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    Moyen-Orient

    Nicolas Palarus de MSF: «Ce qui se passe à Gaza est inadmissible»

    media Des Palestiniens fuient les bombardements à Bet Lahiya, au nord de Gaza, le 21 juillet 2014. REUTERS/Finbarr O'Reilly

    Médecins Sans Frontières s’est adressée à Israël pour que cessent les bombardements des civils pris au piège à Gaza. L’organisation humanitaire l’a constaté à l’hôpital al-Shifa où MSF travaille, la majorité des morts sont des civils. Nicolas Palarus, coordinateur du projet de Médecins Sans Frontières à Gaza, répond aux questions de RFI.

    RFI: Nicolas Palarus, est-ce qu’on assiste aujourd’hui à des crimes de guerre dans le territoire palestinien ?

    Nicolas Palarus : Je suis mal placé pour utiliser ce terme. Ce que je peux vous dire, c’est que nous, on voit des civils qui arrivent à l’hôpital ; des femmes et des enfants, morts ou gravement blessés. La situation sanitaire dans les zones et dans les écoles  mises à disposition pour les déplacés, est catastrophique et inquiétante. La population de Gaza est inquiète et stressée.

    Et des blessés de plus en plus nombreux, c’est aussi ce que vous constatez ?

    Tout à fait. On est [ce lundi midi] à plus de 470 morts sur Gaza. Je n’ai pas les chiffres exacts à l’heure où je vous parle mais on est environ à 3 000 blessés. La majorité sont des femmes et des enfants. Et c’est préoccupant, oui.

    Et les personnels de santé qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, avec y compris des ambulances qui ont été prises pour cibles ?

    Tout à fait. Je ne sais pas si elles ont été prises pour cible ou si elles ont subi des dommages collatéraux. Le fait est que deux ambulanciers ont été tués hier, des ambulanciers qui travaillent pour le Croissant-Rouge. Deux autres ont été gravement blessés. Ça, c’est quelque chose d’inadmissible pour nos équipes. C’est le même problème. Chaque mouvement est un risque que l’on prend.

    Rien que le fait d’aller de notre bureau à l’hôpital al-Shifa qui correspond à une distance de 800 mètres... Le risque est présent. A chaque instant, une frappe peut tomber sur Gaza et on ne sait pas où elle tombe. Donc c’est très inquiétant, oui.

    Justement, comment vos équipes, comment par exemple la structure dans laquelle vous travaillez, est identifiée, est visible ?

    Au niveau du bureau MSF et de la clinique qui se trouve à une cinquantaine de mètres du bureau, nous avons des grands panneaux « Médecins Sans Frontières », éclairés jour et nuit, les coordonnées GPS sont données à Israël. Là-dessus, je ne suis pas trop inquiet. Al-Shifa est le plus gros hôpital de Gaza City et de la bande de Gaza, qui est clairement identifié aussi. Donc ces deux zones pour moi ne présentent pas de risques pour les patients et pour le personnel médical.

    Même si depuis le début de l’offensive sur d’autres sites, là vous avez été contraints d’arrêter ?

    Tout à fait. Oui, il y a des endroits qui sont beaucoup plus dangereux ; des hôpitaux qui ont dû évacuer. Je n’ai pas trop d’informations sur ces zones-là parce que par rapport à la situation, on ne peut pas bouger. On est très limités dans notre vision de ce qui se passe ailleurs que dans le périmètre de l’hôpital et du bureau de MSF. Oui, il y a des hôpitaux qui ont été touchés. Alors, visés je ne sais pas, mais touchés oui.

    Est-ce que vous avez encore le matériel suffisant pour pouvoir opérer ? On pense en particulier au sang, puisqu’il doit y avoir un grand nombre de blessures très graves.

    Au niveau du sang, c’est l’OMS qui gère ça. Apparemment, ça se passe bien. Au niveau des médicaments et du matériel, c’est aussi assez bien géré. On arrive à avoir au compte-gouttes des arrivages par Israël. C’est compliqué, mais ce n’est pas catastrophique à ce niveau-là. Ce qui est catastrophique, c’est les conditions dans lesquelles vivent la population à Gaza.

    La population dans son ensemble, si l’on revient justement au cas des personnes qui sont blessées, comment ça se passe concrètement ? On imagine qu’il y a la table d’opération, mais après pour le séjour, puisque certaines de ces blessures nécessitent forcément une très longue convalescence.

    Oui, tout à fait. Notre projet MSF, justement, est un projet qui a des soins post-opératoires. Normalement, avant le conflit, on avait environ 80 patients qui venaient sur la clinique. Depuis deux semaines, on tourne à cinq patients qui arrive à rejoindre la clinique. Donc cela fait 75 patients suivis par MSF, qui ne peuvent pas accéder aux soins. Et ça c’est seulement pour MSF. Je n’ose pas imaginer pour les autres patients. L’accès aux soins est très difficile pour tout le monde et c’est le problème.

    Quand MSF lance comme ça un appel aux Israéliens, alors que depuis des jours le Conseil de sécurité, les capitales internationales – Barack Obama lui-même – ont demandé d'œuvrer, pour une trêve, à quoi bon lancer ce type d’appels ?

    Il faut parler. Ce qui se passe à Gaza est inadmissible. MSF demande à Israël d’arrêter les tirs. Pour exemple, hier soir Gaza a lancé douze roquettes sur Israël dans la nuit. Israël a répondu par 1 200 tirs de chars. Donc on ne cautionne pas de chaque côté, les combats sont inadmissibles. La réponse que donne Israël à Gaza, je pense qu’elle est disproportionnée.

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