GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 20 Octobre
Lundi 21 Octobre
Mardi 22 Octobre
Mercredi 23 Octobre
Aujourd'hui
Vendredi 25 Octobre
Samedi 26 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Moyen-Orient

    Donner sa voix aux réfugiés syriens pour ouvrir les voies de l'Europe

    media Un réfugié syrien dans la ville de Kilis, à la frontière turco-syrienne. 2,4 millions de Syriens ont quitté leur pays depuis le début de la guerre. REUTERS/Nour Kelze

    Sur les 2,4 millions de réfugiés syriens, l'Europe en accueille 80 000, soit 3%. Des réfugiés qui, pour la majorité, ont emprunté les routes mortelles de la Méditerranée. Pour obtenir des gouvernements qu'ils leur ouvrent les portes de l'Europe, une campagne vient d'être lancée. Son principe : prêter sa voix - numérique - à des Syriens.

    Ce mercredi 12 mars, la marine italienne a annoncé avoir sauvé 219 migrants au large de l'île italienne de Lampedusa. A bord du navire, une majorité de Syriens. L'afflux de migrants sur les côtes italiennes a connu une très forte hausse ces derniers mois : en janvier 2014, 2 156 migrants, dont une majorité de Syriens, ont débarqué, contre 217 en janvier 2013. Mais si l'afflux peut sembler massif, il ne représente qu'une goutte, comparé aux 2,4 millions de personnes, soit plus de 10% de la population syrienne, qui ont quitté le pays depuis le début du conflit, il y a trois ans.

    ► A (RE)ECOUTER : Lampedusa, une île entre deux mondes

    Le HCR, qui plaide depuis plusieurs mois auprès de la communauté internationale pour que 30 000 réfugiés syriens – au moins – soient accueillis en 2014 pour alléger le fardeau des pays frontaliers avec la Syrie, a prévenu que les besoins vont augmenter : en février, le HCR estimait les besoins de places en réinstallation ou sous « d'autres formes d'admission » à 100 000 réfugiés syriens pour 2015 et 2016. Mais, alors que les gouvernants européens n'ont souvent pas de mots assez durs pour condamner le régime de Bachar el-Assad et multiplient les déclarations d'inquiétude face à la situation des populations civiles, l'Europe ne prend encore qu'une part infime dans l'accueil des réfugiés. « Aujourd'hui, 80 000 Syriens bénéficient d'une protection dans l'Union européenne et en Suisse. Cela représente seulement 3% du nombre total de personnes qui ont fui », constate Ana Fontal, du Conseil européen pour les réfugiés et exilés (ECRE).

    Faire évoluer les politiques d'accueil

    C'est pour tenter de faire bouger les lignes qu'ECRE a lancé la campagne « Give Your Voice / Help Syrias Refugees », en partenariat avec une centaine d'ONG et d'associations. Il s'agit de « donner de la voix », dans tous les sens du terme. D'une part, ECRE a lancé une pétition en ligne. Mode d'action classique. L'internaute peut également partager son engagement sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter. Là encore, un mode d'engagement numérique habituel. Mais ce qui fait l'originalité de la campagne est que les internautes peuvent littéralement prêter leur voix à un réfugié syrien. Une application qui permet à Azmi, Azzam, Mohamed ou Ayman de poster leur récit sur le compte Twitter ou Facebook des volontaires.

    « C'est comme dans une grande ville : les gens partagent le même espace, se croisent, mais ne se parlent pas. Par contre, ils écoutent leurs amis, leur famille. C'est ce que l'on veut faire : faire en sorte que les gens accueillent les Syriens ''chez eux'', acceptent de les écouter », expose Ana Fontal. L'objectif final ? « Faire comprendre que les réfugiés syriens qui arrivent en Europe n'ont pas d'autre choix. Que tout le monde ferait la même chose dans leur cas. Ils ont donc besoin de sécurité, et l'Europe peut leur en offrir. »

    DR

    → A (RE)LIRE : Réfugiés syriens en France: «J’espère un jour pouvoir rêver de Paris»

    Azzam, arrivé en Belgique en juillet 2011, est l'un des Syriens qui ont accepté de participer à la campagne, « parce que trop de gens risquent leur vie pour arriver en Europe, et que ça ne peut plus continuer ». Activiste anti-Assad à Lattaquié, il a dû fuir la Syrie dans les mois qui ont suivi la révolution. Sur les blogs et réseaux sociaux, il documentait la révolte naissante, échangeait avec des journalistes étrangers. Il s'est d'abord rendu en Egypte. Mais, en tant que Syrien, n'est autorisé à y rester que trois mois. Fin juillet, plutôt que de sortir d'Egypte pour y entrer aussitôt afin de remettre à zéro le compteur des trois mois de présence autorisée – comme le font beaucoup de réfugiés-, il décide de partir pour l'Europe. Sur les détails de son trajet vers la Belgique, il reste évasif, craignant encore que son statut de réfugié ne lui soit retiré pour un détail mal interprété. « J'y suis arrivé, c'est ce qui compte. Ici, je peux travailler, refaire une vie », dit-il.

    « Personne ne devrait vivre ça »

    Aujourd'hui, c'est pour sa famille qu'il s'inquiète. Son jeune frère, Azmi, est arrivé en Belgique en passant par la Méditerranée. C'est le récit du parcours de son frère qu'Azzam raconte sur les comptes Twitter de ceux qui soutiennent la campagne « Give Your Voice ». Un récit dur. Pendant la traversée vers l'Italie, « mon frère était dans le même bateau que des amis à lui. Deux petits jeunes d'une même famille, âgés de 18 et 20 ans. Il y a eu un problème sur le bateau, et le plus jeune est mort en mer. Mon frère n'a rien pu faire. Son ami n'a rien pu faire. Mon frère n'arrête pas d'y penser. Personne ne devrait mourir comme ça. Personne ne devrait vivre ça. » Arrivé en Italie, Azmi a été détenu dans un centre pour migrants illégaux, ses empreintes ont été relevées. Il a pu continuer sa route vers Bruxelles, mais aujourd'hui, sa demande d'asile en Belgique a été refusée : c'est à l'Italie d'étudier sa demande, en vertu des accords de réadmission de Dublin II. Azzam, qui aimerait faire venir ses parent, encore à Alexandrie, en Egypte, refuse absolument de les voir emprunter le même chemin, connaître les mêmes dangers pour se voir refuser au final de rester vivre dans le pays où leur fils a trouvé refuge. Il a engagé les démarches de regroupement familial, sans succès. « Nous essayons toutes les voies légales, mais l'ambassade de Belgique refuse de leur accorder un visa pour l'Europe. »

    Des réfugiés syriens manifestent devant le centre pour migrants de Melilla, l'enclave espagnole au Maroc, pour dénoncer leurs conditions de détention. REUTERS/Juan Medina

    Difficile regroupement familial

    C'est l'un des axes forts de la campagne lancée par ECRE. « En Europe, de manière générale, les règles sur la réunification des familles éclatées par la guerre sont si complexes que, dans les faits, elles empêchent les familles de se retrouver. Les gens qui veulent accéder à l'Europe n'ont en fait pas d'autres options que de remettre leur sort entre les mains de trafiquants, de mettre leurs vies en danger dans un voyage très dangereux et très cher. » Moins qu'une facilitation de l'accès au statut de réfugié pour les Syriens - en France, par exemple, les Syriens obtiennent le statut de réfugiés à plus de 95% -, ECRE veut convaincre les décideurs européens qu'il faut laisser entrer les Syriens. « On espère convaincre l'UE de donner aux réfugiés une voie sûre vers l'Europe, comme le fait l'Allemagne, pour qu'ils n'aient pas à venir ici par le biais des trafiquants, en risquant leurs vies », insiste la porte-parole d'ECRE.

    Quel impact possible ?

    Mais quel impact une campagne de communication, fusse-t-elle largement partagée sur les réseaux sociaux, peut-elle avoir sur des politiques migratoires marquées principalement par la volonté de contrôler les flux ? « Les politiciens européens expliquent souvent ne pas pouvoir ouvrir les frontières de peur de froisser leur population. Mais nous voulons, avec cette campagne, prouver qu'il y a une frange de la population européenne qui, au contraire, demande à ces politiques de faire preuve d'humanisme », expose Ana Fontal.

    → A (RE)LIRE : Réfugiés syriens en France: quels actes après les promesses ?

    Elle tempère également les risques d '« invasion », tels qu'ils ont pu être pointés au moment des printemps arabes. « La majeure partie des réfugiés syriens ne veulent pas venir en Europe. Mais pour le petit nombre qui le souhaite, il faut ouvrir les portes », plaide-t-elle. Citant le « bon exemple » de l'Allemagne - qui a annoncé être prête à accueillir 10 000 Syriens - ou celui de la Suède, ECRE estime qu'un changement dans la politique d'accueil européenne est possible. Et pour Ana Fontal, « si c'est possible, alors il faut le faire ».

    Journée spéciale sur RFI : La Syrie, 3 ans après. A l’occasion du 3ème anniversaire de la révolte syrienne, RFI propose une journée spéciale, ce vendredi 14 mars.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.