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    Moyen-Orient

    Syrie: le pragmatisme de la diplomatie chinoise

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    La Russie et la Chine continuent de bloquer toute résolution et toute possibilité d'intervention internationale en Syrie. La logique diplomatique de Pékin est souvent présentée comme un simple suivisme vis-à-vis de Moscou. Pourtant, si les Chinois ne voient pas dans la Syrie un dossier proche de leurs priorités, ils retrouvent dans ce conflit l'illustration de la plupart de leurs craintes sur le plan géopolitique.

    « La Chine pense qu’une solution politique est la seule voie réaliste pour sortir du problème syrien ». Ces mots ont été rabâchés par les représentants de la diplomatie chinoise tout au long du G20 de Saint-Pétersbourg, pour justifier la position de Pékin sur ce dossier. Ces derniers ont rappelé qu’il était surtout urgent d’attendre les résultats de l’enquête des Nations unies sur les attaques chimiques du 21 août, estimant qu’il fallait se méfier d’une interprétation anticipée.

    Cette solution politique, la Chine l’appelle de ses vœux de longue date. Pékin s’est même essayé à proposer son propre plan pour la paix en Syrie, fin 2012. Une tentative qui se voulait constructive mais qui restait parfaitement flou : la diplomatie chinoise réclamait un gouvernement de transition, issu d’un dialogue entre le régime et l’opposition… sans donner de détails sur ce qu’il fallait faire de Bachar el-Assad ou des insurgés.

    La Syrie, en tant que telle, reste un sujet secondaire pour les Chinois. À l’inverse des Russes, ils n’y ont que peu d’intérêts stratégiques et économiques. À tel point qu’ils assurent que la question n’a même pas été abordée au cours de la rencontre bilatérale entre les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping en marge du G20. Pourtant, la crise syrienne met en exergue les grandes préoccupations de la diplomatie chinoise.

    Préserver les équilibres

    Si la Chine a suivi la Russie en déposant trois vétos sur les résolutions proposées aux Nations unies contre la Syrie, c’est avant tout pour soutenir Moscou. « Il y a une sorte d’accord tacite entre Russes et Chinois au Conseil de sécurité pour s’appuyer à tour de rôle face à la puissance américaine », explique le sinologue Jean-Luc Domenach. Une approche confirmée par un diplomate chinois juste avant le G20 : « Nous sommes vivement préoccupés par l’éventualité que des pays puissent entreprendre des actions militaires unilatérales ».

    Le principal souci de la Chine reste de s’opposer à toute logique d’ingérence. « Elle est fidèle à ses principes : ne vous mêlez pas des affaires des autres, c’est aussi une manière de dire de ne pas se mêler des affaires de la Chine », traduit le général à la retraite Daniel Schaeffer, ancien attaché de défense à Pékin. L’inquiétude des Chinois de voir la communauté internationale s’immiscer dans sa gestion des tensions au Tibet ou dans le Xinjiang reste le moteur d’une diplomatie prudente accordant le plus grand respect à la suprématie des Etats.

    Rejet des islamistes

    Plus encore que d’autres pays, la Chine est particulièrement méfiante à l’égard des mouvances jihadistes qui gagnent régulièrement en influence au sein de l’insurrection syrienne. « Les islamistes, pour les Chinois, sont une menace politique et civilisationnelle », explique Jean-Luc Domenach.

    Quelques combattants étrangers au sein de l’insurrection syrienne ont été identifiés comme originaires de Chine. Ils restent, pour l’instant, des aventuriers du jihad plus que l’émergence d’un réseau intercontinental. Pékin prête pourtant beaucoup d’attention aux évolutions de ces groupes, de peur de voir des combattants entraînés revenir menacer la sécurité du Xinjiang où la majorité musulmane réclame régulièrement plus d’autonomie.

    Cette méfiance naturelle n’exclut pourtant pas toute possibilité d’un dialogue futur avec les rebelles. Le général Daniel Schaeffer remarque qu’en Libye, après avoir longtemps été opposée à une intervention militaire, la Chine avait rapidement trouvé ses marques au sein des opposants au régime de Mouammar Kadhafi : « Pendant que nous faisions la guerre, eux avaient déjà commencé à négocier des contrats pétroliers ! ».

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