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    Moyen-Orient

    Les coulisses de l'interview de Bachar el-Assad par Georges Malbrunot

    media Le Figaro publie ce 3 août 2013 une interview de Bachar el-Assad. Le Figaro

    Bachar el-Assad s'exprime ce mardi 3 septembre dans les colonnes du quotidien français Le Figaro. Le chef de l'Etat syrien évoque dans une interview réalisée par Georges Malbrunot les accusations d'attaques à l'arme chimique, ainsi que les risques de déflagration régionale en cas d'intervention militaire.

    RFI : Georges Malbrunot, racontez-nous d’abord les coulisses de cet entretien. Rencontrer Bachar el-Assad dans le contexte actuel, on imagine que cela nécessite beaucoup d’efforts et de patience. Ce fut le cas ?

    Georges Malbrunot : Oui, effectivement. J’avais demandé une interview, je me souviens fin 2011. Donc vous voyez, ça ne date pas d’hier, comme la plupart, j’imagine, des spécialistes de cette question. Il suffisait d’attendre un mois, six mois, deux ans ou des années. Et donc, on m’a dit samedi soir quand je suis arrivé à Damas, alors que je ne venais pas pour ça, je n’avais pas eu de contact juste avant à propos de cette affaire-là, que l’interview pourrait avoir lieu prochainement.

    Et le bureau de presse ma dit : ce serait bien que vous envoyiez cinq questions écrites. Alors j’ai dit : cinq questions écrites, c’est un peu court, donc j’ai envoyé cinq paquets de questions et on m’a répondu : il y en a quand même dix-neuf. Eh bien j’ai dit oui, mais bon, Bachar el-Assad, j’ai beaucoup de questions à lui poser.

    Le lendemain, j’ai vu le service de presse de la présidence, on a cadré l’interview. En fait, ils voulaient comme beaucoup de services de presse, protéger le président. Et je leur ai dit : « Le mieux c’est que je puisse lui poser toutes les questions que je veux ». Ils m’ont dit : oui, vous aurez à peu près trente minutes. On aimerait avoir une page dans Le Figaro. Moi, j’ai dit : je pense que compte tenu de l’importance de l’actualité, on vous accordera sans problème une page.

    Et le lendemain, l’interview a eu lieu à 10 heures. Et donc au lieu de durer trente ou quarante minutes, elle a duré quarante-cinq minutes. Et j’ai posé absolument toutes les questions que j’ai voulu à Bachar el-Assad. On m’a dit après : « Vous en avez posé quand même trente-deux ! ». Parce que, pour la petite histoire, on m’avait simplement enlevé mon téléphone portable et mon enregistreur à la présidence. Il paraît que la tradition veut que la présidence enregistre elle-même les interviews. C’était d’ailleurs le seul barrage, le seul contrôle sécuritaire que j’ai eu.

    C’est une interview qui s’est faite de manière très classique. Il a répondu à mes questions, je l’ai interrompu de temps à autre. C’était extrêmement, je dirais, « libre ». Oui, il n’y avait pas de problèmes. Sur la forme, le président Assad s’est montré plutôt calme. Et puis sur le fond, évidemment, là c’est autre chose. Il a été menaçant, on y reviendra sans doute, et déterminé.

    On y reviendra effectivement dans quelques secondes. Le président syrien vous a donc reçu lundi. C’était à Damas. Là encore, dans quelles circonstances ? À quel endroit, par exemple ?

    On est venu me chercher à mon hôtel, ensuite on est monté au palais, et puis là j’ai rencontré son attachée de presse, la traductrice qui est la ministre de la Culture. Et puis on a pris une voiture. Je suis monté dans une voiture, il y avait un chauffeur et puis un agent de la sécurité.

    Et moi, je m’attendais à aller plutôt dans le centre de Damas, où Bachar el-Assad doit probablement vivre au milieu de la population. Et finalement on a pris une petite route qui montait sur une colline juste à côté du palais présidentiel, non loin de là. Et on est arrivé à un premier barrage avant d’arriver à une maison qui est dans la pinède. Et là, je suis sorti. Bachar el-Assad est sorti de cette maison, on m’a accueilli. On a discuté deux minutes sur les précédents reportages depuis une vingtaine d’années, et ensuite on s’est mis à discuter. Et il y avait Bachar el-Assad à ma droite, la traductrice à ma gauche et puis son attachée de presse en face.

    Mais pas de sécurité, pas de mesures de sécurité exceptionnelles. Vous qui êtes un habitué des lieux, pensez-vous que ce soit une technique de communication, ou peut-on imaginer, en effet, que le président de la Syrie vive aujourd’hui comme il le faisait avant et qu’il n’ait finalement rien changé à ses habitudes ?

    Non, je pense qu’il y avait un calcul derrière tout ça. On me dit qu’habituellement il rencontre aussi des journalistes. Mais je pense qu’il y avait un calcul qui était de montrer que le président Bachar el-Assad vit comme d’habitude, il n’est pas dans un bunker, comme d’autres ont pu l’être avant lui ; Saddam Hussein, encore que Saddam Hussein, pas forcément, ou Kadhafi. Donc voilà, il y avait un calcul de la part, je pense, des autorités de montrer qu’il continuait de vivre et de travailler comme il le fait habituellement.

    Je l’ai trouvé donc calme, comme je vous le disais, mais extrêmement concerné par la situation, probablement inquiet également. C’est quelqu’un qui est plutôt froid et qui ne dégage pas une aura extraordinaire. Donc c’était assez facile, assez simple, de l’interroger. Et oui, je l’interrompais, il se prêtait de bonne grâce aux questions.

    J’ai parlé du passé, de son amitié avec les uns et les autres. C’est intéressant je trouve pour l’aspect plus historique, quand je lui dis : mais certains de vos anciens amis se posent la question : « Qu’est-ce qu’il y a dans la tête de Bachar el-Assad aujourd’hui ? Comment peut-il cautionner autant de violence ? ». Donc il m’a dit : « Non, on s’est trompé à mon égard. On pensait que parce que j’avais été formé en Angleterre j’aurais abandonné ma culture arabe, etc, on s’est trompé ». C’était assez. C’était une clé de compréhension du personnage qui était assez intéressante.

    Alors après sur les armes chimiques il a répété, il a dit : « Il n’y a aucune logique, à cette époque de l’attaque. L’armée enregistrait des progrès dans la Ghouta dans la banlieue de Damas. Pourquoi est-ce qu’on utiliserait des armes non conventionnelles, alors qu’avec des armes conventionnelles on arrive à progresser. Ce qui est un fait qui est confirmé par des diplomates européens dans la région ou par des diplomates onusiens qui sont à Damas ».

    Bon… Il a vu un piège que je lui tendais, lorsque je lui ai posé la question sur le fait de savoir si ça pourrait être des responsables de l’armée qui auraient agi à son insu. Et là, il m’a dit : « Non, je vous vois venir. Je ne vous ai pas dit qu’on avait des armes de destruction massive, ça ne veut pas dire qu’on n’en a pas, mais quoi qu’il en soit, dans les pays qui en ont, ce genre de décision est prise par la direction centrale ». Ce qui voulait dire que si jamais une décision était prise, c’est avec son aval.

    L'interview est à lire sur le site du Figaro.fr

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