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    Moyen-Orient

    Pour Israël, «le Golan, c’est le balcon pour surveiller Damas»

    media Des soldats israéliens regardent en direction de la Syrie, à partir du plateau du Golan. REUTERS/Ronen Zvulun

    À quatre reprises ce mercredi 19 mars dans la matinée, l’armée israélienne a bombardé des quartiers généraux militaires, un camp d’entraînement et des batteries militaires syriennes. Des frappes en guise de riposte à une attaque, dans le Golan, mardi, à la frontière syrienne. Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo) à la Maison de l’Orient, revient sur les motivations d'Israël.

    RFI : Jusqu’ici l’armée israélienne s’était contentée de tirer à l’artillerie en direction du territoire syrien. Cette fois, ils ont utilisé l’aviation. Peut-on peut dire que la tension est réellement montée d’un cran ?

    Fabrice Balanche : Je ne le pense pas, parce que l’armée israélienne a déjà répliqué, non seulement avec de l’artillerie, mais aussi avec des frappes aériennes en mai 2013. L’aviation avait alors bombardé la région de Damas où il y avait, d’après elle, des stocks d’armes du Hezbollah qui étaient en partance pour le Liban. En octobre 2013 également, elle a bombardé une base militaire syrienne à Jablé. L’armée israélienne envoie par conséquent régulièrement son aviation bombarder le territoire syrien. Là, il est vrai que c’est à la suite d'une attaque sur le Golan, qu’elle attribue au Hezbollah ou au régime syrien. Et elle menace par conséquent de répliquer plus fortement.

    Pour le moment on ne sait pas qui était derrière cette attaque. À supposer que ce soit l’œuvre de la rébellion, quel intérêt a-t-elle de raviver les tensions entre Jérusalem et Damas ?

    C’est effectivement une hypothèse tangible, parce que la région syrienne proche du Golan est aujourd’hui contrôlée à près de 70 % par la rébellion syrienne. Et il s’agit plutôt, en fait, de rebelles soutenus par les Etats-Unis, qui demeurent dans l’Armée syrienne libre (ASL), justement. Les Etats-Unis déploient l’ASL dans cette région pour éviter que les jihadistes ne viennent provoquer Israël, puisqu’après la chute d’Assad c’est l’objectif officiel des jihadistes. Si c’était le cas, cela disculperait le régime syrien. Israël préfère accuser le régime syrien, ce qui lui donne un moyen de pression sur le Hezbollah libanais dont il se méfie énormément. Il faut dire qu’Israël, depuis la guerre de 2006, cherche à prendre sa revanche sur le Hezbollah et qu’aujourd’hui cela pourrait être l’occasion de le faire.

    Le Hezbollah est engagé en Syrie aux côtés de Bachar el-Assad, donc il aura du mal à se battre sur deux fronts. Mais en même temps cela peut être contreproductif, parce que le Hezbollah n’a pas engagé le gros de ses troupes en Syrie, qui est resté au sud du Liban, avec des missiles qu’il pourrait lancer sur Israël. Et à ce moment-là, une attaque d’Israël à l’égard du régime syrien et du Hezbollah conforterait ce régime et le Hezbollah dans leur rhétorique anti-israélienne. Ils passeraient alors pour les véritables défenseurs du monde arabe, du monde musulman, face à Israël. Et ça ferait oublier un petit peu, aujourd’hui, la guerre civile communautaire chiite-sunnite à laquelle le Hezbollah participe.

    Cela veut-il dire qu’il y a une réelle crainte d’Israël de voir le président syrien devenir otage du Hezbollah libanais ?

    Le président syrien est aujourd’hui otage de l’Iran. Le Hezbollah étant le bras armé de l’Iran dans la région, je ne sais si l'on peut dire qu'el-Assad est l’otage du Hezbollah. Mais en tout cas, l’otage de l’Iran, certainement.

    Quel serait l'intérêt de Bachar el-Assad d’ouvrir un front avec Israël ?

    Ouvrir un front avec Israël, il faudrait que ce soit quand même un front limité parce que je ne pense pas que son armée soit en état de se battre à la fois contre Israël et contre les jihadistes. Cependant quelques escarmouches de ce type justifient justement son discours anti-israélien, visant à affirmer que la Syrie est la cible d’un complot « américano-saoudien », qui a pour objectif de l’abattre. Parce que c’est le seul pays qui résiste toujours à Israël. Donc, ce serait plus quelque chose de symbolique du point de vue de la propagande, que vraiment d’un intérêt militaire.

    Ce plateau du Golan comprend une forte population druze. Comment selon vous, peut-elle réagir à cette situation ?

    Le Golan compte 40 000 habitants. Aujourd’hui il y a à peu près 20 000 colons israéliens et 20 000 Druzes. Ce sont les descendants des 5 000 Druzes qui étaient restés sur Golan lors de son occupation par Israël en 1967.

    La population druze du Golan a toujours refusé la nationalité israélienne - contrairement aux autres Druzes d’Israël, notamment de la région de Haïfa -, parce qu’ils ont toujours pensé qu’ils retourneraient à la Syrie de toute façon. Ils manifestent toujours une certaine solidarité avec la Syrie dont ils ont été coupés. Mais ils ne se révoltent pas. Ils ne participent pas aux Intifadas. Donc, je ne pense pas qu’ils bougent, qu’ils se révoltent, s’il y avait une montée des tensions entre Israël et la Syrie.

    Ce plateau reste un intérêt stratégique pour Israël ?

    Le Golan, c’est le balcon pour surveiller Damas et la Syrie. Vous avez, par exemple, le mont Hermon qui culmine à près de 3 000 mètres et qui est une excellente base d’observation pour les Israéliens. C’est aussi extrêmement important en ce qui concerne les ressources en eau d’Israël, puisque c’est tout le bassin versant du lac de Tibériade, et il faut savoir qu’Israël tire un tiers de son eau douce du lac de Tibériade, par des transferts vers la côte via des pipelines.

      → A (RE)LIRE : L’intervention d’Israël fait craindre une propagation du conflit syrien

    Une unité d'artillerie mobile, dans le Golan, le 19 mars 2014. REUTERS/Ronen Zvulun

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