Syrie / Etats-Unis - 
Article publié le : lundi 09 septembre 2013 à 10:43 - Dernière modification le : lundi 09 septembre 2013 à 11:10

Syrie: l’heure de vérité pour Obama

Le président américain Barack Obama.
Le président américain Barack Obama.
REUTERS/Kevin Lamarque

Par Achim Lippold

Une semaine décisive commence ce lundi 9 septembre à Washington. Les parlementaires, de retour de vacances, vont se pencher sur la Syrie. Afin de punir le régime syrien pour l’utilisation présumée d’armes chimiques, Barack Obama demande le feu vert du Congrès. Une décision qu’il a prise tout seul contre l’avis de ses conseillers, et qui sera lourde de conséquences.

« Notre pays sera plus fort avec son accord (du Congrès, NDLR) et nos actions ne seront que plus efficaces ». C’est ainsi que le président américain s’est adressé aux élus du Sénat et de la Chambre des représentants. La Constitution ne l’oblige pas à exiger l’aval du Congrès avant de déclencher une action militaire. Il n’empêche, le débat qui va débuter ce lundi 9 septembre sera l’un des débats les plus importants de cette législature. On s’en souvient, le Congrès a déjà bloqué beaucoup de projets du président. Mais cette fois-ci, ce n’est plus la guerre des tranchées entre républicains et démocrates. Les lignes idéologiques ont explosé, faisant émerger de drôles de coalitions.

Qui est contre les frappes ?

Parmi ceux qui sont opposés aux frappes, se trouvent des républicains ultra conservateurs proches du Tea Party et des démocrates anti-guerre qui ont déjà voté contre l’intervention en Irak ou en Libye. On trouve également des parlementaires des deux bords habituellement plutôt interventionnistes, mais qui estiment là que des bombardements pourraient favoriser les extrémistes.

Sur quoi se détermineront les élus ?

Ils se demandent si l’intervention militaire est efficace pour dissuader Bachar el-Assad de mener une nouvelle attaque chimique. Ils se demandent aussi si l’opération armée est vraiment dans l'intérêt de la sécurité nationale américaine. N’oublions pas que le coût exorbitant de la guerre en Irak hante encore de nombreux esprits, certains se poseront aussi la question de la crédibilité des Etats-Unis sur la scène internationale.

De nombreux Américains sont opposés à une intervention en Syrie. Ici une manifestation à San Fancisco, le 7 septembre 2013.
REUTERS/Stephen Lam

Comment va se dérouler le vote ?

C’est le Sénat qui commence le ballet parlementaire, officiellement mardi 10 septembre. Il se prononcera dans les prochains jours sur la résolution adoptée la semaine dernière par la commission des affaires étrangères. Un premier vote important est prévu pour mercredi 11 septembre. Il faut 60 voix pour que le texte passe. Si les Sénateurs adoptent la résolution, elle sera envoyée à la Chambre des représentants où le calendrier est plus flou. Les dirigeants républicains n'ont pas annoncé de calendrier précis, se contentant de prévoir un vote « dans les deux semaines ».

C’est à la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains, que le texte aura du mal à passer. Ce sont 217 voix qui sont nécessaires. Selon les médias américains, on est loin du compte. Pour l’instant très peu de républicains ont décidé de suivre la recommandation de leur chef, John Boehner. Le président de la Chambre s’est en effet prononcé pour l’intervention et a demandé à ses collègues de soutenir Barack Obama.

Et il y a aussi les libéraux chez les démocrates qui sont contre la guerre, comme Janice Hahn. Elle rappelle que « des armes chimiques avaient déjà été utilisées à d'autres occasions. Pourtant nous n'avions pas lancé d'action militaire », dit la députée. « J’espère trouver une réponse à la question suivante : y a-t-il un autre moyen de tenir Assad pour responsable ? »

Quelle marge de manoeuvre pour l'exécutif ?

Face à cette résistance du Congrès, le gouvernement doit mettre la pression sur les élus. Pour le New York Times, c’est la plus importante campagne de lobbying depuis l’élection de Barack Obama en 2008. Il ne s'agit pas seulement d'obtenir l'appui des élus, il faut aussi gagner le soutien de l'opinion publique qui reste largement opposée à toute intervention en Syrie. Les parlementaires se trouvent du coup sous une double pression : celle de l'administration Obama et celle de leurs électeurs, comme l’explique George Holding, élu républicain de la Caroline du Nord à la chambre des Représentants : « J'ai reçu beaucoup de messages de nos électeurs : en deux jours un peu plus de mille appels téléphoniques et courriels. Mais je peux compter sur les doigts de deux mains ceux qui sont pour une intervention en Syrie. »

Et si le Congrès vote contre l'intervention ?

Un refus des parlementaires représenterait une énorme claque pour le président Barack Obama qui s’est personnellement investi dans ce dossier. Deux options s’offriront à lui : soit il mène des frappes malgré le refus des élus qu'il a lui même sollicité. Soit il se plie à la volonté du Congrès ce qui risque de compromettre sa crédibilité sur la scène nationale et internationale. Pour éviter d’être confronté à ce dilemme, il lui reste une carte à jouer, une offensive médiatique de grande ampleur. Ce lundi 9 septembre, il se lance dans un marathon d’interviews à la télévision. Et demain mardi, Barack Obama s’adressera aux Américains dans une dernière tentative de les convaincre du bien-fondé d’une action militaire en Syrie.

tags: Bachar el-Assad - Barack Obama - Etats-Unis - Syrie
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(6) Réactions

Est-il nécessaire d'attaquer

Est-il nécessaire d'attaquer Al-Assad à ce moment? Pour quel but que les Américains auront l'audace d'infliger la peine aux misérables syriens? S'il y aura des moyens pour protéger les innocents, les vulnérables qui n'ont rien à faire avec les deux camps (soit Al-Assad, soit l'opposition) les deux éléphants (les Américains et Al-Assad avec ses armées dotées des armes chimiques) pourront continuer à se manger jusqu’à ce qu'il n'y aura personne dans les deux osts! Simplicita!

pourquoi Obama regarde

pourquoi Obama regarde impuissament aux soufrances affligé aux congolais par le régime de Kabila?

Président Obama, souvenez

Président Obama, souvenez vous de votre discours du Caire en juin 2009 avant de lancer une guerre aux conséquences très fâcheuses pour la sous régions mais aussi pour l'Europe, l'Amérique voire l'Afrik

En plus de

En plus de ces milles et quelques civils qui sont morts dans l'attaque chimique, Obama veut y ajouter d'autre en favorisant Al-Qeada. Comme qui dirait ;on combat Al-Qaeda au Sud ,mais on le soutient au Nord.

avec toute l'Eglise

avec toute l'Eglise catholique, en continuation de la journée de prière du 7 septembre, je prie pour que la raison se manifeste dans la décision du gouvernement US. Que monsieur Obama ne se sente aucunement humilié s'il reconnait son erreur de jugement en ce qui concerne l'intervention US en Syrie: il n'y a pas de honte à constater que la violence n'est pas une solution pour la paix. Il est toujours encore temps de se parler, de s'écouter pour le plus grand bien du peuple Syrien et sans perdre aucunement la face.

"Notre pays sera plus fort

"Notre pays sera plus fort avec son accord (du Congrès, NDLR) et nos actions ne seront que plus efficaces" OUI!!!!!un propos d'un amateur ce demi blanc n'a pas honte de regarder ce qui se passe en Irak où des milliers de personnes meurent tous les jours une situation creer par les mensonges de son pays. Malheur aux USA!!!!!

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