GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 16 Novembre
Dimanche 17 Novembre
Lundi 18 Novembre
Mardi 19 Novembre
Aujourd'hui
Jeudi 21 Novembre
Vendredi 22 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    Proche-Orient: «Il faut que la solution vienne de l’extérieur»

    media A Ashkelon, située à la frontière avec la bande de Gaza, des Israéliens s'abritent ce dimanche 13 juillet, dans une station de bus alors que retentissent les sirènes d'alerte de tirs de roquette. REUTERS/Baz Ratner

    Les habitants du nord de la bande de Gaza sont appelés, ce dimanche 13 juillet 2014, à évacuer le territoire. Les Israéliens préparent des bombardements massifs près de cette zone frontalière de l’Etat hébreu. Un appel au sixième jour de l’offensive qui a été marquée, ce matin, par une première incursion terrestre. Depuis mardi, 166 personnes ont trouvé la mort dans l'enclave palestinienne et plus de 1 000 autres ont été blessées. Entretien avec Elie Barnavi, historien, essayiste et ancien ambassadeur d'Israël en France.

    RFI : Comment le partisan du dialogue avec les Palestiniens réagit-il aux derniers événements à Gaza ?

    Elie Barnavi : Avec une espèce de désespoir résigné, puisque nous avons déjà vu ce film à plusieurs reprises, que nous retombons dans le même travers et qu’il n’y a pas de solution à l’horizon.

    L’attitude actuelle du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, cette incursion terrestre dimanche matin, les appels à la population pour évacuer… Va-t-on véritablement vers une escalade ?

    Non, je voudrais être très clair là-dessus. Les tirs incessants des roquettes contre les localités israéliennes étaient intolérables et il fallait faire quelque chose. Donc Netanyahu a fait quelque chose. Il s’est laissé d’ailleurs entraîner. Il n’en avait pas envie. Pendant cinq jours, on a subi des tirs, il a eu des pressions très fortes à la fois de la droite de son gouvernement, mais aussi de l’opinion publique. L’opération, en termes purement militaires, était inévitable. Le problème n’est pas là. Le problème est évidemment politique. C’est une espèce de modèle de comportement de deux protagonistes qui ne nous mènent nulle part. Ce que nous aurions dû faire, c’est évidemment taper sur le Hamas, en l’occurrence il n’y avait pas moyen de faire autrement, et en même temps offrir à Mahmoud Abbas, côté palestinien, une perspective politique. Dès lors que vous tapez sur le Hamas et que vous ne lancez aucune perspective politique à l’Autorité palestinienne, vous vous enfermez dans un cercle vicieux d’où il n’y a évidemment pas d’issue. C’est de cela qu’il s’agit, comment combiner l'opération militaire, encore une fois probablement indispensable, incontournable, et l’ouverture politique sans laquelle tout cela risque de se perpétuer à l’infini.

    Le gouvernement israélien est-il directement responsable ou ce sont aussi les diplomaties occidentales qui n’ont pas suffisamment fait pression sur Israël ?

    Je le dis à qui veut bien l’entendre, si on laisse la bride sur le cou aux protagonistes, il ne se passera rien dans ce coin du monde comme ailleurs d’ailleurs. La solution est imposée où il n’y a pas de solution. C’était le problème de la mission Kerry à laquelle je n’accordais aucune chance d’emblée, sauf s’il venait avec un plan américain sur la table et qu’il l’imposait aux parties. Le problème est là, c’est-à-dire qu’il y a une espèce d’énorme faiblesse politique, idéologique, diplomatique dans la région qui rend une solution « faite maison » absolument impossible. Donc il faut qu’elle vienne de l’extérieur. Cet extérieur, ce sont les Etats-Unis avec les limites que nous reconnaissons. Donc pour l’instant, il n’y a pas d’éclaircies visibles à l’horizon.

    Un plan américain imposé par quels moyens ?

    Il suffirait qu’ils le veuillent. Aucun gouvernement israélien ne peut résister à une pression américaine franche et déterminée. Il suffirait par exemple que les Américains déclarent qu’ils n’opposeront plus le veto systématiquement en faveur du gouvernement d’Israël chaque fois que l’occasion s’en présente au Conseil de sécurité, et cela suffirait. Les Israéliens sont prêts dans une immense majorité à une solution raisonnable à deux Etats. Il n’y a pas de gouvernement ici capable de le faire pour des raisons diverses, idéologiques, politiques, que sais-je ? Donc il faut que ça vienne de l’extérieur. Si cela venait de l’extérieur, les Israéliens l’accepteraient. Et nous l’avons vu dans le passé, des pressions américaines déterminées apportent la solution voulue. Il faut pour cela une volonté politique à Washington, qui n’est pas visible en ce moment. Hélas.

    Vous citiez justement cette opération israélienne en réponse aux tirs de roquette en provenance de Gaza. Pourtant, cela dure depuis six jours et cela se poursuit. Il y a 166 morts maintenant, côté palestinien. Et ça continue, il y a toujours des tirs de roquette. Ça veut dire que d’une certaine manière, cette offensive n’est pas efficace ?

    L'offensive est efficace dans la mesure où ça se termine. On a déjà assisté à cela. Il faut bien que ça se termine d'une certaine manière. Le problème aujourd’hui, c’est que contrairement à la dernière opération israélienne à Gaza, nous n’avons pas encore trouvé de médiateur déterminé. A l’époque, c’était Morsi, donc un islamiste, le patron du Hamas en quelque sorte. Donc lui, il a réussi à imposer une médiation. Aujourd’hui, le président égyptien, le général al-Sissi, l’homme dont l’action serait la plus efficace, n’est pas mécontent des coups que prends le Hamas.

    Une famille palestinienne lors des funérailles d'un enfant de 4 ans tué ce dimanche 13 juillet dans les raids israéliens sur Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa

    Il faut que les puissances qui ont une certaine influence à Gaza,  l’Egypte parce qu’elle contrôle la frontière avec le Sinaï, la Turquie, le Qatar qui sont des pays proches du Hamas, il faut qu'ils puissent se concerter de manière à arrêter l’escalade. Mais c’est beaucoup plus compliqué qu’avant. Le Hamas est dans une position d’extrême faiblesse. Il n’a plus rien à perdre. Il est isolé de ses anciens parrains, il n’a pas de quoi payer ses fonctionnaires et il est soumis à un double blocus, dont celui imposé par l’Egypte, beaucoup plus rigoureux que celui imposé par Israël. Donc c’est une bête blessée et les bêtes blessées sont les plus dangereuses. Donc il y a là un énorme problème diplomatique. Cependant, il faut ajouter que la machine diplomatique se met en marche. Il commence à y avoir des contacts internationaux. Il y a des ministres des Affaires étrangères qui se pressent sans doute pour empêcher une opération terrestre de par leur seule présence. Donc quelque chose se dessine et on finira d’ici quelques jours par aboutir à un cessez-le-feu qui durera le temps qu’il durera. Tant qu’il n’y aura pas de solution politique, ce genre de confrontation est appelé à se reproduire indéfiniment.

    → A (RE) LIRE : Première incursion terrestre de l'armée israélienne à Gaza

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.