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    Moyen-Orient

    Intervention en Syrie: les militaires américains pas toujours convaincus

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    Pendant que les négociations entre Washington et Moscou se poursuivent sur le dossier syrien, les mouvements d'opposition à une intervention se multiplient aux Etats-Unis. Les militaires, notamment, se montrent particulièrement sceptiques sur cette stratégie. Soldats du rang et officiers expriment leurs réticences, pour différentes raisons, face à une campagne de bombardement.

    « Je n’ai pas entendu qui que ce soit qui soutient cette opération ». Ce témoignage lapidaire d’un sergent-chef basé à Fort Hood, l’une des plus grosses bases américaines (65 000 personnes y vivent ou y travaillent), illustre les résultats d’un sondage informel réalisé par le site Military Times.

    Cette enquête, réalisée auprès de 750 militaires en activité, montre que 75% des sondés sont opposés à une campagne aérienne en Syrie et que 81% d’entre eux ne voient aucun intérêt pour les Etats-Unis à s’engager dans ce conflit.

    Si cette étude n’a pas été menée avec les méthodes scientifiques des grands instituts de sondage, elle apporte, comme d’autres médias américains, un aperçu de l’hostilité d’une partie des forces contre une action militaire en Syrie. Un autre sous-officier s’insurge ainsi : « nous n’avons plus d’argent pour quoi que ce soit, mais nous avons quelque 200 millions de dollars pour balancer des tomahawks sur la Syrie ? »

    Plusieurs photos de personnes se présentant comme des soldats opposés à la guerre circulent sur les réseaux sociaux. Capture d'écran Twitter

    Restrictions budgétaires, éloignement culturel des enjeux de cette guerre, présence de mouvements affiliés à Al-Qaïda : les débats sur une intervention en Syrie font grand bruit au sein de la communauté militaire américaine.

    Ces dernières semaines, la photographie d’un homme en uniforme, présenté comme un soldat de la marine, circulait sur les réseaux sociaux avec une affichette explicite : « Je n’ai pas rejoint la Navy pour combattre pour Al-Qaïda dans une guerre civile syrienne ». Une photographie qui, authentique ou non, a été largement relayée par les sympathisants du régime de Bachar el-Assad et les militants opposés à la guerre.

    Scepticisme au Pentagone

    La grogne des boys trouve son pendant au sein de l’élite des officiers américains. Le général Robert H. Scales, ancien patron du Collège de guerre de l’US Army, aujourd’hui à la retraite, n’hésite pas à plaider en ce sens dans les colonnes du Washington Post. Après avoir consulté des douzaines de collègues toujours en activité, il assure que les militaires sont particulièrement sceptiques face à la stratégie de la Maison Blanche. « Ils sont bien embarrassés de se retrouver associés à l’amateurisme de l’administration Obama et à ses tentatives de bricoler une stratégie qui fasse sens », assène-t-il.

    « La question, c’est qu’elle est la stratégie ? », interroge le général James Cartwright sur la chaîne ABC News. Cet ancien chef numéro deux de l’armée américaine, aujourd’hui à la retraite, remarque que les interventions limitées, à fortiori sous forme de campagne de bombardement, n’ont jamais donné de résultat. Des inquiétudes récurrentes chez les officiers qui s’expriment, dépités devant les tergiversations politiques.

    Cette sévérité de la part de généraux est à prendre avec du recul : les faucons du Pentagone ont toujours accueilli Barack Obama et son équipe avec méfiance. Les Etats-Unis font l’objet, culturellement, d’un bras de fer entre les militaires et les politiques qui n’ont pas toujours les mêmes grilles d’analyse pour appréhender un possible conflit.

    Et en France, qu’en pensent les militaires ?

    Peut-on imaginer voir un tel débat chez ceux qui, en France, portent l’uniforme ? La culture de la parole n’est pas comparable d’un côté et de l’autre de l’océan Atlantique. Le sens du patriotisme et l’intégration massive de réservistes, n’étant pas militaires à plein temps, dans les opérations américaines, font des militaires un public bien spécifique aux Etats-Unis, remarque Ilinca Mathieu, doctorante à l’université d’Auvergne.

    Cette chercheuse, qui travaille sur le sens de la mission chez les militaires, constate une approche différente des soldats français. Pour eux, le déploiement en opération est avant tout « l’occasion rêvée de mettre en œuvre leur savoir », explique-t-elle.

    Ainsi, les officiers tricolores réclameront avant tout que le politique fixe des objectifs stratégiques clairs. Pour ce qui est des raisons de l’engagement, c’est la responsabilité du pouvoir. Les soldats, eux, se posent encore moins la question : « Peu d'entre eux s'intéressent au cadre géopolitique de la mission et rares sont d'ailleurs les soldats du rang capables de restituer précisément le discours explicatif de leurs chefs », remarque Ilinca Mathieu.

    En France, la ligne de démarcation reste très claire, le politique utilise le militaire comme un outil. « C'est à la fois un avantage et un inconvénient », explique Ilinca Mathieu. Le politique est ainsi « préservé » du débat même si, parfois, il pourrait gagner à plus consulter les militaires pour « nourrir la pensée ».

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