ses intentions et, de nouveau, plaider avec fermeté pour une intervention militaire. « J'ai décidé que les Etats-Unis devraient agir militairement contre des cibles du régime syrien », a-t-il déclaré. « Nous sommes prêts à frapper quand nous le choisirons, demain, la semaine prochaine ou dans un mois », a-t-il encore affirmé.

    Un débat au Congrès le 9 septembre

    « Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ce qui s'est passé à Damas et nous ne le ferons pas », a insisté le président américain, considérant l'intervention comme une obligation morale pour les Etats-Unis. Il a également demandé au Congrès de l'appuyer dans sa décision d'engager des frappes sur la Syrie, « au nom de la sécurité nationale », pointant notamment le risque d'une « escalade » dans l'utilisation d'armes chimiques dans la région. 

    « En consultation avec le président (Barack Obama, NDLR), nous nous attendons à ce que la Chambre examine cette mesure la semaine du 9 septembre », a confirmé John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants, dans un communiqué publié dans les minutes qui ont suivi l'intervention du président américain. Le président de la Chambre des représentants et les élus républicains se sont également dits « satisfaits que le président demande l'autorisation pour une intervention militaire. »

    Consulter le Congrès n’est pas sans risques pour Obama

    Les sénateurs américains John McCain (g.) et Lindsey Graham (d.), le mardi 6 août 2013.

    Le président Obama vient d’adresser au Congrès un projet de loi dans lequel il demande l’autorisation d’user de la force pour « dissuader, interrompre, empêcher et dégrader le potentiel de nouvelles attaques chimiques ». Donc un objectif limité. Mais sera-t-il approuvé pour autant par les élus qui sont partagés sur le bien-fondé d’une intervention.

    Certains y sont opposés à droite comme à gauche pour des raisons différentes. Les uns sont pacifistes, les autres isolationnistes. Entre les deux, il y a les sceptiques qui n’ont pas oublié l’Irak et veulent s’assurer que, cette fois, les preuves présentées par le gouvernement sont irréfutables. Il y a aussi ceux qui, comme John McCain et Lindsey Graham, ont annoncé qu’ils voteraient contre le texte parce qu’il ne va pas assez loin : ils réclament une stratégie globale incluant le départ d’Assad et la fin du conflit.

    Obama compte tout de même des partisans dans les deux camps. Il devrait obtenir la majorité nécessaire au sénat. En revanche, à la Chambre ça risque d’être plus problématique, vu l’hostilité que lui témoigne la mouvance Tea Party. Toutefois, un analyste de la Brookings dit qu’Obama pourrait paradoxalement être sauvé par les républicains qui tendent à être plus faucons que les démocrates.

    C’est le cas du congressman de New York, Peter King, qui s’irrite de la démarche du président lui reprochant d’abdiquer sa responsabilité de commandant en chef : « Le président n’a pas besoin de l’autorisation de 535 membres du Congrès », dit-il, « pour faire respecter sa propre ligne rouge ».

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