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    Moyen-Orient

    Suspension de vols vers Israël: une décision historique

    media A l'aéroport international Ben-Gourion de Tel-Aviv, un panneau avertit de l'annulation de plusieurs vols, le 22 juillet 2014. REUTERS/Siegfried Modola

    La chute d’une roquette du Hamas à proximité de l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, en Israël, mardi 22 juillet, a poussé de nombreuses compagnies aériennes à prendre une mesure hautement symbolique : la suspension pour raisons de sécurité des vols à destination de la ville. Pour certaines compagnies, la suspension concerne même l’ensemble du territoire israélien. C’est la première fois depuis la guerre du Golfe, il y a près de 25 ans, que des transporteurs aériens décident de ne pas desservir Israël.

    Avec notre envoyée spéciale à Jérusalem, Véronique Gaymard

    C’est un tir de roquette depuis la bande de Gaza, qui a touché une localité proche de l’aéroport international Ben-Gourion, non loin de Tel-Aviv, qui a motivé la décision des compagnies aériennes. Les compagnies américaines ont été interdites, mardi, de vol vers Tel-Aviv pour vingt-quatre heures. Air France, elle, a décidé de suspendre ses vols à destination d’Israël jusqu’à nouvel ordre. De son côté, la Lufthansa a opté pour une suspension de trente-six heures qui concerne aussi ses filiales Germanwings, Austrian Airlines et Swiss. Brussels Airlines, EasyJet ou encore Air Canada sont également concernées.

    Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a demandé mardi au secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui est actuellement au Caire pour tenter d’arracher un cessez-le-feu, de rétablir ces vols. La décision sera « évaluée dans les 24 heures », a répondu ce dernier. L’ancien maire de New York Michael Bloomberg a embarqué sur la compagnie israélienne El Al pour prouver que ces vols étaient sûrs. Mais ce mercredi matin, les alertes continuent, notamment dans le sud d’Israël.

    « On ne peut plus se permettre de prendre des risques »

    Cette décision relève-t-elle de l'excès de prudence, ainsi que le pense le gouvernement israélien ? Non, estime Jean Serrat, ancien pilote de ligne. Ce connaisseur avertit depuis quelque temps déjà de la dangerosité de la zone, et salue une décision sensée de la part des compagnies aériennes : « Il y a quelques jours, alors qu'on reprochait à certains Etats de ne pas avoir pris en compte la dangerosité du survol de la partie est de l’Ukraine [où s'est écrasé un vol de la Malaysia Airlines, ndlr], j’avais dit : "Vous comprenez bien que survoler en avion à basse altitude la bande de Gaza en ce moment, ce ne serait pas très raisonnable [non plus]". »

    Les risques sont notamment dus à la faible altitude à laquelle les engins qui décollent de Tel-Aviv survolent la bande de Gaza, détaille l'expert : « Décoller de Ben Gourion et passer vers la bande de Gaza, c’est passer à 2 000, 3 000 mètres maximum, au-dessus du sol. Ce qui veut dire qu’un simple missile porté à l’épaule vous permet de descendre un avion. On ne peut plus se permettre de prendre des risques. »

    Victoire symbolique pour le Hamas

    Peut-on analyser cette mesure comme un succès - au moins sur le plan symbolique - pour le Hamas ? L'organisation islamiste marque sans doute des points. L’opération militaire terrestre israélienne avait pour objectif de détruire les tunnels et les accès servant à la contrebande, au stockage et au lancement des roquettes contre le territoire israélien ; autrement dit, désarmer les groupes du Hamas.

    Les tunnels menant vers Israël ont été détruits, des tentatives d’infiltration d’hommes armés ont été avortées, selon l’armée israélienne, considérée comme la plus puissante du Proche-Orient. 29 soldats israéliens ont d’ailleurs été tués depuis le début des opérations terrestres. Mais le Hamas vient de prouver que malgré ces destructions, ses capacités n’avaient pas été affectées.

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