GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 21 Juillet
Vendredi 22 Juillet
Samedi 23 Juillet
Dimanche 24 Juillet
Aujourd'hui
Mardi 26 Juillet
Mercredi 27 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    L'Egypte sous tension se prononce sur la Constitution

    media Un Egyptien assis devant des tas de bulletins pour le référendum sur la nouvelle Constitution le 14 janvier 2014. REUTERS/Al Youm Al Saabi

    Le référendum sur la Constitution, soutenu par le nouveau pouvoir, s'ouvre ce mardi 14 janvier en Egypte. Il s'agit du premier scrutin depuis le renversement du président islamiste Mohamed Morsi par l’armée, le 3 juillet dernier. Ce référendum constitutionnel doit s’achever mercredi soir. Plus de 50 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, pour adopter ou rejeter un projet de Constitution qui fait la part belle à l’armée égyptienne

    Avec notre envoyé spécial au Caire,

    Sur la place Tahrir, alors que la campagne électorale était officiellement terminée, une poignée de militants continuait ce lundi de scander le nom du général Sissi. Pour eux, voter « oui » à la Constitution, c’est d’abord et avant apporter son soutien au nouvel homme fort du pays.

    « Ce vote, ce sera un vote pour la stabilité de l’Égypte, et donc un vote pour ou contre Sissi ! Quand on parle de l’Égypte, en réalité on parle de Sissi ! Ce vote, ce sera aussi pour en finir avec le chaos que ces terroristes de Frères musulmans ont essayé de nous imposer », affirme un manifestant.

    Pour les partisans du général Sissi, la victoire du « oui » ne fait aucun doute. Ils comptent sur une participation massive des électeurs, dans un pays où le taux d’abstention reste très élevé. « Le pourcentage de oui va passer la barre des 85 % et à mon avis, la participation va être au-dessus de 50 %. Ce sera un vote sans précédent, avec pas moins de 27 millions d’Égyptiens qui vont participer », prédit un autre.

    L’opposition muselée

    Si les partisans du général pouvaient encore crier son nom à la veille du scrutin, si dans on voyait dans les rues des pancartes avec un « oui » en lettres géantes, si des logos pour le « oui » apparaissaient à la télévision, aucune trace, ou presque, des partisans du « non ». Ceux qui appellent à rejeter le texte ont été quasiment dans l’impossibilité de faire campagne. Cela a été le cas pour le mouvement militant du 6-Avril par exemple, ou encore pour le parti Égypte forte qui appelait à voter « non », avant de décider de boycotter le référendum. Au moins sept de ses membres ont été arrêtés, simplement parce qu’ils faisaient campagne pour le « non ».

    Ahmed Emam, porte-parole du parti Égypte forte d’Abdel Monein Abdul Fotouh, ancien candidat à la présidence, s’insurge : « Il n’y a pas de lieu où l’on peut tenir une conférence et appeler à voter non. Il n’y a pas de chaînes de télévision ou de radios où s’exprimer ! On a peut-être été invité six fois en un mois et demi alors qu’il y a 65 chaînes ! La police arrête nos militants parce qu’ils ont dans leurs mains des posters pour le non. Pour ne pas être arrêtés, certains partaient à 2 h du matin, l’un conduisait et l’autre courait pour coller des affiches. Nos militants ont peur, ils ne peuvent pas faire campagne sur le terrain. »

    Militants accusés de terrorisme

    Plusieurs militants du parti arrêtés ont été accusés d’implication dans des activités terroristes. « Les chaînes de télévision et les membres du gouvernement disent que ceux qui votent non soutiennent le terrorisme. Matin et soir, ils répètent qu’il n’y a pas d’autre choix que le oui ! », dénonce Ahmed. La police aurait aussi arrêté des étudiants et des Frères musulmans qui appelaient à voter « non » ou à boycotter le référendum. L’article 65 du projet de Constitution garantit pourtant la liberté d’expression.

    Le général Sissi a fait savoir il y a quelques jours qu’en cas de victoire du « oui » et de victoire massive, il n’aurait d’autre choix que de répondre à l’appel du peuple et donc de se présenter à l’élection présidentielle qui aura lieu dans les prochains mois.


    Les principaux points de ce projet de Constitution

    Cette nouvelle Constitution doit remplacer celle des Frères musulmans, approuvée par référendum en 2012. Si les deux textes se ressemblent en ce qui concerne la possibilité pour les militaires de juger des civils, ils sont, en revanche, d’inspirations très différentes.

    Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

    L’islamisme a été remplacé par l’humanisme, même si la charia reste « la source principale de la législation ». La possibilité de se référer à des fatwas vieilles de plus de mille ans a été écartée. Plus question donc de voir des juges s’appuyer sur la Constitution pour prononcer des peines de flagellation.

    La femme a retrouvé sont statut d’égale de l’homme et le commerce des êtres humains a été formellement banni. L’enfance a, elle aussi, reçu une définition claire permettant d’exclure le mariage précoce et le travail des enfants. La liberté d’expression a obtenu de meilleures garanties, dont celle de ne pas finir en prison sauf dans le cas d’incitation au crime.

    Les ouvriers et paysans, qui formaient la moitié du Parlement, ont perdu ce privilège qui était généralement détourné au profit des patrons et des propriétaires terriens. Ils doivent en revanche être représentés dans tous les conseils d’administration, et obtiennent des quotas dans les conseils municipaux, tout comme les femmes et les jeunes. Reste maintenant à traduire ces dispositions dans la réalité pour que la Constitution ne finisse pas comme simple décor.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.