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    Moyen-Orient

    Gaza: le jour le plus meurtrier depuis le début de l'offensive

    media La bande de Gaza vu du sud du territoire israélien, après des frappes aériennes samedi 12 juillet 2014. AFP PHOTO / JACK GUEZ

    L'armée d'Israël a demandé samedi soir aux habitants du nord de la bande de Gaza d'évacuer leurs logements en vue de nouvelles frappes. Face aux tirs de roquettes, l'Etat hébreu a effectué des raids aériens particulièrement sanglants ce samedi 12 juillet.

    Cinquante-deux personnes ont été tuées dans l'enclave palestinienne en ce jour. Quant aux préparatifs en vue d'une possible intervention au sol dans l'enclave, ils se sont intensifiés.

    Avec notre envoyé spécial à Gaza et nos correspondants dans la région

    En début de journée, les tirs de roquettes de Gaza vers Israël semblaient s'être calmés. Une accalmie de courte durée : dans l'après-midi, ce samedi, des dizaines de projectiles ont de nouveau atteint le territoire de l'Etat hébreu. Deux explosions ont été entendues à Jérusalem. Dans la foulée, les sirènes d'alerte ont retenti dans la ville. Des tirs de roquettes ont aussi été signalés à Tel Aviv par l'armée. Ils ont été interceptés. D'autres se sont abattus sur la Cisjordanie. Et deux dernières roquettes tirées du Liban sont tombées sur le nord israélien dans des zones inhabitées. Pas de victime.

    Les derniers bombardements israéliens portent, en revanche, à 157 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l’opération lancée par Tsahal mardi 8 juillet - il y aurait un millier de blessés. Rien que ce samedi, 52 Palestiniens ont péri à Gaza selon les secours, une première depuis le lancement des hostilités mardi 8 juillet. Dix-huit Palestiniens ont été tués par la frappe israélienne la plus puissante du jour dans le quartier de Touffah (ville de Gaza). L'attaque a touché la maison d'un chef de la police et une mosquée. Deux neveux du dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, Ismaïl Haniyeh, sont par ailleurs morts ce samedi, selon des voisins qui les ont identifiés comme étant Nidal et Alaa Malach. Parmi les victimes figurent enfin deux femmes lourdement handicapées, tuées par une frappe sur leur foyer d'accueil.

    Ce samedi, Tsahal n'a pas attendu la tombée de la nuit pour frapper, contrairement aux jours précédents. Et dans la soirée, l'armée israélienne a annoncé par communiqué qu'elle allait « transmettre des messages aux habitants du nord de la bande de Gaza leur demandant d'évacuer leur domicile pour leur propre sécurité et soulignant le danger qu'il y a à rester à proximité du Hamas. » Plus tôt, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu avait promis de poursuivre l'offensive jusqu'à la fin des tirs de roquettes. Plusieurs dizaines de chars israéliens ont d'ailleurs été convoyés sur des colonnes de camions vers la frontière avec Gaza, où sont déjà concentrées de nombreuses troupes.

    Tanks armés israéliens, acheminés par la route vers le sud d'Israël, samedi 12 juillet 2014. AFP PHOTO/AHMAD GHARABLI

    A Gaza, le porte-parole du Hamas se montre

    Dans le camp d'en face, en général, le porte-parole du Hamas ne s’exprime que par communiqué, pour des raisons de sécurité évidentes. Sami Abou Zouhri pourrait en effet être pris pour cible par l'armée israélienne, comme tous les responsables de son mouvement. S'il reste donc à l’abri la plupart du temps, il a néanmoins fait une brève apparition publique dans le principal hôpital de Gaza ce samedi. C'est l’un des seuls endroits où il est sûr que l’armée israélienne ne tentera pas de le tuer.

    « Ce sont des crimes de guerre qu’Israël est en train de commettre en tuant des civils, des enfants et des femmes, et en bombardant les maisons des Palestiniens, a-t-il déclaré à RFI. Nous n’avons pas choisi cette bataille, c’est Israël qui nous l’a imposée. Nous, nous sommes dans une situation de légitime défense. Les Israéliens veulent nous mettre à genoux en concentrant toutes leurs forces sur ces assassinats. Mais tant qu’Israël ne cessera pas de commettre ces crimes, nous continuerons à nous battre. »

    Interrogé sur la possibilité d’une solution négociée, Sami Abou Zouhri a refusé de répondre directement. Il estime que la communauté internationale doit intervenir pour imposer à Israël la fin des raids aériens, et surtout des tirs de missiles sur des zones habitées par des civils. Même son de cloche en Iran, où le chef de la diplomatie critique « l'immobilisme » américain sur le dossier.

    La communauté internationale s'active, sans succès pour l'instant

    Jusqu'à présent, les interventions de la communauté internationale n'ont rien donné. Le Conseil de sécurité des Nations unies a publié ce samedi un communiqué dans lequel ses membres appellent « à la désescalade, au retour au calme et au rétablissement du cessez-le-feu de novembre 2012 ». Ces derniers jours, Washington a proposé sa médiation.

    En marge de la réunion prévue dimanche à Vienne concernant le dossier nucléaire iranien, les ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de la France, des Etats-Unis et de l'Allemagne pourraient évoquer la question d'un possible cessez-le-feu, comme l'a assuré William Hagues, chef de la diplomatie britannique, par communiqué ce samedi. De son côté, le président égyptien a reçu ce samedi le représentant au Proche-Orient du Quartet (ONU, UE, Etats-Unis et Russie) pour discuter de la crise à Gaza. Et François Hollande a discuté avec le Premier ministre turc.

    Unités mobiles israéliennes positionnées hors de la bande de Gaza et photographiées en plein tir en direction de l'enclave palestinienne, le 12 juillet 2014. REUTERS/Baz Ratner

    Vers une offensive de longue durée ?

    Alors que les islamistes, cible prioritaire d’Israël, se fondent dans la population, les habitants de Gaza semblent se préparer à une offensive de longue haleine, comme le rapporte notre envoyé spécial à Gaza, Daniel Vallot. La plupart restent cloîtrés à domicile. Les gens ne sortent que pour se ravitailler. Certaines personnes commencent à stocker de la nourriture par crainte des pénuries. Les populations de Gaza craignent également de manquer d’électricité et de se trouver prises au piège de cette nouvelle confrontation entre le Hamas et Israël.

    Les habitants du territoire palestinien affirment, dans leur plus grand nombre, soutenir malgré tout le Hamas, et approuver les tirs de roquettes sur le territoire israélien. Le mouvement était pourtant  en perte de vitesse ces derniers temps : il ne parvenait plus à trouver le soutien de la population palestinienne à Gaza, principalement en raison des difficultés économiques. Le Hamas semble donc avoir retrouvé le soutien qui lui faisait défaut à la faveur de cette nouvelle confrontation.

    Mais à Gaza, bien plus qu’un sentiment de colère et de ferveur belliciste, c’est surtout une immense lassitude et une grande inquiétude qui dominent, face à ce nouveau cycle de violences et à ses conséquences désastreuses pour le territoire.

    Violations du droit international humanitaire

    Cette offensive pose une question : les lois de la guerre sont-elles bien respectées ? Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies s’en inquiète. « La prise pour cible d’habitations civiles est une violation du droit international humanitaire, relève l’une de ses porte-parole, Cécile Pouilly. Dans tous les cas, il ne faut pas que les civils soient pris pour cible. »

    Et d'ajouter : « Le droit international humanitaire est assez précis : même en cas de doute, les bâtiments qui seraient utilisés habituellement à des fins civiles ne peuvent pas être présumés comme des cibles militaires légitimes. Et même lorsqu’elles le sont, ces habitations peuvent être ciblées mais les attaques doivent être proportionnées. »

    Des Palestiniens fouillent les décombres d'une mosquée détruite lors d'un raid israélien à Nuseirat, dans la bande de Gaza, le 12 juillet 2014. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa

    Un accès de plus en plus difficile pour les ONG

    Dans la bande de Gaza, le quotidien est de plus en plus difficile. Les habitants du territoire palestinien pourraient bientôt manquer d'eau potable, d'après Arwa Mhanna, de l'ONG Oxfam : « Il y a 100 000 personnes dans le camp de réfugiés d'al-Shati et dans la ville de Gaza qui sont privées d’eau potable - ce qui veut dire qu’ils doivent l'acheter, alors qu'ils sont déjà dans une situation économique difficile à cause du blocus [israélien, ndlr] ». Les partenaires locaux de l'ONG, qui chloraient les sources d’eau à Gaza, ont cessé ce travail de crainte d'être frappés lors de leurs déplacements, explique également Arwa Mhanna.

    Plus généralement, l'accès aux populations dans le besoin dans le territoire palestinien est de plus en plus compliqué pour les humanitaires, explique l'employée d'Oxfam : « La situation des hôpitaux est très difficile à cause du manque de carburant et à cause du manque de médicaments. On a des centaines de blessés. Les équipes médicales travaillent 24 heures sur 24 pour pouvoir traiter toutes les victimes. Une clinique mobile qui bénéficie de l’appui d’Oxfam a dû arrêter ses services parce que les routes sont devenues très dangereuses. Un autre centre de santé, au nord de la bande de Gaza, est ouvert, mais les gens ne peuvent pas y accéder à cause de l’insécurité. »

    Dons de l'armée égyptienne à la bande de Gaza

    Comme le relate notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti, l’armée égyptienne a annoncé qu’elle faisait don aux habitants de Gaza de 500 tonnes de vivres et de médicaments, qui devraient être acheminés vers le territoire palestinien dans la journée de samedi via le terminal frontalier de Rafah. Parallèlement, elle a annoncé avoir saisi vingt missiles « Grad » de moyenne portée en provenance de Gaza via des tunnels, et avoir empêché l’infiltration de jihadistes palestiniens qui tentaient de s’introduire dans le Sinaï par la mer.

    La décision de l’armée d’envoyer des vivres et des médicaments à Gaza vise à montrer que les militaires égyptiens font la différence entre la population palestinienne et les dirigeants du Hamas. Le mouvement est accusé par les militaires égyptiens de soutenir les jihadistes qui les attaquent dans le Sinaï. Selon des sources militaires, les missiles saisis devaient être tirés sur Israël à partir de l’Egypte pour provoquer une riposte israélienne qui embarrasserait les autorités du Caire. En effet, ces dernières, si elles s'étaient tues, auraient été accusées de « reddition aux sionistes » ; et si elles avaient riposté, elles auraient été entraînées dans la spirale de violence.

    La décision de l’armée égyptienne d’aider Gaza vise aussi à couper l’herbe sous le pied des Frères musulmans, qui ont manifesté vendredi et lancé une campagne pour recueillir des donations pour Gaza. Des dons qui, selon Le Caire, seraient allés au seul Hamas en tant que branche des Frères musulmans égyptiens. Les deux organisations sont considérées comme terroristes par des tribunaux égyptiens.

    → À (RE)LIRE : Le Liban enquête sur les tirs de roquettes

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