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    La bande de Gaza étranglée par le blocus égyptien

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    Après Israël, l’Egypte a fermé ses portes à la bande de Gaza. Les personnes comme les biens de consommation ne passent plus qu’au compte-goutte. Avec la chute, début juillet, des Frères musulmans au pouvoir en Egypte, le gouvernement du Hamas à Gaza a perdu des alliés et se retrouve encore plus isolé. La population gazaouie en paie le prix.

    De notre envoyée spéciale à Gaza

    « Essence israélienne… vive Israël ! », crie ironiquement le garçon qui sert les rares voitures dans une station-service de Gaza ville. Seuls les taxis et les tuk-tuks, qui transportent des marchandises, sont venus se ravitailler. En cause : le prix de l’essence, 7 shekels le litre (1,40 euros), deux fois plus que l’essence qui vient habituellement d’Egypte.

    « On n’a pas le choix », regrette un client, plus rien n’arrive du côté égyptien ». « C’est quand même un comble qu’on doive acheter de l’essence israélienne, et que les pays arabes qui produisent du pétrole ne nous aident pas, nous les Arabes de Gaza ! », vocifère un autre.

    → À (RE)LIRE : l'Egypte renforce la sécurité aux frontières avec Gaza

    Depuis plus de deux mois, la plupart des tunnels sous-terrains qui transportaient en contrebande l’essence de l’Egypte vers la bande de Gaza, ne sont plus opérationnels. Le nouveau pouvoir égyptien s’est vanté d’en avoir détruit 95% pour raison de sécurité. Des hommes et des armes transiteraient par ces tunnels.

    Mais du coup, beaucoup de produits de consommation courante manquent : de l’huile, du fromage, et les prix ont considérablement augmenté, selon les commerçants du souk de Zaouia, au cœur de Gaza ville.

    Par manque d’essence, les voitures roulent au butane

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    Une femme promenant une bonbonne de gaz de cuisson à Deïr al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, alors que l'entité territoriale souffre d'une pénurie de gaz en provenance d'Israël. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa

    Les Gazaouis, étranglés par cette nouvelle crise, font preuve d’imagination. Pour remplacer l’essence : une bombonne de gaz de cuisine glissée dans le coffre de la voiture et reliée au moteur par un tuyau, artisanal et potentiellement dangereux en cas d’accident de la route. Mais ça marche !

    À une trentaine de kilomètres de Gaza ville : Rafah, gros bourg poussiéreux à la frontière égyptienne. C’est là, dans un immense terrain vague sablonneux, qu’on devine les fameux tunnels, cachés sous d’immenses bâches blanches.

    → À RELIRE : attentat à Rafah, poussée de fièvre entre l'Egypte et Gaza

    À l’entrée d’un sous-terrain, fermé par un cadenas, quelques hommes tuent le temps en regardant la télévision. « Notre tunnel, qui transportait des matériaux de construction, a été détruit il y a quinze jours par l’armée égyptienne à l'explosif, explique Ahmed. Du coup, on n’est plus payés, 20 familles se retrouvent sans rien ! »

    « Regardez, renchérit Mohamed, en montant sur une dune et en pointant du doigt l’autre côté de la frontière délimitée par un mur de barbelés : une maison détruite coté égyptien, à cause de l’explosion des tunnels ! » Ces maisons abriteraient l’entrée des tunnels mais certains pensent que les autorités du Caire font raser des habitations pour établir une zone-tampon entre l’Egypte et la bande de Gaza, information non confirmée officiellement.

    Des tunnels détruits à l’explosif

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    Un soldat égyptien à la frontière gazaouie, le 16 septembre 2013. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa

    Les Gazaouis ne s’avouent pas vaincus. Les tunnels détruits sont déjà en train d’être reconstruits, malgré le danger. « Tu peux te faire arrêter ou te faire tirer dessus par l’armée égyptienne, c’est arrivé récemment », assure Mohamed.

    La destruction des tunnels est aussi un manque à gagner pour le Hamas. Le parti islamiste au pouvoir à Gaza contrôle ces points de passage illégaux et taxe chaque livraison qui arrive d’Egypte. Difficile d’évaluer cette manne. Les responsables du Hamas sont peu diserts sur le sujet.

    ► ÉCOUTER SUR RFI : Gaza, aux origines du nationalisme

    Dans son bureau climatisé de Gaza ville, le vice-ministre des affaires étrangères Ghazi Hamad affirme que les tunnels, illégaux, sont plus « un fardeau mais que les Gazaouis n’ont pas d’autre choix pour obtenir des marchandises de l’extérieur. »

    Soumis à un blocus par Israël, depuis que le Hamas est arrivé au pouvoir en 2007, la bande de Gaza ne reçoit des biens qu’au compte-goutte. Les tunnels vers l’Egypte étaient leur seul accès vers l’extérieur. Mais depuis que Mohamed Morsi et les Frères musulmans ne sont plus à la tête de l’Egypte, le Hamas, émanation des Frères musulmans, a perdu de sérieux alliés.

    Isolé, le Hamas fait profil bas

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    Un jeune Palestinien observe des membres du Hamas dans le centre de la bande de Gaza, le 20 septembre 2013. REUTERS/Mohammed Salem

    Pire, les nouvelles autorités du Caire accusent le parti islamiste palestinien de soutenir les groupes armés qui opèrent dans le Sinaï. « Qu’ils nous apportent une seule preuve !, réclame le vice-ministre Ghazi Hamad. Nous ne comprenons pas, les Egyptiens ont toujours été nos frères. Qu’ils nous proposent une solution, nous sommes prêts à discuter. » De plus en plus isolé, le Hamas fait profil bas.

    Les autorités égyptiennes ont non seulement détruit la plupart des tunnels, mais elles ont également fermé le terminal de Rafah, le point de passage pour les personnes de Gaza vers l’Egypte.

    Tous les jours, des étudiants palestiniens inscrits à l’étranger viennent manifester devant le terminal pour réclamer sa réouverture. Venus pour les vacances d’été visiter leur famille, ils se retrouvent piégés.

    « Gaza est vraiment une prison à ciel ouvert »

    « On a déjà manqué le début des cours, se plaint Ahmed Abou Fahem, étudiant en Egypte. On ne se mêle pas de politique, on veut juste pouvoir continuer nos études à l’étranger. » Même sentiment chez Noura, une Gazaouie qui attend avec ses trois enfants de pouvoir retourner en Arabie saoudite où elle réside. « Je dois renouveler mon permis de résidence là bas, sinon je risque de tout perdre. »

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    Une jeune Palestinienne aperçue au point de passage de Rafah, lors d'une manifestation pour exiger sa réouverture, le 17 septembre 2013. REUTERS/Mohammed Salem

    Fares Chahine, journaliste palestinien travaillant pour des médias algériens, doit se rendre à Alger pour obtenir des papiers qui lui permettront de continuer de travailler. Impossible pour l’instant. « On ne peut pas sortir par Israël, on ne peut plus non plus sortir par l’Egypte, qu’est-ce qu’il nous reste ? On vit vraiment dans une prison à ciel ouvert ! », se désole-t-il.

    ► ÉCOUTER SUR RFI : reportage international, « Palestine Nord-Sud »

    Plus que les biens de consommation courante, qu’on peut encore trouver à Gaza - même à un prix plus élevé -, c’est l’absence de liberté pour circuler qui frappe. Israël laisse entrer très peu de Gazaouis sur son territoire, surtout des personnes âgées malades. Et l’Egypte n’a ouvert ses portes que pour quelques dizaines de personnes la semaine dernière, contre des milliers habituellement.

    Pourtant, ce jour-là au terminal de Rafah, personne ne songe à imputer la responsabilité de la situation au Hamas. L’Egypte et Israël sont les véritables fautifs à leurs yeux. En attendant la fin du blocus, chacun prend son mal en patience et tente de se débrouiller. Les Gazaouis ont connu d’autres crises, même si celle-ci se révèle particulièrement difficile.

    ► ÉCOUTER SUR RFI : reportage international, quand des Palestiniens de Syrie cherchent refuge à Gaza

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