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    Moyen-Orient

    Amnesty International dévoile le sort tragique des travailleurs étrangers du Qatar

    media Les constructions de gratte-ciel se succèdent sans répit à Doha, au Qaytar. Getty Images Flickr/Omar Chatriwala

    Pays à la croissance ultrarapide, le Qatar est sûrement un paradis pour les investisseurs. Mais, selon le rapport que publie ce 17 novembre 2013 Amnesty International, c’est aussi un enfer pour les travailleurs étrangers qui sont 1,38 million à construire à un train d’enfer la capitale régionale de demain que prétend devenir Doha en attendant le Mondial 2022.

    La capitale du Qatar est hérissée de grues à perte de vue. Un nouvel aéroport vient d’être achevé alors qu’on projette déjà la construction d’un métro et de dessertes ferroviaires internationales. La perspective de la Coupe du Monde de football qui s’y disputera en 2022, a dopé le secteur de la construction au-delà de l’imaginable dans nos pays frappés par la crise. Routes, port, hôtels, réseau d’assainissement, tout est revu ou créé de toutes pièces en prévision de l’arrivée massive des fans du ballon rond dans moins d’une décennie. 

    Ce sont au minimum 4 milliards de dollars que les Qatariens ont prévu d’investir pour accueillir le Mondial 2022 qui s’ajouteront aux dizaines d’autres injectés dans les constructions de décennie à venir. Rien ne sera trop beau pour la vitrine dorée qu’ils soumettront à l’admiration de la planète. Mais cette belle façade a un prix : celui des multiples abus dont sont victimes les centaines de milliers de travailleurs étrangers qui constituent au Qatar 94% de la main d’œuvre. La plupart d’entre eux, en grande majorité des hommes, sont recrutés en Asie du Sud.

    Travail forcé

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    Des matériaux de construction ont été stockés à côté des chambres des travailleurs et de la cuisine, octobre 2012. Amnesty International/Shaival Dalal

    Dans son rapport publié le 17 novembre 2013, Amnesty International dénonce les nombreux cas d’exploitation des travailleurs du secteur de la construction. Rapidement, ces immigrés constatent que les belles promesses qu’on leur avait fait miroiter ne sont que tromperies. L’ONG  a ainsi relevé que les salaires étaient moindres que ceux que les employeurs s’étaient engagés à verser.

    De plus, ces salaires sont payés en retard ou ne le sont pas du tout, les congés ne sont pas respectés, les papiers des travailleurs sont « retenus » par les employeurs qui offrent des conditions de logement sordides. Amnesty insiste également sur le nombre d’heures que les travailleurs sont contraints de faire, mettant ainsi en péril leur santé et leur sécurité. Les conditions de travail sont parfois si périlleuses qu’elles ont conduit à de nombreux accidents, dont certains mortels.

    Le quotidien britannique The Guardian a publié fin septembre les résultats d’une enquête faisant état de 44 morts entre juin et août sur un chantier au Qatar, ce que les autorités ont démenti. L’ONU à son tour s’est émue récemment des « violations des droits de l’homme subies par les immigrants sur leur lieu de travail » et elle a appelé le Qatar à améliorer leurs conditions de travail.

    Des exceptions qui n’en sont pas

    La chambre d'un travailleur migrant à Doha, octobre 2012. Amnesty International

    Au cours de son enquête menée sur les chantiers au Qatar, les chercheurs d’Amnesty ont rencontré des ouvriers à la lueur d’une bougie, sur le toit de leur logement où ils dormaient, parce qu’il était impossible de rester à l’intérieur sans climatisation tant la chaleur était élevée. Certains travailleurs affirmaient n’avoir pas reçu de salaires depuis plusieurs mois (6 à 9) et être empêchés de repartir chez eux parce que leur passeport leur avait été confisqué. « Des cas typiques de travail forcé », souligne l’ONG qui rappelle que le Qatar est pourtant signataire de la convention 29 de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui justement le condamne.

    Si les autorités qatariennes qu’a rencontrées Amnesty reconnaissent ici et là qu’il puisse y avoir des cas isolés d’abus, en revanche, elles rejettent l’idée d’un comportement généralisé. Les témoignages collectés par l’ONG tendent pourtant à démontrer le contraire même si elle aussi vu des immigrés satisfaits de leur sort.
     

    Pour accéder au rapport d'Amnesty International sur les travailleurs migrants au Qatar, cliquez ici (document pdf en anglais) www.amnesty.org

    Cela dit, insiste Amnesty l’« exploitation des travailleurs étrangers est habituelle et répandue ». Par ailleurs, l’empilement d’employeurs entre sous-traitants, petites et moyennes entreprises et grands groupes, facilite la dilution des responsabilités. 

    Amnesty propose quelques pistes à l’adresse du pouvoir du Qatar pour améliorer un tant soit peu la vie des centaines de milliers de migrants. Il faudrait ainsi faciliter l’obtention du certificat qui autorise un travailleur à changer d’employeur ou à quitter le pays, permettre aux étrangers de se placer sous la protection de la loi sur le travail et les autoriser à adhérer à un syndicat ou à en créer un pour les défendre, un droit réservé jusqu’à maintenant aux seuls Qatariens.

     

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