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    Moyen-Orient

    Nucléaire iranien: satisfaction et scepticisme au Congrès américain

    media Le président américain, Barack Obama, lors d'une conférence de presse sur l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien, ce 23 novembre 2013. REUTERS/Joshua Roberts

    Les élus américains ont accueilli l’annonce de l’accord intérimaire sur le programme nucléaire iranien conclu à Genève le 24 novembre, avec un mélange de satisfaction, mais aussi de prudence et de scepticisme. S’ils sont prêts à faire une pause temporaire dans l’application des sanctions contre l'Iran, ils n’en préparent pas moins de nouvelles au cas où Téhéran dérogerait à ses engagements.

    Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

    Républicains et démocrates sont rarement d’accord sur quoi que ce soit, mais quand il s’agit de la sécurité d’Israël, il y a une parfaite convergence de vues. Il n’est donc pas étonnant que les élus des deux partis aient exprimé le même scepticisme à l’égard de l’accord. D’où leur intention de faire adopter un nouveau train de sanctions le mois prochain qu’ils garderont en réserve pendant six mois et qu’ils imposeront en cas de tricherie de l’Iran.

    Le scepticisme est légèrement plus prononcé du côté républicain. Bob Corker, sénateur du Tennessee déclare : « Je pense que de leur point de vue, les Iiraniens considèrent que l’administration Obama est faible. Et ils pensent donc qu’ils ont une occasion de négocier avec une administration qui n’a pas le courage de ses prédecesseurs ».

    Le sénateur démocrate de Floride Ben Nelson estime pour sa part que l’accord offre un choix : « Le choix est entre cet accord qui propose une pause dans les sanctions ou la marche inévitable vers la guerre, et donc je choisis la pause qui est vérifiable ».

    En dépit des doutes du Congrès, Barack Obama devrait avoir la marge d’action nécessaire pour donner à l’Iran le temps de prouver qu’il respecte les conditions de l’accord intérimaire.

    Pour le secrétaire d'Etat américain John Kerry, c'est « maintenant que la partie vraiment difficile commence, dans la perspective d'un accord complet ».


    ■ Obama téléphone à Benyamin Netanyahu pour le rassurer

    Barack Obama a appelé hier Benyamin Netanyahu pour discuter de cet accord et pour lui proposer des consultations à ce sujet. Car le Premier ministre israélien a qualifié cet accord d' « erreur historique » qui rend « le monde plus dangereux ». Israël a une nouvelle fois agité la menace d'une opération militaire contre l'Iran.

    L’entretien, qui a duré une trentaine de minutes, a été qualifié « d’utile » par l’administration américaine. Josh Earnest, l’un des porte-parole de la Maison Blanche, a expliqué aux journalistes que le président Obama avait dit au Premier ministre israélien qu’il voulait que les Etats-Unis et Israël commencent immédiatement des consultations concernant la phase suivante des négociations qui doivent conduire à un solution complète du problème nucléaire iranien.

    Les Etats-Unis toujours aux côtés d'Israël

    Les deux dirigeants ont réaffirmé leur objectif commun d’empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire, a ajouté le porte-parole qui a souligné qu’au cours de la conversation téléphonique, Obama avait souligné que les Etats-Unis maintiendront fermement leur soutien à Israël « qui a de bonnes raisons d’être sceptique sur les intentions de l’Iran ».

    Josh Earnest a réitéré l’inquiétude de la Maison Blanche à l’égard du projet de nouvelles sanctions contre l’Iran que préparerait le Congrès. Pour Barack Obama, l’accord conclu samedi est une victoire bien nécessaire à un moment où sa côte de popularité a sensiblement chuté à cause du mauvais départ de l’Obamacare. Près des trois quarts des Américains sont en faveur d’une solution diplomatique du problème du nucléaire iranien.

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