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    Réfugiés syriens en France: quels actes après les promesses?

    media Dans un camp de réfugiés syriens, au Liban, non loin de la frontière. REUTERS/Jamal Saidi

    La France s’est engagée, par la voix de François Hollande, à accueillir 500 réfugiés syriens. Quand arriveront-ils ? Qui seront les 500 élus parmi les 2 millions de réfugiés syriens recensés ? Le HCR et les autorités françaises sont actuellement en cours de discussions pour répondre à ces questions. Pour l’instant, ni le calendrier, ni l’aspect pratique de l’accueil n’ont été fixés.

    Le 16 octobre dernier, à l’issue d’un entretien avec le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, François Hollande a annoncé que la France allait accueillir 500 réfugiés syriens. Cela faisait plusieurs mois que le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) plaidait auprès des pays européens, et notamment de la France, pour qu’ils acceptent d’accueillir des réfugiés syriens. Selon la feuille de route dressée par le HCR, il s’agit de trouver une solution pour 10 000 réfugiés en admission humanitaire d’urgence et pour 2 000 autres dans le cadre d’une procédure dite de réinstallation.

    Pourquoi 500 ?

    Plusieurs ONG poussaient également dans ce sens. « C’est bien que la France ait fait ce choix, et notamment que cela soit passé par la voix du président de la République. Il y a une force symbolique importante, qui peut avoir un effet d’entraînement positif sur d’autres pays », note Jean-François Dubost, chargé des personnes déplacées à Amnesty France, l’une des ONG signataires d'un appel, le 11 septembre dernier, demandant à la France de « mettre en place une politique d’accueil des réfugiés syriens. »

    Mais, pour Jean-François Dubost, « l’annonce arrive tard : nous avons demandé des mesures d’accueil dès les premiers mois de la crise ». Autre récrimination : le faible nombre. « Par rapport aux Etats qui accueillent des réfugiés syriens dans la région, c’est une goutte d’eau. Que représentent 500 réfugiés pour un pays de 60 millions d’habitants ? Il faut mettre ça en parallèle avec les 2 millions de réfugiés recensés. Quand on compare avec le Liban, où entre 15% à 20% de la population est constituée de réfugiés, cela permet de relativiser. »

    « Chaque pays répond à cette proposition sur la base du volontariat. C’est la France qui a décidé combien de réfugiés syriens elle acceptait de prendre », expose Philippe Leclercq, représentant du HCR en France.

    « 3 000 Syriens accueillis en France »

    En revenant sur cette annonce, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a insisté sur les arguments avancés par la France, qui a longtemps temporisé sur ce dossier. « Les demandes des réfugiés [syriens] sont examinées avec une particulière bienveillance : l’Ofpra […] répond favorablement à 95% des cas », a-t-il déclaré devant la presse. Il a également insisté sur le fait que « la France est l’un des rares pays en Europe à accepter d’instruire des demandes [d’asile] depuis (ses) ambassades et consulats dans les pays voisins de la Syrie » et qu’elle délivre des visas longs séjours aux ressortissants syriens. « Au total, depuis le début de la crise, près de 3 000 ressortissants syriens ont été accueillis en France », a-t-il affirmé (*). Selon les chiffres de l'Ofpra, 640 dossiers de ressortissants syriens ont été instruits en 2012, et 840 depuis le début de l'année 2013. Le solde concernerait donc le nombre de visas longs séjours accordés.

    A (RE)ECOUTER: En Allemagne, les réfugiés syriens peinent à faire venir leur famille 

    La comparaison avec l’Allemagne, qui a été la première à répondre positivement, en annonçant le 17 mars dernier sa volonté d’accueillir 5 000 réfugiés syriens, relativise la générosité de l’offre française. D’autant que l’Allemagne est, depuis 2012, passée devant la France, pour devenir le principal pays d’asile en Europe. Il convient cependant de noter que si l’annonce a été faite en mars dernier, le premier groupe de réfugiés, 107 Syriens en provenance du Liban, n’est arrivé à Hanovre que le 11 septembre dernier. Un second groupe d’une centaine de personnes est arrivé depuis. En Europe, seule l’Autriche a également annoncé son intention d’accueillir 500 réfugiés syriens.

    Qui sera sélectionné ?

    Qui seront les 500 « élus » accueillis en France, parmi les 2 millions de réfugiés syriens actuellement recensés ? « Nous avons nos critères de vulnérabilité, sur lesquels nous basons notre choix des dossiers que nous présentons ensuite aux pays volontaires », explique Philippe Leclercq. Les réfugiés inscrits prioritairement sur les listes qui seront ensuite proposées aux pays d’accueil sont, selon ces critères du HCR, les personnes dont l’état de santé est le plus préoccupant, des femmes seules avec de nombreux enfants... « Nos critères sont basés sur les besoins des personnes, en termes médicaux ou sociaux. Ensuite, certains pays ont des critères additionnels, mais ce n’est pas automatique. La France n’a, pour l’instant, pas annoncé qu’elle voulait définir de critères spécifiques », précise le représentant du HCR.

    Il se peut cependant que la France privilégie des réfugiés ayant une attache ou ayant eu une attache avec la France. C’est ce que laissent supposer les propos de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, le 12 septembre dernier sur RTL : « Nous allons aller vers un accueil plus large de toute une série de familles qui ont une attache avec la France. »

    Comment seront-ils accueillis ?

    « On voudrait démarrer le plus vite possible, parce que les besoins sont énormes. On travaille à cela mais, pour l’instant, nous sommes encore en discussion avec le ministère français de l’Intérieur pour définir les mécanismes de l’accueil », précise le représentant du HCR en France.

    La question des modalités d’accueil est en effet loin d’être tranchée. D’autant que le système d’hébergement des demandeurs d’asile est d’ores et déjà saturé en France. En théorie, les personnes qui vont arriver dans le cadre de ces admissions humanitaires ne devraient pas être hébergées dans les CADA, les centres d’accueil pour demandeurs d’asile, déjà saturés. « Il s’agit de réfugiés, il faut mettre en place un mécanisme parallèle », plaide le représentant du HCR en France.

    A (RE)ECOUTER : La réinstallation des réfugiés en Europe

    Déjà, des préfectures et collectivités territoriales ont été sollicitées pour mettre en place des dispositifs d’accueil particulier à destination de ces réfugiés syriens. France Terre d’Asile et Forum réfugiés, deux associations qui assurent des programmes de réinstallation, ont également été consultées. Mais pour l’instant, comme c’est le cas concernant la date à laquelle les premiers de ces 500 réfugiés seront accueillis en France, rien ne filtre concernant l’organisation concrète de l’accueil.


    Le paradoxe des Syriens de Calais

    Début octobre, à Calais, une cinquantaine de Syriens ont bloqué la passerelle d’un terminal de ferry à destination du Royaume-Uni. Leur objectif : traverser la Manche. Les autorités britanniques ont refusé, tandis que les autorités françaises leur ont proposé de déposer des demandes d’asile. Seulement sept d’entre eux ont entamé les démarches.

    « Ces exilés syriens sont encore dans l’idée de demander l’asile au Royaume-Uni. Une partie de ceux qui s’étaient mobilisés campe toujours ici, dans l’espoir de passer en Angleterre. D’autres sont partis vers la Suède », constate Maël Galisson, de la plate-forme de service aux migrants, qui regroupe un réseau de vingt associations de la région.

    Vincent Deconinck, du Secours catholique de Calais, se dit pour sa part « perplexe » face à l’annonce de l’accueil de 500 réfugiés syriens. « Ce n’est pas à la hauteur d’un pays comme la France », juge-t-il. Pour lui, la réticence des Syriens à accepter la proposition de déposer une demande d’asile en France n’est pas un paradoxe : « Beaucoup de ceux qui pourraient, ici, éventuellement demander l’asile en France ont déjà eu leurs empreintes prises en Italie ou en Grèce. Ils savent que s’ils font une demande d’asile, ils vont être renvoyés là-bas. Ce sont des "Dublin II". » Cela signifie qu’ils risquent d’être « réadmis », c’est-à-dire renvoyés, dans le pays de l’espace Schengen où ils ont été identifiés pour la première fois.

    Autre facteur avancé pour expliquer cette réticence des Syriens de Calais à accepter l’offre du préfet : « Il y a un profond manque de confiance dans les autorités. Certains sont là depuis des semaines et vivent les expulsions de squat à répétition, ils n’ont pas accès à un minimum d’hygiène, n’ont aucun moyen de se poser. L’image qu’ils ont de la France ne les pousse pas à vouloir y rester. »

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