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    Moyen-Orient

    Irak: scepticisme à Bagdad après la proclamation d'un califat

    media Sur le terrain, les affrontements continuent entre l'EIIL et l'armée irakienne, comme ici à Jurf al-Sakhar, au sud de Bagdad, lundi 30 juin. REUTERS/Alaa Al-Marjani

    Les Bagdadis semblent accorder peu de sérieux à l'annonce de l'EIIL de la création d'un Etat islamique.

    Les Irakiens admettent cependant que la présence des jihadistes est une menace directe pour la sécurité et l'unité du pays. Les vélléités de ces sécessionnistes inquiètent réellement à Washington et à Jérusalem.

    Avec nos envoyés spéciaux à Bagdad,  Boris Vichith  et  Daniel Vallot

    Lundi matin, les habitants de Bagdad interrogés semblaient prendre plutôt à la légère la proclamation du califat de l'Etat islamique en Irak et au Levant, même s'ils prennent bien sûr très au sérieux la menace militaire que représente aujourd’hui l’EIIL. Les Bagdadis considèrent que le groupe jihadiste, malgré ses succès militaires, n’est pas en réelle mesure de gérer un Etat, par manque d’expérience ou de moyens humains. Ils estiment également, en tout cas dans les quartiers à majorité chiite, que cette proclamation n’est qu’un moyen de donner une légitimité politique à un groupe qu’ils considèrent comme terroriste, extrémiste et n’ayant pas le soutien de la population locale.

    Toutes les personnes interrogées se disent convaincues, en outre, que les tribus sunnites ayant accepté de s’allier avec l’EIIL finiront par s’en détourner, justement pour éviter de devoir se conformer à ce projet de califat transnational. Certains estiment même que la proclamation de ce califat va précipiter la rupture entre l’EIlL et ses alliés sunnites.

    Pour le journaliste irakien Haidr Khadem, interrogé à Bagdad par nos envoyés spéciaux, ce projet est voué à l’échec. Pour lui, les combattants jihadistes de l’EIIL n’ont pas les moyens de mettre en place un Etat viable et durable dans la région : « Tout d’abord, il s’agit d’un mouvement criminel, qui n’est pas capable de tenir le terrain et qui n’est pas capable de diriger un pays. Ils n’ont pas l’expérience nécessaire pour cela, ils ont seulement leur vision radicale de la religion, une vision qui n’est pas acceptée ici en Irak. » Et de rajouter : « Nous avons des informations venant de Mossoul, selon lesquelles la situation là bas se dégrade : il y n’y a pas d’eau, pas d’électricité, pas d’essence, il n’y a plus rien là-bas…»

    Le journaliste poursuit son analyse : « Je pense que l’Etat islamique en Irak et au Levant peut compter sur environ 20 000 hommes mais que ce nombre ne devrait pas augmenter. L’Irak a donc la capacité militaire de les combattre. Il y a aussi des tribus qui refusent leur autorité. Et les civils, là-bas, n’ont pas envie de vivre sous un régime qui serait comparable à celui des talibans. »

    Il y a tout de même une inquiétude : voir se former un pseudo Etat sécessionniste qui viendrait accélérer l’éclatement de l’Irak. Les habitants de Bagdad espèrent à présent la formation rapide d’un nouveau gouvernement irakien, d’union nationale, pour tenter de sortir de la crise et éviter, surtout, l’éclatement du pays.

    Abou Bakr al-Baghdadi, calife de l'Etat islamique

    A la tête de l'Etat islamique, comme l'EIIL souhaite qu'on l'appelle désormais, on trouve Abou Bakr al-Baghdadi, un islamiste irakien né à Samara en 1971.On ne connait pas très bien son parcours durant ses années de jeunesse. En revanche, dès octobre 2011, il figure sur la liste des terroristes les plus recherchés par le gouvernement américain. Ce dernier offre une prime de 10 millions de dollars pour sa capture.

    Cela fait de lui l'un des trois chefs islamistes les plus recherchés au monde avec le mollah Omar et Ayman al-Zawahiri, le chef d'al-Qaïda dont al-Baghdadi brave l'autorité. En avril 2013, Abou Bakr al-Baghdadi avait annoncé avoir rebaptisé l'Etat islamique d'Irak sous le nom d'Etat islamique en Irak et au Levant (comprendre, en Syrie). Le chef d'al-Qaïda était alors furieux qu'al-Baghdadi prône une fusion entre l'EIIL et le Front al-Nosra, groupe radical majoritairement composé de combattants syriens, très actifs en Syrie.

    Problème : al-Nosra avait refusé cette fusion, et une guerre sans merci avait alors éclaté entre les deux groupes, jusqu'à ce qu'al-Nosra finnisse par accepter le leadership d'al-Baghdadi. En Syrie, c'est dans la région de Deir ez-Zor, riche en pétrole, que ses partisans sont le mieux implantés. En Irak, en contrôlant la région de Ninive et de Mossoul, riche en pétrole également, Abou Bakr al-Baghdadi se dote de ressources considérables et contrôle un territoire à présent situé pour partie en Syrie, et pour partie dans l'est de l'Irak. Un territoire sur lequel il a donc décrété un Etat conforme aux préceptes de la charia.

    → À (RE)LIRE : L'EIIL proclame le califat islamique, avec al-Baghdadi en calife


    RÉACTIONS INTERNATIONALES

    Avec nos correspondants à Jérusalem et à Washington,  Murielle Paradon  et  Jean-Louis Pourtet

    « La vague puissante déclenchée par l’EIIL peut se diriger vers la Jordanie en très peu de temps », a déclaré le Premier ministre israélien, inquiet de voir les jihadistes progresser et pourquoi pas s’infiltrer en Jordanie, pays frontalier d’Israël. Benyamin Netanyahou appelle donc la communauté internationale à soutenir Amman.

    Selon la presse israélienne, l’Etat hébreu serait aussi prêt à apporter son aide à la Jordanie en cas de problème. Benyamin Netanyahou en a également profité pour rappeler qu’il était indispensable, selon lui, de maintenir une présence armée israélienne dans la vallée du Jourdain (ce dont les Palestiniens ne veulent pas) en cas de création d’un Etat palestinien. C’était l'une des pommes de discorde dans les négociations de paix qui ont échoué fin avril.

    Dans son discours à Tel-Aviv ce dimanche, le Premier ministre israélien a par ailleurs soutenu les aspirations des Kurdes irakiens à obtenir leur indépendance. Ces dernières années, Israël a entretenu des rapports discrets avec la région autonome, intéressé par des nouvelles alliances mais également par la manne pétrolière du nord de l’Irak.

    Les Américains craignent des jihadistes globaux venus de l'EIIL

    Sur ABC, le président Obama a exprimé son inquiétude de voir des jihadistes européens combattre aux côtés des forces de l’Etat islamique pour venir ensuite attaquer les Etats-Unis. « Certains Européens sympathisent avec la cause des insurgés sunnites et se rendent en Syrie. D’autres vont en Irak, où ils acquièrent une expérience du combat avant de retourner chez eux. Ils ont des passeports européens, ils n’ont donc pas besoin de visa pour aller aux Etats-Unis », constate Barack Obama.

    Sur la même chaîne, le représentant républicain Peter King note aussi que, parmi ces combattants étrangers, il y a une centaine d’Américains. Il souhaite que le président qui, jusqu’à présent, a exclu les frappes aériennes, se montre plus offensif. C’est d'ailleurs également l’opinion de l’ancien ambassadeur des Etats-Unis en Irak, James Jeffrey, qui s’est exprimé sur CBS : « Nous devrions utiliser des frappes militaires contre les insurgés lorsqu’ils menacent les zones chiites et Bagdad, et nous devrions agir très rapidement. C’est très important maintenant, car le monde doute de notre volonté, pas de nos capacités. »

    Michale Hayden, ancien directeur de la NSA et de la CIA, rend sur Fox News le verdict suivant : « Avec la conquête par les insurgés de la majeure partie du territoire sunnite, l’Irak a déjà pratiquement cessé d’exister. La partition est inévitable. »

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