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    Moyen-Orient

    En Irak, le pétrole au cœur des combats

    media Un membre de la police pétrolière irakienne à la raffinerie de Zubair, le 18 juin 2014. REUTERS/ Essam Al-Sudani

    Ce jeudi, l'armée irakienne annonce avoir repris le contrôle total de Baiji, principale raffinerie du pays. Le pétrole est un enjeu stratégique dans le conflit que se livrent les insurgés sunnites contre le pouvoir de Bagdad.  Les Irakiens connaissent déjà des difficultés d'approvisionnement jusqu'au Kurdistan.

    Avec agences et notre envoyé spécial au Kurdistan,  Nicolas Falez

    A Erbil, c'est la pénurie d'essence. Il y a des cris et des invectives entre des automobilistes furieux et les forces de sécurité dans une station-service de la capitale du Kurdistan irakien. Une file de voitures s’étire à perte de vue sur la grande artère toute proche : « J’ai attendu trois heures et demie à peu près et il me reste encore environ une heure d’attente », explique un automobiliste, qui précise que la plupart des stations-service de la ville sont fermées et qu’il faut donc se rabattre sur celles qui proposent encore du carburant. 

    Selon un chauffeur de taxi rencontré à Erbil, la demande de carburant a augmenté en raison de la chute de Mossoul, la semaine dernière. « C’est à cause du problème de Mossoul, il y a plein de voitures ici, confie-t-il. Ce sont des gens qui viennent de Mossoul ou de Kirkouk. » Vu d'Erbil, Mossoul est distante de quelques dizaines de kilomètres seulement. La ville est désormais tenue par l’Etat islamique en Irak et au Levant, et des centaines de milliers d’Irakiens de cette région sont venus chercher refuge au Kurdistan autonome ces derniers jours.

    Mais de source officielle kurde, ce sont bien les combats aux abords des raffineries du pays qui sont principalement à l’origine de la pénurie. Ce jeudi, le porte-parole du Premier ministre Maliki, le général Qassem Atta, a annoncé que l'armée avait repris le contrôle total de la plus importante d'entre elles, Baiji, située près de Tikrit. Elle produit 600 000 barils par jour, rien de moins, et les combats y faisaient rage depuis mercredi, lorsque les insurgés sunnites l'ont prise d'assaut, réussissant même à y pénétrer aux prix de rudes affrontements avec les forces de l'ordre. Les insurgés se seraient retirés, selon des témoins cités par l'Agence France-Presse.

    Les jihadistes de l'EIIL ont attaqué la raffinerie de pétrole de Baiji au nord de Bagdad, le 18 juin 2014 (photo ci-dessus prise en janvier 2009). REUTERS/Thaier al-Sudani

    Outre la question des besoins de la population, le contrôle de la raffinerie de Baiji est extrêmement important pour l'EIIL lui-même, parce que ses forces mobiles ont besoin de carburant aussi. Sur place, il y a de quoi alimenter l'ensemble des provinces du pays.

    La raffinerie de Baiji qui est la plus grande du pays et qui peut couvrir la moitié de la consommation locale semble actuellement la scène d'affrontements très violents entre les assaillants de l'EIIL d'un côté et les forces de sécurité qui seraient retranchés dans, et autour, de la salle de contrôle de l'usine. D'après les images, une partie de la raffinerie serait en feu.

    Pierre Terzian

    Président directeur général de Pétrostratégies

    19/06/2014 - par RFI Écouter

    En Irak, les forces de l'EIIL contrôlent déjà des gisements secondaires, notamment dans la région de Mossoul, et en particulier un tronçon important de l'oléoduc sud-nord qui permet au pays d'exporter du pétrole brut à travers la Turquie, vers la Méditerranée. Les grandes firmes pétrolières chinoises, qui comptent quelque 10 000 employés sur divers sites industriels locaux, ont préparé des plans d'évacuation au cas où les violences entre le pouvoir et les insurgés se propageraient à l'ensemble du pays.

    → À (RE)LIRE : Bagdad demande aux Etats-Unis de frapper par les airs

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