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    Moyen-Orient

    «Sur l'Irak, Barack Obama a peu de marge de manœuvre»

    media Une patrouille des forces de sécurité irakienne aux abords de la frontière entre la province de Karbala et d'Anbar, le 16 juin 2014. REUTERS/Mushtaq Muhammed

    Trois cents conseillers militaires américains envoyés en Irak : c’est la réponse de Washington à la demande d’aide de Bagdad pour contrer l’avancée des jihadistes de l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant), soutenus par une partie des sunnites. Barack Obama rappelle, dans le même temps, qu’il n’y aura pas d’intervention militaire directe des forces américaines. Les éclairages d'Arthur Quesnay, doctorant en sciences politiques à l’Université Paris I-La Sorbonne et à l’Institut français du Proche-Orient.

    RFI : Le président américain avance avec beaucoup de prudence. Pourquoi, selon vous ? Avait-il la marge de manœuvre pour faire plus et autrement ?

    Arthur Quesnay : Effectivement, il s'agit pour l'instant d'un soutien a minima. Barack Obama n’a pas beaucoup de marge de manœuvre aux Etats-Unis même, où le Congrès lui refuserait toute intervention considérée comme disproportionnée, et également en Irak où il comprend bien que le problème est politique, et qu’une réponse militaire ne pourrait mettre fin à la crise actuelle.

    Les Américains ne semblent plus vouloir intervenir seuls dans les conflits extérieurs : on l’a vu en Syrie, on le voit en Irak. Barack Obama a appelé tous les voisins de l’Irak à respecter l’intégrité territoriale du pays. Derrière ce message, y a-t-il une mise en garde contre d’éventuels appétits territoriaux ?

    C’est le même discours que celui que les Etats-Unis pouvaient tenir durant la guerre civile irakienne en 2006-2007, c’est-à-dire : non-intervention de l’Arabie Saoudite et des pays du Golfe pour renforcer l’insurrection sunnite, mais également non-intervention de l’Iran dans son rôle de renforcement des milices chiites qui pourraient jouer un jeu confessionnel très dangereux pour l’avenir de l’Irak.

    L’Arabie Saoudite et l’Iran se servent-ils de ce conflit pour affirmer leur hégémonie ?

    Il y a en fait deux pôles, l’Iran et le Golfe, qui se sentent menacés par la situation actuelle. L’EIIL n’est familier d’aucun de ces deux pays, et cherche actuellement un compromis en Irak : sur le partage des ressources au niveau politique, mais également sur le terrain, sur le partage territorial de l’Irak.

    Les Etats-Unis se disaient prêts à coopérer avec l’Iran, mais cela ne semble pas être aussi simple : Barack Obama doit aussi ménager Téhéran dans ses discours, puisque nous sommes en pleine discussion sur le dossier du nucléaire.

    Tout à fait, les Etats-Unis doivent ménager Téhéran. Ils ont aussi un gros problème sur la Russie, sur la question de l’Ukraine et, du point de vue régional, de la Syrie. Pourtant, l’Iran reste un partenaire dans la crise irakienne. L’Iran est très proche du pouvoir de Maliki, l’Iran est finalement le seul pays de la région à pouvoir influencer [le Premier ministre irakien, ndlr] Nouri al-Maliki pour qu’il change sa coalition politique et intègre quelques éléments arabes sunnites. Donc les Etats-Unis, face à cette crise, doivent discuter avec l’Iran. Cela ne veut pas dire, cependant, qu’ils vont s’engager militairement avec l’Iran ou qu’une coopération militaire entre les deux pays va voir le jour.

    Barack Obama semble de plus en plus lâcher Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien. « Washington ne doit pas être une force aérienne pour les forces chiites », a déclaré un haut responsable de la Maison Blanche.

    Des frappes aériennes contre des villes sunnites seraient catastrophiques. On retomberait dans le même scénario qu’actuellement en Syrie, les frappes aériennes serviraient à renforcer l’EIIL, qui le prendrait comme un argument dans le cadre du conflit confessionnel que le groupe cherche à créer. En revanche, Washington comprend qu’il y a une solution politique à cette crise, et c’est pour l’instant cette voie qui est explorée.

    La logique nationale est-elle trop forte pour que l'on puisse imaginer l’éclatement de l’Irak ?

    Exactement. On reste dans des logiques nationales, l’insurrection est composée de groupes ex-baassistes, très nationalistes, qui voient dans la prise de villes en Irak le moyen de négocier de nouvelles positions politiques au sein du gouvernement à Bagdad.

    Il n'y a pas d’intervention aérienne pour l’instant. Pourtant, ce matin, David Petraeus, l’ex-commandant des forces armées américaines en Irak s'est prononcé pour des frappes ciblées. Comment analysez-vous cette déclaration ?

    C’est très difficile à analyser ; je ne sais pas quelles informations a David Petraeus. Cependant, c’est la politique qu’il a menée en Irak quand il était commandant en chef. Il a fait la même chose en Afghanistan et, à chaque fois, cela s’est traduit par des désastres. On ne rallie pas une population en menant des frappes. Même ciblées, des frappes demandent une coordination au sol très importantes, c’est-à-dire des alliés locaux capables de renseigner. Pour l’instant, c’est ce problème de renseignement qui freine toute tentative de frappe aérienne – ciblées via des drones, ou massives via l’aviation.

    Barack Obama doit aussi ménager l’opinion publique américaine face à ce conflit irakien.

    Exactement. Barack Obama, face à des sondages très négatifs, avait reculé concernant la crise syrienne ; il n’y a pas de raison qu’il avance beaucoup plus sur la crise irakienne. Il va plutôt chercher des alliés, des compromis politiques locaux pour s’en sortir.

    Pour cela, il envoie John Kerry au Proche-Orient ce week-end. Y a-t-il des chances que l’on réussisse à mettre tous les acteurs autour d’une table pour discuter réellement ?

    C’est très difficile, notamment en raison du conflit syrien qui dure et qui divise profondément les différents acteurs régionaux. Mais il faut essayer de trouver un compromis au point de vue national. Il est possible de rassembler à Bagdad des acteurs kurdes, arabes, sunnites et chiites – qui sont également très divisés – afin de trouver un consensus national comme issue à la crise.

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