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    «L’éclatement de l’Irak est déjà maintenant bien avancé»

    media Les forces kurdes peshmergas patrouillent durant une opération contre l'Etat islamique à Makhmur, le 7 août 2014. REUTERS/Stringer

    Dans le nord de l’Irak, les minorités fuient les zones de combat vers le Kurdistan voisin. L’émissaire de l’ONU en Irak parle d’une tragédie humanitaire. Les Etats-Unis ont décidé l’envoi d’une aide sur place pour éviter un génocide. Myriam Benraad, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales a répondu aux questions de RFI.

    Peut-on parler aujourd’hui d’un immense exode en Irak ?

    Myriam Benraad : Oui, c’est le cas. Et cet exode est en cours depuis en réalité début juin, depuis le début de l’offensive jihadiste qui a été lancée tout d’abord sur la ville de Mossoul, avec une progression fulgurante des jihadistes. Elle touche en fait l’ensemble des populations, plus particulièrement les minorités chrétiennes, yézidies, shabacks également, et plus largement les populations locales.

    C’est un aspect dont on parle moins, mais les populations sunnites elles-mêmes sont sujettes à la terreur qui est semée par l’Etat islamique qui veut par tous les moyens, y compris par des exactions massives comme on le voit aujourd’hui, imposer son projet de Califat. Celui-ci a été unilatéralement proclamé fin juin par son émir Abou Bakr al-Baghdadi au prix, y compris d’une hécatombe. On le voit, il y a aujourd’hui une situation humanitaire qui est absolument tragique et à laquelle la Communauté internationale commence à répondre – je crois par prise de conscience, enfin – de la gravité des événements.

    Pourquoi ces minorités aujourd’hui sont-elles persécutées par les jihadistes ?

    Les jihadistes sont des salafistes qui sont dans une logique d’imposition du sunnisme qui est considéré par eux comme la seule voie juste de l’islam : l’orthodoxie. Toutes différences religieuses, qu’elles soient musulmanes, chiites, chrétiennes ou yésidies étant considérées comme de l’apostasie à éliminer par tous les moyens.

    Donc les populations sont face à des choix qui sont finalement restreints ; la fuite, l’exode ou la conversion, à défaut de laquelle ils sont exécutés de manière sommaire, brutale. Chose qu’on a vue encore une fois depuis juin avec l’exécution, par exemple massive, de plusieurs milliers de soldats de l’armée irakienne chiite. Et aujourd’hui l’hécatombe concerne les chrétiens en premier lieu, avec la prise de la grande ville de Qaraqosh et d’autres villages alentour. Donc c’est une situation absolument atroce.

    Myriam Benraad, est-ce que vous pensez qu’il y a risque de génocide comme le disent les Américains ?

    C’est toujours compliqué d’utiliser le terme de génocide. C’est un peu délicat mais on est clairement en tout cas dans une logique d’hécatombe de massacre même aujourd’hui. Ce ne sont plus seulement quelques centaines de civils qui sont visés. On a vraiment maintenant, des milliers et des milliers d’Irakiens qui sont en fuite devant la terreur vraiment au sens propre comme figuré, qui est imposée par les jihadistes. On court potentiellement à une situation humanitaire désastreuse avec la possibilité de massacres de masse. Ce n’est pas à exclure.

    Je pense que c’est aussi la raison pour laquelle Barack Obama, enfin, malgré ses réticences à intervenir à nouveau sur le terrain irakien, a annoncé l’imminence de frappes aériennes justement en soutien aux peshmergas kurdes et au gouvernement irakien, à l’aviation irakienne qui est déjà soutenue par un certain nombre de conseillers militaires américains.

    L’avenir de ces minorités est-il entre les mains des responsables politiques aujourd’hui ? Et quelle est leur marge de manœuvre ?

    Entre les mains des responsables politiques, je dirais qu’une minorité voyait, jusqu’à il y a quelques semaines, le Kurdistan irakien comme le dernier refuge qui leur était offert, le dernier havre de paix. Les Kurdes ont enregistré des défaites cuisantes au plan militaire devant l’avancée des jihadistes, d’où la réaction de Bagdad d’offrir son aide en terme de défense aérienne aux Kurdes. Et ce malgré le différend qui oppose le gouvernement régional autonome et Bagdad depuis un certain nombre d’années.

    Et au niveau politique on est – il faut le rappeler quand même – dans une situation de blocage depuis plusieurs mois. Le nouveau président du Parlement a été désigné, de même que le nouveau président irakien. Or, tout l’enjeu sera de savoir qui prendra la tête du prochain gouvernement comme Premier ministre. Et on le sait, Nouri al-Maliki est toujours fermement accroché à son poste. D’ailleurs, au regard de ses dernières déclarations, il prend finalement prétexte de ce chaos auquel il a assez largement contribué, pour se présenter comme l’homme providentiel, l’homme de la situation. Il faudra une solution politique aussi.

    Est-ce qu’il y a un risque d’éclatement de l’Irak aujourd’hui ?

    C’est un éclatement qui est déjà maintenant bien avancé. Puisqu’on le voit, l’Etat islamique a imposé son prima sur une bande territoriale qui part de la Syrie vers l’Irak, qui va complètement au-delà de la frontière entre les deux pays. Et l’Irak lui-même est en situation d’implosion interne, mais qui va au-delà de la tripartition qu’on met souvent en avant entre sunnites, chiites et Kurdes. Aujourd’hui c’est tout le territoire qui est finalement en train de se morceler. Il n’y a plus d’Etat de droit. On est dans une situation de chaos absolu.

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