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    Gaza: «l'objectif d'Israël était d'empêcher la création d’un État palestinien reconnu»

    media Les soldats israéliens se retirent de Gaza après la proclamation de la trêve, le mardi 5 août 2014. REUTERS/Baz Ratner

    Une trêve de 72 h qui semble tenir à Gaza entre les parties belligérantes. Le but est de porter secours aux blessés et permettre l’acheminement des vivres, mais aussi favoriser les négociations entre Israël et le Hamas pour parvenir à une cessation durable des hostilités. Dominique Vidal, historien spécialiste du conflit israélo-palestinien est l'invité de RFI, il répond aux questions de Florence Thomazeau.

    RFI : La trêve a commencé à 7 heures ce matin, heure de Paris. Le cessez-le-feu a l’air de tenir. Est-ce que cette trêve pourrait voler en éclats ?

    Dominique Vidal: Elle peut évidemment voler en éclats comme les précédentes. Mais du côté israélien, il y a des raisons assez fortes de se retirer. Ce qui est effectivement en cours.

    La première raison, c’est que l’objectif officiel a été atteint ; la destruction des tunnels du Hamas. L’objectif officiel parce que, selon moi, le véritable but des Israéliens était d’empêcher la mise en place du gouvernement d’union nationale palestinien reconnu par les États-Unis et l’Union européenne.

    Mais la deuxième raison, certainement la plus forte, c’est la radicalisation, ces derniers jours, de l’opinion internationale et en conséquence le durcissement de nombreux gouvernements. En Amérique latine, presque tous les pays ont retiré leur ambassadeur d’Israël, mais aussi au sein de l’Union européenne. Israël a été menacé d’arrêt de livraison d’armes, mais aussi de boycott économique et commercial. Il a aussi été question de la mise en place d’une commission d’enquête sur les crimes de guerre, et même d’une démarche auprès de la Cour pénale internationale auprès de laquelle l’autorité palestinienne essaie de s’accréditer. On a quelque chose qui commence à être inquiétant et qui confirme l’isolement d’Israël sur le plan international.

    Et puis la troisième raison, c’est le fait que l’armée israélienne ne peut pas continuer sous peine de se mettre le monde entier à dos. Elle ne peut pas non plus occuper – réoccuper – la bande de Gaza. C’est une tâche absolument impossible.

    Il aura fallu cependant une nouvelle tragédie avec 1 900 morts et près de 10 000 blessés, pour vérifier une nouvelle fois la leçon de sept décennies de conflits. C'est-à-dire qu’il n’y a pas de solution militaire. La solution ne peut être que politique. Elle dépend au fond de la fermeté de la communauté internationale.

    Le dialogue est difficile, à la fois avec l’ONU, Israël et le Hamas. Pensez-vous que les conditions aujourd’hui posées par le Hamas sont-elles acceptables pour Israël ?

    Certainement pas au premier abord. Simplement, il faut bien que chacune des parties au conflit sorte avec quelque chose qu’elle puisse présenter comme un acquis. Et du point de vue du Hamas, cet acquis ne peut être que la levée du blocus qui d’ailleurs est un blocus illégal de la bande de Gaza par Israël et par l’Égypte.

    La levée du blocus est-elle envisageable ?

    Elle est envisageable dans un certain nombre de conditions qui seront l’essentiel des négociations du Caire.

    Par rapport aux réactions internationales qui sont très fortes, on a eu ce mardi 5 août la démission d’une secrétaire d’État en Grande-Bretagne. Pensez-vous que d’autres actions, d’autres réactions peuvent se poursuivre malgré cette trêve qui ne dure que 72 heures ?

    Quand on entend les dirigeants britanniques parler d’un arrêt des livraisons d’armes à Israël, on sent quand même que la Communauté internationale est vraiment à bout de nerfs. Ça ne peut pas continuer comme ça. Et je ne crois pas simplement à la bonne volonté des dirigeants politiques. Je crois qu’ils ont conscience du caractère extrêmement insupportable, révoltant de cette offensive pour les opinions publiques.

    Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a des ministres qui le poussent à agir contre le Hamas. Va-t-il résister à cette pression de déposer les armes ?

    Que pourrait-il faire d’autre ? Quel type d’action autre que continuer à bombarder, à tuer tous les jours des civils, des enfants, des femmes, des vieillards... Je ne pense pas que même Avigdor Liberman qui en avait parlé longtemps soit favorable toujours à une réoccupation de la bande de Gaza. Ce dernier souhaite aujourd’hui que ce soit l’ONU qui gère la bande de Gaza.

    On sent là l’impasse dans laquelle se trouve au fond Israël. Il faut maintenant négocier, comme il a toujours fallu négocier, au terme de ces opérations extrêmement sanglantes.

    La trêve n’aurait-elle pas lieu sans la pression internationale ?

    Je crois effectivement que c’est grâce à la pression internationale que la trêve a eu lieu et qu’elle tiendra. Mais c’est aussi une leçon. C’est à dire si l’ensemble des dirigeants – et je pense en particulier aux nôtres ; à François Hollande, à Manuel Valls – avaient été aussi fermes dès le début, sans doute l’opération, j’en suis persuadé, n’aurait pas duré un mois et l'on aurait eu beaucoup moins de morts.

    Vous parliez tout à l’heure en effet, du boycott, d’éventuellement poursuivre une action en justice. Justement, après le bombardement d’une école de l’ONU, est-ce envisageable que la cour de justice internationale soit saisie ?

    Absolument. Ce qui faciliterait cette démarche c’est l’adhésion de l’autorité palestinienne, donc de l’État de Palestine à la CPI. Cela permettrait d’engager plus facilement des démarches de poursuites, à commencer d’ailleurs par ce qu’a proposé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, à savoir une Commission d’enquête internationale qui permette de mesurer l’ampleur des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité commis pendant ce mois.

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