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    Moyen-Orient

    Le Liban n'a plus de président

    media Le président libanais Michel Sleiman a quitté le palais présidentiel de Baabda, le dernier jour de son mandat, la 24 mai 2014. AFP PHOTO/ANWAR AMRO

    Depuis ce dimanche 25 mai, le Liban est sans président de la République, après la fin du mandat de Michel Sleiman et l'échec du Parlement libanais à élire un successeur.

    De notre correspondant à Beyrouth,

    Libérés de la tutelle syrienne depuis neuf ans, et théoriquement maîtres de leurs décisions, les députés libanais n'ont pas réussi à s'entendre sur un candidat consensuel à la présidence de la République.

    Depuis avril, le Parlement s'est réuni à cinq reprises sans parvenir à élire un successeur au président Michel Sleiman, dont le mandat a expiré samedi 24 mai à minuit. Lors de la première réunion, le 23 avril, aucun des deux candidats déclarés, le chef chrétien anti-syrien Samir Geagea et le député centriste Henri Hélou, soutenu par le leader druze Walid Joumblatt, n'a pu obtenir les deux tiers des votes nécessaires pour être élu dès le premier tour, soit 86 des 128 membres du Parlement. Lors des tours suivants, il suffisait qu'un candidat obtienne la moitié plus un des votes (65 députés) pour accéder à la présidence. Mais une coalition composée du Hezbollah, de son allié chrétien, le Courant patriotique libre (CPL), et de deux petites formations pro-syriennes, ont provoqué un défaut de quorum, pour barrer la voie à l'élection de Samir Geagea ou d'une autre personnalité de l'alliance du 14-Mars, proche de l'Arabie Saoudite et de l'Occident.

    Michel Aoun, soutenu par le Hezbollah

    Le Hezbollah et ses alliés soutiennent la candidature du chef du CPL, le général Michel Aoun, qui a dernièrement ouvert un dialogue politique avec l'ancien Premier ministre Saad Hariri, chef du principal parti sunnite libanais, dans le but d'obtenir son soutien. Toutefois, ces négociations n'ont pas encore abouti, car elles ne dépendent pas uniquement de la volonté des Libanais mais aussi, et surtout, de leurs sponsors et alliés régionaux : l'Arabie Saoudite pour les sunnites, et l'Iran pour le Hezbollah chiite. Or ces deux pays se livrent à une confrontation sur toute l'étendue du Moyen-Orient, du Yémen au Liban, en passant par l'Irak, la Syrie et Bahreïn. Ce n'est que très récemment que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Séoud al-Fayçal, a exprimé le souhait de « négocier » avec Téhéran « pour trouver des solutions aux problèmes de la région ». Et même si ces discussions commençaient dans quelques semaines, les deux puissances régionales doivent, dans un premier temps, s'entendre sur l'ordre du jour et accorder leurs priorités, qui sont très différentes. En effet, si l'Arabie Saoudite privilégie les dossiers du Yémen et de Bahreïn, qui ont une incidence directe sur le royaume en raison de leur proximité géographique, Téhéran veut d'abord parler de l'Irak et de la Syrie, en proie à un niveau de violence qui risque de déstabiliser ses deux alliés au pouvoir à Damas et Bagdad.

    Le Liban, lui, ne figure plus en tête des préoccupations de l'Iran et de l'Arabie Saoudite, surtout depuis que la situation y a été stabilisée à travers la formation, en février, d'un gouvernement d'union nationale et l'adoption d'un plan de sécurité, qui a mis un terme à la vague d'attentats-suicides, qui ont fait des centaines de morts et de blessés, entre juillet 2013 et février 2014.

    Cependant, la vacance à la première magistrature de l'Etat risque de porter atteinte à cette stabilité, obtenue au prix de longs mois d'efforts et de fortes pressions exercées par les puissances régionales et la communauté internationale. Le 14-Mars a déjà menacé de boycotter le Parlement pour l'empêcher de légiférer tant qu'un nouveau président n'est pas élu. Le Hezbollah et ses alliés pourraient éventuellement riposter en entravant l'action du gouvernement. Les institutions se trouveraient alors totalement paralysées, comme ce fut le cas en 2013.

    Déséquilibre communautaire

    Le vide à la présidence de la République constitue, en outre, une grave entorse au pacte national, qui régit le système politique libanais. Le Premier ministre sunnite et le président du Parlement chiite sont en fonction et exercent pleinement leurs prérogatives, alors que les chrétiens voient le poste de président, qui leur est attribué conformément à la répartition communautaire des responsabilités politiques, vacant.

    Ce déséquilibre intervient à un moment où les chrétiens craignent de voir leur présence, leur rôle et leur influence en danger, avec la montée des mouvements islamistes extrémistes dans les pays de la région. Ces appréhensions sont d'autant plus justifiées que c'est la deuxième fois en sept ans que le Parlement ne parvient pas à élire un président dans les délais constitutionnels. Après la fin du mandat d'Emile Lahoud, en septembre 2007, le Liban était resté sans président pendant plus de six mois, et Michel Sleiman n'avait été élu qu'à la faveur d'un compromis interlibanais conclu à Doha, sous l'égide des puissances régionales et internationales.

    Six ans plus tard, le même scénario se reproduit, mais avec un contexte régional beaucoup plus complexe et dangereux.
     

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