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    Moyen-Orient

    L’ONU retire son invitation à l’Iran et sauve «in extremis» Genève 2

    media Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors de la conférence de presse consacrée à la Syrie, le 25 novembre 2013. REUTERS/Lucas Jackson

    A moins de 48 heures de l'ouverture de la conférence de Genève 2, destinée à tenter de trouver une issue politique à la guerre en Syrie, les incertitudes sur les forces supposées participer aux débats se succèdent. Dernier épisode en date : la présence annoncée puis infirmée de l'Iran à la table des négociations. En une journée, on est passé d'une invitation officielle de Téhéran à la conférence de Genève 2 à cette annonce en fin de journée du porte-parole de Ban Ki-moon qui revient sur cette invitation, et la retire, purement et simplement.

    C’est un imbroglio diplomatique dont les Nations unies auraient pu se passer. L’invitation lancée par Ban Ki-moon à l'Iran, visiblement un peu vite, pour participer à Genève 2 a bien failli faire annuler cette conférence avant même qu’elle ne débute.

    Le secrétaire général de l’ONU n’avait pas anticipé la réaction outrée de la Coalition nationale syrienne qui a menacé d'annuler sa venue si l'Iran était autour de la table. Un impair d’autant plus difficile à comprendre que Ban Ki-moon ne prend d’ordinaire aucune décision importante sans s’assurer du soutien des grandes puissances, et en particulier des Etats-Unis.

    La Coalition nationale syrienne sans le CNS

    L’Iran permet finalement à Ban Ki-moon de sauver la face et de sauver cette conférence de paix en refusant le principe d’une transition politique en Syrie déjà établi à Genève en 2012. L’ONU peut donc retirer son invitation, l’Iran ne viendra pas à Montreux mercredi. En retour, la Coalition nationale syrienne, elle, viendra. 

    Mais sa participation se fera sans l'une de ses principales composantes, le Conseil national syrien (CNS), pour qui la Coalition de l’opposition renie ses « engagements » à l'égard de la révolte syrienne en se rendant en Suisse, sans garantie d'un départ de Bachar el-Assad.

    Ce retrait était à craindre. Il était même presque inévitable, tant le CNS refusait de se voir forcer la main par les parrains occidentaux ou arabes de l’opposition sans garantie sur le départ du chef de l’état syrien. Bien qu'il ne remette pas en cause la participation de l’opposition syrienne aux pourparlers onusiens, la suite du processus - si suite il y a - risque de s’avérer particulièrement délicate à gérer car, c’est incontestable, l’opposition syrienne est de plus en plus éclatée et fragile, tout comme l’est la rébellion armée.

    Les Etats-Unis soulagés

    De leur côté, les Etats-Unis sont soulagés. L’organisation de la conférence de Genève a demandé des mois de négociation, et cette invitation qui risquait de tout faire capoter, cet obstacle a été levé in extremis.

    Il faut dire qu’après le suspense des dernières semaines, et l’énergie dépensée par John Kerry pour convaincre l’opposition syrienne de participer à la conférence, l’invitation surprise de l’Iran par Ban Ki-moon était perçue à Washington comme un sabotage.

    → A (RE) LIRE : Les Etats-Unis veulent que Téhéran accepte la déclaration de Genève sur la transition politique

    Le département d’Etat n’a caché ni sa désapprobation ni les pressions exercées sur le secrétaire général des Nations unies afin qu’il retire son invitation à cet allié de Damas. Les choses sont exprimées de manière à ce qu’aucun des partenaires ne perde la face. Washington et Paris ont demandé à l’Iran d’endosser les termes de la première réunion de Genève. Téhéran a répondu que n’ayant pas participé à cette négociation, cela était impossible. Ban Ki-moon a emboîté le pas, Téhéran ne pourra se joindre à la négociation qu’après avoir accepté Genève 1. Fin de l’incident.

    « Nous allons enfin pouvoir nous concentrer sur le sujet de la conférence, la négociation sur la transition en Syrie », expliquait lundi soir la porte-parole du département d’Etat.

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