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    Moyen-Orient

    Chine, Russie: le double veto qui protège la Syrie

    media L'ambassadeur de Russie à l'ONU Vitali Tchourkine vote contre l'adoption d'une résolution sur la saisine de la CPI sur les crimes commis en Syrie. REUTERS/Lucas Jackson

    C'est un double «non» qui a été opposé par la Chine et la Russie à la résolution présentée par la France, ce jeudi 22 juin 2014, devant le Conseil de sécurité de l'ONU. La résolution prévoyait de saisir la Cour pénale internationale (CPI) des crimes perpétrés en Syrie, quels qu'en soient les auteurs.

    Le veto opposé par la Russie et par la Chine à cette nouvelle résolution n’a rien d’une surprise. D’emblée, l’ambassadeur de la Russie auprès de l’ONU avait douché les espoirs que le camp occidental avait pu nourrir les jours précédant le vote. Pour Vitali Tchourkine, ambassadeur de la Russie auprès de l’ONU, le texte n’avait pas plus de valeur qu’un « coup de pub » et n’avait donc aucune chance d’être adopté.

    Pas question pour la Russie de faire une exception à la ligne adoptée depuis le début de la crise syrienne, au printemps 2011, et donc au soutien indéfectible au régime de Bachar el-Assad. Pas question pour la Chine de se démarquer de la Russie – et d’abandonner le principe, fondamental aux yeux de Pékin, de non-ingérence dans les affaires d’un Etat souverain.

    La diplomatie française en première ligne

    Ce double veto était donc prévisible et pourtant il n’en constitue pas moins une déconvenue pour la diplomatie française, montée en première ligne pour défendre cette résolution. En témoigne la tribune publiée le jour même du vote, dans les colonnes du Wall Street Journal et du Monde.fr, par Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères. « La résolution se concentre sur le droit, elle n'a rien de politicien », argumente notamment le chef de la diplomatie française, rappelant qu’elle vise « tous les crimes commis en Syrie, quels qu'en soient les auteurs. » En intégrant forces loyalistes et groupes rebelles dans la résolution, Paris espérait surmonter les réticences russes et chinoises, mais l’argument n’aura pas suffi.

    → À (RE)LIRE : La CPI pourra-t-elle juger les crimes de guerre en Syrie?

    Pour la quatrième fois depuis 2011, une résolution portant sur le conflit syrien est donc bloquée à New York par la Russie et la Chine. Une fois de plus, le régime syrien bénéficie du bouclier diplomatique dressé par ses deux puissants alliés. Ce qui lui permet de concentrer tous ses efforts sur le terrain militaire, avec un succès croissant. Coïncidence du calendrier, ce quatrième échec du camp occidental au sein du Conseil de sécurité intervient alors que l’armée syrienne peut se targuer d’une nouvelle avancée dans la bataille d’Alep.

    Série de succès militaires

    À l’issue de combats meurtriers, de bombardements redoublés, et avec l’appui de véhicules blindés, les soldats syriens ont réussi à pénétrer ce jeudi dans l’enceinte de la prison centrale d’Alep, qui était encerclée depuis plus d’un an par les rebelles. Ce succès devrait permettre à l’armée régulière de couper l’un des deux axes routiers qui permettaient aux insurgés d’accéder à la frontière turque. En quelques mois, le régime syrien a réussi à gagner des positions importantes sur plusieurs fronts : à Alep, à Homs et dans la région du Qalamoun.

    Avec cette série de succès militaires - même si la rébellion est loin de s’effondrer face à l’avancée des forces loyalistes -, et avec le soutien indéfectible de ses alliés face à la communauté internationale, le président el-Assad aborde donc en position de force l’élection présidentielle qui doit avoir lieu le 3 juin prochain. Un scrutin qualifié de mascarade par l’opposition en exil, et par les pays qui soutiennent la rébellion, mais qui devrait permettre au président syrien d’asseoir encore un peu plus son autorité sur les territoires qui restent sous son contrôle.


    Vers une restriction du droit de veto ?

    Une quarantaine de pays ont exprimé leur soutien à un code de conduite proposé par la France pour restreindre le droit de veto au Conseil de sécurité dans les cas des crimes de masse.

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