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    Moyen-Orient

    Bras de fer au Liban entre l'Arabie Saoudite et l'Iran

    media Au Liban, des soldats de l'armée nationale démontent une barricade après des combats à Tripoli, le 9 juin 2013. Cette ville du nord est devenue le creuset principal des tensions régionales. REUTERS/Stringer

    De violents combats entre miliciens sunnites et alaouites secouent depuis plusieurs jours la ville de Tripoli, au nord du Liban, alors que la crise gouvernementale en est à son septième mois. Au-delà des considérations purement libanaises, le pays est devenu le théâtre d'un bras de fer entre l'Arabie Saoudite et l'Iran.

    De notre correspondant à Beyrouth,

    Tripoli, la deuxième ville du Liban, est le théâtre, depuis une semaine, de violents affrontements entre des miliciens sunnites, partisans des rebelles syriens, et des combattants alaouites, favorables au régime du président Bachar el-Assad. Les combats d'une intensité sans précédent opposent le quartier populaire sunnite de Bab el-Tebbaneh à celui de Jabal Mohsen, peuplé en majorité d'alaouites et surplombant la ville.

    Des mitrailleuses lourdes, des roquettes antichars, des grenades et des obus de mortiers sont utilisés dans ces affrontements, qui ont fait depuis lundi dernier une centaine de morts et de blessés. La plupart des victimes sont tombés sous les balles des snipers, qui paralysent la ville, provoquant la fermeture des écoles et des commerces.
    L'intensité des combats ne faiblit pas malgré le déploiement de renforts de l'armée libanaise. Bien que prise entre deux feux, la troupe riposte aux sources des tirs d'où qu'ils viennent, sans parvenir à rétablir le calme.

    Escalade verbale sans précédent

    Cette dix-septième flambée de violence depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005, a éclaté lors de la diffusion d'une interview de Bachar el-Assad par la chaîne de télévision panarabe al-Mayadeen, lundi 21 octobre. Elle s'accompagne d'une escalade verbale sans précédent entre les protagonistes libanais, avec l'entrée en lice de responsables saoudiens.

    Les déclarations des personnalités proches des miliciens sunnites donnent à ces combats une dimension dépassant le cadre de la ville. Selon elles, ce qui se passe à Tripoli s'inscrit dans le cadre d'un « plan syro-iranien exécuté par le Hezbollah ».
    Le chef du principal parti sunnite pro-saoudien, le Courant du futur, l'ancien Premier ministre Saad Hariri, a accusé le régime syrien de mener « une sale guerre à travers ses outils locaux contre Tripoli et ses habitants ».

    Achraf Rifi, ancien chef des Forces de sécurité intérieure et éminent notable sunnite de la ville, a qualifié de « complot » et « d’agression programmée » ce qui se passe à Tripoli. « Ce que la Syrie n’a pu réaliser quand elle était à l’apogée de son hégémonie, elle ne pourra le réussir aujourd’hui à travers une bande de mercenaires et de voyous », a-t-il ajouté, avant de prévoir « l'échec de l'axe syro-iranien à Tripoli ».

    Selon l'officier à la retraite, « les quantités d’armes présentes dans la ville sont sans mesure avec celles dont dispose le Hezbollah », qu'il a accusé d'armer les différentes milices de la ville.

    Le chef du Parti arabe démocratique (PAD, alaouite), Rifaat Eid, a nié la responsabilité de sa formation dans la flambée de violence. Il a au contraire accusé « des groupes armés sous la bannière du Courant du futur » d’être à l'origine des combats.

    Les jihadistes appelés en renfort

    L'affaire aurait pu rester dans le cadre d'affrontements entre milices rivales si l'un des principaux chefs salafistes du Liban, cheikh Salem Rafeï, n'avait pas appelé indirectement en renfort les jihadistes extrémistes combattant le régime en Syrie. « Si l'attaque menée par le Parti arabe démocratique contre Tripoli se poursuit et que des innocents sont tués, la voie sera ouverte à tous les jihadistes du monde, dont l'EIIL (l'Etat islamique en Irak et au Levant, affilié à al-Qaïda) et le Front al-Nosra (une autre branche d'al-Qaïda) pour venir défendre Tripoli. » « Cela aura des conséquences qui ne sont de l'intérêt de personne », a-t-il ajouté sur un ton menaçant. De nombreux experts placent les combats de Tripoli dans le cadre d'un bras de fer irano-saoudien dont le Liban est l'un des principaux théâtres.

    Dans une allocution prononcée au cours d’une conférence arabo-américaine, le 24 octobre, l'ancien chef des services de renseignements saoudiens, le prince Turki al-Fayçal, a estimé que le « Liban est au bord de la guerre civile ». Selon lui, « le Hezbollah poursuit la mise à exécution de son agenda privé sans considération pour la loi ou le système politique ». « Le Hezbollah est prêt à risquer les fondements mêmes du système libanais pour empêcher l’effondrement du régime Assad », a-t-il dit.

    L'allusion à la guerre civile par le responsable saoudien a été jugée « dangereuse » par le Hezbollah. Le secrétaire général adjoint du parti, cheikh Naïm Kassem, a accusé l'Arabie saoudite, sans la nommer, d'être responsable du blocage politique qui empêche la formation d'un gouvernement depuis près de sept mois : « Le 14-Mars (la coalition politique proche de l'Arabie saoudite) cherche à paralyser le pays en entier jusqu’à l’élection présidentielle » prévue en mai 2014, a-t-il dit.

    Colère saoudienne

    « Ils font cela parce qu’un [...] Etat arabe du Golfe leur a ordonné de geler la formation du gouvernement en attendant les développements en Syrie. Cet Etat arabe du Golfe espère que dans les deux ou trois mois qui viennent, l’équation se retournera en Syrie à son avantage et il croit qu’il sera alors capable d’imposer un gouvernement qui lui convienne au Liban. Mais ils rêvent, il n’y aura rien ni dans deux mois, ni dans cinq, ni au-delà », a conclu le numéro 2 du Hezbollah.

    Le début de rapprochement entre l'Iran et les Etats-Unis a compliqué une situation déjà très complexe. L'Arabie saoudite ne cache plus sa colère contre Washington et elle craint de faire les frais d'un compromis irano-américain portant sur l'ensemble des dossiers de la région, y compris la question nucléaire, la crise syrienne et le Liban.

    C'est ce qui explique le ton ferme des dirigeants du royaume. Il y a quelques semaines, le ministre des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal, avait déclaré que « la Syrie était occupée par le Hezbollah et l'Iran ». Aujourd'hui, ce même Hezbollah est accusé d'entraîner le Liban dans la guerre civile.

    Pendant ce temps, les richissimes saoudiens vendent leurs villas, leurs appartements et leurs biens au Liban, où ils sont déconseillés de se rendre par les autorités de leurs pays pour la deuxième année consécutive. Il est clair que pour Riyad et Téhéran, le Liban est passé du statut de caisse de résonnance à celui de champ de bataille.

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