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    Moyen-Orient

    Incompréhension à l'ONU après le refus de l'Arabie Saoudite d'entrer au Conseil de sécurité

    media Le Conseil de sécurité est l'organe exécutif de l'ONU. REUTERS/Keith Bedford

    La décision de l’Arabie Saoudite de renoncer à son siège de membre élu au Conseil de sécurité a pris l’ONU par surprise. L’Arabie Saoudite évoque « l’impuissance » du Conseil de sécurité en Syrie et en Palestine. Mais cette décision reste totalement inattendue, sans précédent, et très largement incomprise à l’ONU.

    Avec notre correspondant à New York,Karim Lebhour

    La mauvaise humeur saoudienne était déjà palpable le mois dernier, lorsque le ministre des Affaires étrangères a refusé de prononcer son discours devant l’Assemblée générale. Mais renoncer à un siège au Conseil de sécurité pour lequel l’Arabie Saoudite a fait campagne pendant trois ans, rend les diplomates de l’ONU profondément perplexes.

    Dans les couloirs de l’organisation, tous parlent d’une maladresse, voire d’un caprice, davantage dirigé contre les Etats-Unis plutôt que contre le Conseil de sécurité lui-même. Car ce retrait saoudien, sans précédent à l’ONU, n’aura guère de conséquence pour le Conseil de sécurité. Le groupe arabe va se réunir pour trouver un nouveau candidat et il y aura un nouveau tour de scrutin à l’Assemblée générale.

    L’Arabie Saoudite sait qu’il n’y a rien à attendre de l’ONU sur la Syrie, et Ryad préfère sans doute avoir les mains libres pour armer et financer les groupes armés dans le camp rebelle sans avoir à s’en expliquer devant le Conseil de sécurité.


    ■ Washington minimise la décision saoudienne

    Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

    Bien que visés par la décision de l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis ont voulu en minimiser l’importance sur leurs relations avec Ryad. Lors de son point de presse quotidien, Jen Psaki, porte-parole du département d’Etat a déclaré que c’était une décision qui appartenait aux Saoudiens et a souligné à de multiples reprises que le Conseil de sécurité pouvait jouer un rôle important et l’avait prouvé récemment, notamment en adoptant sa première résolution sur la Syrie qui contraint le régime de Bachar el-Assad à détruire son arsenal chimique d’ici juin 2014.

    « Tout naturellement nous avons vu la déclaration des Saoudiens indiquant qu’ils n’accepteront pas leur siège au Conseil de sécurité, mais cela ne change pas le fait que nous travaillons avec l’Arabie Saoudite sur un certain nombre de sujets importants dont la Syrie, l’Iran et le processus de paix au Moyen-Orient, a-t-il assuré. Le secrétaire d’Etat s’est entretenu avec l’ambassadeur saoudien mercredi et a réaffirmé les liens entre les deux pays, et il aura un nouvel entretien avec le ministre des Affaires étrangères la semaine prochaine ».

    L'Arabie Saoudite reproche à l’administration Obama de trop se concentrer sur l’élimination des armes chimiques syriennes et pas assez sur le renversement de Bachar el-Assad, de vouloir se rapprocher de leur ennemi mortel, l’Iran, et de ne pas faire avancer assez rapidement les négociations israélo-palestiniennes.

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